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Déficit : les solutions sont les mêmes qu’en 1986

Publié le 16 janvier 2010 par Magazinenagg

À la veille du forum économique convoqué par le premier ministre Charest, il est utile de rappeler un peu d’histoire.
Dans son texte, L’État-Provigo, Donald Charette du journal de Québec nous rafraichit la mémoire.

En 1986, Robert Bourassa a nommé Paul Gobeil, ex-patron de Provigo, président du Conseil du trésor. Il avait été mandaté pour revoir les fonctions gouvernementales et son organisation.
Le rapport, qui était signé par de grosses pointures des affaires, Michel Bélanger, Pierre Lortie, Yvon Marcoux et Jean-Claude Rivest, l’éminence grise de Bourassa, constatait que le gouvernement prenait trop de place dans l’économie. On s’inquiétait aussi du fait que la santé et l’éducation accaparaient 55 % du budget. Ils en occupent près de 70 % actuellement. Les solutions? Dix-sept recommandations détaillées, qui abolissaient une vingtaine de comités consultatifs (Conseil des arts, Conseil de la science...), une dizaine d’offices, de régies (cinéma,
logement...), prévoyaient la vente de Radio-Québec, la privatisation de la Sépaq, le transfert des musées aux municipalités...
L’approche était structurante, car elle prévoyait des regroupements d’organismes et s’accompagnait d’une vaste décentralisation des budgets vers les réseaux. Ainsi, les conventions collectives seraient négociées localement. En santé, le rapport Gobeil suggérait, véritable hérésie à l’époque, de privatiser des hôpitaux et d’impartir certains services, l’envoi d’un état de compte annuel en additionnant jusqu’à 2 000 $ au revenu imposable, la fermeture des CRSSS.
En éducation : introduction d’un bon d’études, hausse des frais de scolarité pour
atteindre 25 % du coût des études selon les spécialités avec indexation, augmentation de la charge de travail des profs. Les entreprises n’étaient pas en reste, toutes les subventions de la SDI aux PME étaient supprimées et l’aide du gouvernement dans un gros projet devait être exceptionnelle.

Bien entendu, rien de tout cela n’a été fait. Tous les groupes d’intérêts sont montés aux barricades et Robert Bourassa a vite compris qu’il valait mieux tabletter le rapport.
Pourtant, si seulement 50 % des recommandations du rapport Gobeil avait été appliquée, le Québec ne serait pas aujourd’hui au bord du précipice.
M. Gobeil, homme d’affaires chevronné, mais politicien néophyte, avait naïvement cru que l’objectif de M. Bourassa était de remettre les finances publiques sur les rails.
M. Bachand, ex-syndicaliste et politicien avisé, ne fera pas la même erreur que M. Gobeil. Alors, il ne faut vraiment rien espérer du prochain forum économique. Il servira d’abord les groupes d’intérêt et le gouvernement. Le forum donnera aux groupes d’intérêt une occasion en or de vendre leur salade à la population. Ensuite, le gouvernement n’aura qu’à choisir les solutions qui apparaissent les moins politiquement dommageables.

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