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5 meilleurs films de la décennie 2000-2009

Par Cqc

Ça y est, nous sommes rendus au sommet de la liste ! Je vous présente enfin mes 5 meilleurs films de la décennie (vous pouvez aussi écouter le dévoilement qui a eu lieu hier en ondes à CINÉFIX):

(De la 50e à la 41e ici)
(De la 40e à la 31e
ici)
(De la 30e à la 21e
ici)
(De la 20e à la 11e
ici)
(De la 10e à la 6e ici)

5. IN THE MOOD FOR LOVE de Wong Kar-Wai (2000) HONG KONG
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Quel beau titre ! Quelle belle affiche ! Quel grand film ! Moi qui craque pour les histoires d'amour impossibles ou tragiques, Wong Kar-Wai nous a gâté avec ce superbe long-métrage évanescent et en même temps envoûtant. Film sur le désir, la perte et l'abandon, ITMFL transcende et hante le spectateur qui accepte d'y plonger sans retenu. Comme lorsque nous tombons en amour, complètement, follement, déraisonnablement. Intoxiqué par l'une des plus belles trames sonores de la décennie, toutes les pièces agissent comme de minces voiles sur des corps nus, cachant à peine la naissance de l'insoutenable tentation de l'autre, l'insondable besoin charnel de la communion des corps. Et ça, Kar-Wai le fait magistralement en mettant l'accent sur les moments d'effleurement, de dérobade, d'absence. Une des plus belles caresses pour l'oeil que vous aurez la chance de ressentir.
4. LE FILS des frères Dardenne (2002) BELGIQUE
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De tous les réalisateurs présents dans cette liste, les frères Jean-Pierre et Luc Dardenne sont probablement ceux qui ont le plus influencé la dernière décennie par leur style reconnaissable parmi tous. Cette manière de filmer proche de leurs personnages, permettant aux spectateurs d'être impliqués physiquement et psychologiquement dans le quasi réel des protagonistes, est maintenant utilisé par d'autres manieurs d'images mais sans jamais égaler le niveau de maîtrise des frères belges. Je pense que c'est avec LE FILS que les Dardenne atteignent leur plus haut niveau de savoir faire, en plus d'obtenir de leur acteur fétiche Olivier Gourmet l'un des plus formidables performances d'acteurs des récentes années. Intense et sans compromis, LE FILS est un puissant exemple qu'un excellent film ne dérogent pas du calcul suivant:
Scénario solide + acteurs intenses + réalisateurs visionnaires = grand film !
3. INLAND EMPIRE de David Lynch (2006) ÉTATS-UNIS
http://www.phawker.com/wp-content/uploads/2007/02/inland-empire.jpg
Unique, audacieux, complexe, inexplicable, génial, dangereux, sublime, fort, inconscient, perturbant, sombre, étincelant, mystérieux, englobant, vif, cauchemardesque, drôle, déroutant, cumulatif, majeur... et tellement plus, plus, plus. Il y a vraiment un seul David Lynch mais pourquoi n'y a-t-il pas plus de cinéastes qui suivent sa trace? Le cinéma est une forme d'art et encore trop peu de réalisateurs semblent prêts à transgresser le langage et les codes cinématographiques (dans le cinéma narratif et accessible au grand public car bien sûr il y a un bassin important de cinéma expérimental qui existe). Lynch implique toujours le spectateur dans son oeuvre, l'obligeant à réagir, négativement ou positivement, face aux images qu'il reçoit. Toutes les interprétations sont bonnes et valides car il s'agit là de notre propre projection de nos peurs, de nos angoisses, de notre inconscient que nous pouvons déduire à différents moments de cette immersion. Un trou noir lumineux, une sombre étoile inexplorée, un joyau indéchiffrable, INLAND EMPIRE mérite de s'y perdre plus d'une fois.
2. CACHÉ de Michael Haneke (2005) FRANCE
http://decil.lautre.net/IMG/jpg/JdD31_3_cache.jpg
Jamais je n'avais vécu ça avant au cinéma ! Avec CACHÉ, Michael Haneke a réussi à sournoisement nous manipuler mais pas de la manière habituelle (aka les films de M. Night Shyamalan). Non ! Ici, Haneke donne l'impression de nous filmer, les spectateurs, à notre insu (oui, vous avez bien lu nous les spectateurs!). Comment s'y prend-t-il? À vous de le découvrir si vous n'avez pas encore vu ce chef d'oeuvre sur le regard et les points de vue, sur l'interprétation de chacun. Tout comme RED ROAD d'Andrea Arnold, la caméra (et les images qu'elle enregistre/projette) devient littéralement un personnage auquel on attribue un jugement et dont l'omniprésence est crainte. Criant d'actualité dans notre monde du 2.0, Michael Haneke nous confronte à Big Brother, nous oblige à tenter de comprendre son envahissante présence, son éventuel contrôle sur nos vies. Jamais gratuit mais parfois tellement vicieux, Haneke dévoile davantage l'immense miroir qu'il construit depuis le début de sa carrière. Miroir qui reflète nos vices et nos défauts, nos peurs et nos appréhensions.
1. EX-AEQUO THE WORLD (2004) et STILL LIFE de Jia Zhang Ke (2006) CHINE
http://geneve.cine.ch/images/affiches/original/57287.jpg
 
La dernière décennie aura tremblé suite au réveil de la Chine dans tellement de domaine. Même le cinéma n'a pas pu résister au raz-de-marée de "l'empire du milieu". Et le réalisateur qui a su le mieux mettre en images la transformation de son immense pays, c'est le grand Jia Zhang Ke. À la fois fin poète et doux critique, jumelant l'onirisme au contexte actuelle de la Chine, Zhang Ke abordent des sujets qui semblent immenses (la mondialisation dans THE WORLD et l'engloutissement des villes et villages par le fleuve Yangtze dans STILL LIFE) en les ramenant à une échelle humaine. Deux films qui démontrent l'étendu du talent du réalisateur et l'amour qu'il a pour son pays, pour ses compatriotes. Déjà ressenti dans son film PLATFORM sorti en 2000, Jia Zhang Ke démontre le potentiel des individus dans cette population trop souvent réduite à son ensemble. La détermination chinoise est l'oeuvre de chacune et chacun d'eux, tentant de ne pas se perdre dans ce flot d'humains, qui ont aussi ce besoin d'exister. Un grand artiste qui nous donne toujours l'heure juste sans jamais la crier, un témoin essentiel de tous les bouleversements de là-bas et d'ici. Un réalisateur humain et sensible capable de transposer des changements sociaux en de somptueux poèmes visuelles. Merci Jia Zhang Ke !
Voilà ! Je suis encore un peu étourdi de cette montée mais que la vue est belle d'ici. J'y aperçois au loin la formation de films à venir, de longs-métrages qui définiront les dix prochaines années à venir...


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