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Forum économique ou exercice de relation publique? (4)

Publié le 15 janvier 2010 par Magazinenagg

Forum économique ou exercice de relation publique? (4)
Le grand forum économique organisé par le gouvernement Charest se tiendra les 20 et 21 janvier 2010. Officiellement, ce forum doit proposer des solutions pour éliminer le déficit budgétaire et, à plus long terme, proposer des mesures pour réduire la dette.
Malheureusement, ce forum servira d’abord les groupes d’intérêt et le gouvernement. Le forum donnera aux groupes d’intérêt une occasion en or de vendre leur salade à la population. Ensuite, le gouvernement n’aura qu’à choisir les solutions qui apparaissent les moins politiquement dommageables.
En effet, les solutions sont connues depuis toujours. Huit économistes (Note 1) profitent de l’occasion pour rafraîchir la mémoire des politiciens. Ils proposent dix moyens d’éliminer les déficits budgétaires et à plus long terme, de réduire la dette.
Les propositions 9 et 10 recommandent de hausser les droits de scolarité et de mettre en valeur nos compétences. (Voir les propositions 1 à 4 ici, 5 et 6 ici et 7 et 8 ici.)
Le niveau actuel de financement des études postsecondaires par le gouvernement représente une injustice envers l’ensemble des Québécois. En effet, les contribuables doivent payer plus d’impôt pour financer les études postsecondaires d’une minorité alors que les bénéfices qui en découlent favorisent principalement cette même minorité.
Si les droits de scolarité des universités québécoises rejoignaient la moyenne canadienne, les revenus des universités augmenteraient de 750 M$ par année.
La valorisation des compétences humaines et intellectuelles des individus requiert un marché du travail efficace. Or, ce marché est plus dysfonctionnel que jamais. Le système d’éducation produit des illettrés et les lois du travail, conçues à l’ère industrielle, n’ont pas évolué pour s’adapter à l’économie du savoir et à la mondialisation. Alors que les syndicats et les bureaucrates protègent leur chasse gardée respective, les entreprises stagnent à cause d’un manque de ressources qualifiées. La pénurie de mains-d’œuvre représente des coûts financiers énormes pour l’économie.
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Dix moyens d’éliminer les déficits budgétaires
9. Hausser les frais de scolarité
Le système d’éducation du Québec craque de partout : un sous-financement devenu chronique, un embourbement administratif sclérosant et une absence de mécanismes incitatifs appropriés minent son potentiel, génèrent des déficits de plus en plus importants qui contribuent à gonfler la dette publique du Québec. Les propositions développées ici permettraient d’augmenter la performance de notre système d’éducation supérieure, de freiner leur dangereuse marginalisation et de colmater en bonne partie les déficits universitaires qui ont fait gonfler la dette publique de 500 millions de $.
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...... Si les frais de scolarité au Québec rejoignaient la moyenne canadienne, ce sont quelque 750 M$ par an qui s’ajouteraient au budget des universités(4), permettant ainsi de combler le déficit du budget d’opération des universités québécoises sans augmenter leur financement public et réduisant la croissance de la dette publique.
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10. Mettre en valeur nos compétences
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Aussi, de nombreuses personnes aptes au travail sont condamnées à demeurer sur l’assistance-emploi et cela même en période de croissance économique : en 2007, alors que le taux de chômage est à son plus bas niveau depuis des décennies, on dénombrait plus de 140 000 prestataires d’assistance-emploi aptes au travail qui reçoivent des prestations pour une durée moyenne de 9 ans. En 2007, 134 000 Québécois recevaient des prestations régulières d’assurance-emploi pour une durée moyenne proche de 20 semaines alors que près de 28% des prestataires les épuisent en totalité. Pendant cette période, on dénombrait officiellement 298 400 chômeurs au Québec alors que les entreprises se plaignent de ne pas trouver d’employés. Pourquoi notre marché du travail est si peu performant?
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On peut calculer que le coût financier pour le gouvernement du Québec de ne rien faire est au moins de 1 milliard de dollars au chapitre des revenus autonomes. En effet, une réforme des programmes d’éducation et de main-d’œuvre diminuera ce que les économistes appellent le taux de chômage structurel qui est le taux de chômage le plus bas que l’on peut observer quand les entreprises fonctionnent à pleine capacité. Il est causé principalement par le fait que les demandeurs d’emploi n’ont pas les compétences recherchées. Les entreprises sont alors limitées dans leur capacité de production.
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