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Défendre Peillon malgré tout…

Par Nemotaku
Défendre Peillon malgré tout…

Quelle mouche a donc piqué Vincent Peillon en plantant un coup de couteau dans le dos de France 2 ? A première vue, la manœuvre ressemble plus à un tir de balle dans le pied qu'autre chose.

Côté gauche, il met le PS au pied du mur, obligé de le soutenir et, preuve que ça va mieux là bas, Martine Aubry l'a fait. Du bout des lèvres et avec des réserves certes mais elle l'a fait même si des voix discordantes se sont encore fait entendre à l'intérieur du PS. Côté droite, il y aurait presque de quoi sortir le champagne, on tient notre lâche, notre « refuseur » de débat, notre symbole de la gauche enfermé et sectaire. Bref un bonheur pour chiens de garde sarkozystes. Côté journalistes politique, c'est, à la rare exception près de Marianne, un prévisible lynchage en règle du trublion qui n'a pas joué le jeu, qui a planté la collègue Chabot et qui , pire que tout, a foutu en l'air leur agenda. Côté opinion publique, Peillon apparaît alors non seulement comme un peureux mais aussi comme la caricature de l'homme politique qui veut faire un coup mais dont la ficelle est trop grosse.

Et pourtant il l'a fait, il l'assume et s'en explique de façon très nette. Dans le brouhaha des beuglantes des Duhamel et des Xavier Bertrand de service, il faut pourtant écouter Peillon , car ses analyses et ses explications sont tout sauf indignes d'intérêt.

Peillon dit vouloir dénoncer ce débat en refusant qu'un socialiste y participe. L'homme connaît bien son parti, après tout on a bien trouvé des « socialistes » pour rentrer au gouvernement, on en aurait trouvé pour venir participer à ce débat indigne. Car c'est bien de cela dont il s'agit. D'un débat indigne. Non seulement dans son thème mais aussi dans sa forme. Dans son thème car c'était un « débat » entre la droite extrême de Besson et l'extrême droite de Le Pen sur un « débat » sur l'identité nationale qui a surtout libéré une rhétorique ultra démagogique au sujet de l'immigration qui ne sent franchement pas l'eau de rose. Dans sa forme ensuite car cette émission n'était qu'une immense opération de réhabilitation d'un des personnages les plus détestés de France en le faisant « combattre » la grande méchante Le Pen. Un programme d'une bêtise absolue où la soupe fut servie bien chaude par Arlette Chabot et qui n'aurait jamais du franchir la porte du service public transformé pour l'occasion en Fox News du pauvre.

Peillon a en quelque sorte réussi son coup prémédité car s'il avait participé à l'émission, aucune polémique sur la nature même de l'émission ou de Besson n'aurait éclaté. Or cette polémique est une façon adroite pour le PS de se sortir du piège de cette émission. Besson n'a pas été réhabilité, il faut dire qu'il a été particulièrement mauvais, et tout le monde parle à nouveau de dérapage dans « son » débat, qu'importe de quel côté il vient. Mais malgré tout le lapin de Peillon reste difficile à admettre, à la limite de l'impardonnable car il s'agit d'une mufflerie sans nom même pas digne d'un Eric Besson. Tes arguments sont bons Vincent, quel dommage que tu n'ais pas eu le cran de les envoyer à la face de France 2 en direct puis de quitter le plateau séance tenante laissant Besson seul avec Le Pen et Chabot dans un plateau débattre entre eux si ils le veulent. Quelle belle image cela aurait été, dommage tu y étais presque.

D'après @si, Peillon censure son blog suite à cette histoire. Vraiment pas glop pour le coup.


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