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Nets mais pas sans bavures

Publié le 18 janvier 2010 par Insidebasket @insidebasket

New-Jersey, bonnet d'âne et risée de la NBA avec 36 défaites en 39 rencontres, vit une saison cauchemardesque. Les Nets se rapprochent peu à peu du néant alors que leurs années fastes, elles, se sont éloignées à grand pas.
En cliquant sur la page d'accueil du site internet des New Jersey Nets, plusieurs choix s'offrent à vous. Des bandes annonces, diverses et variées, défilent. L'une d'entre elles vous invite, par exemple, à y découvrir le nouveau look des Nets Dancers , les cheerleaders locales. Vous pouvez aussi acheter, si vous le souhaitez, et ce, pour la modique somme de 105 $, trois maillots réversibles de votre équipe préférée. Et les amateurs d'art ont même la possibilité de contempler une exposition à influence afro-américaine à laquelle les Nets apportent leur contribution, en préparation au Martin Luther King Day. Puis, en haut à droite de la page, se trouve un icône sur lequel est écrit "Find your seat". Traduisez : trouvez votre siège. Le service billetterie des Nets propose des tickets à seulement 25 $ la défaite, euh pardon... le match. Il vous assure le même siège durant toute la saison et, de plus, vous aiguille vers le programme TicketsExchange, qui consiste à échanger des tickets avec d'autres fans. Sur le logo, on y voit l'arrière Devin Harris lever les bras en signe de victoire. Cette photo doit être un montage car cette saison, le service marketing aurait aussi pu commercialiser le "pack défaites", qui aurait à coup sûr fait un carton...


Car si pour les fans de l'IZOD Center, la saison NBA a bien débuté le 30 octobre 2009 par la visite du Magic d'Orlando et un premier revers à la clef, ils ont dû attendre et patienter jusqu'au... 4 décembre et la réception des Charlotte Bobcats de Boris Diaw pour enfin connaître les joies du succès. Autrement dit, au mois de novembre, New Jersey a subi 5 défaites en autant de rencontres à domicile. Mais si la série s'arrêtait là, elle en serait presque royale. Entre le 28 octobre et le 4 décembre, les Nets ont perdu leurs 18 premiers matches, triste record de la franchise.
Depuis, l'équipe basée à East Rutherford, ville situé dans l'état du New Jersey, a gardé un certain rythme dans la médiocrité et affiche à ce jour 3 victoires et 36 défaites en 39 matches (stat arrêté au lundi 18 janvier avant le déplacement chez les Los Angeles Clippers).
New Jersey n'aura jamais Abdul-Jabbar.
A domicile, les Nets en sont à 2 succès pour 17 revers et les voyages déforment sérieusement leurs valises puisqu'ils ont concédé, jusqu'à présent, 19 échecs en 20 sorties hors de leurs bases. La NBA, avide de statistiques en tout genre, est servie. New Jersey fonce tout droit vers la pire saison vécue par la franchise, en 1989/1990, lorsque celle-ci ne remporta que 17 victoires et enregistra 65 revers. Et à voir comment se trament les choses cette année du côté de NJ, on serait même tenter de mettre un petit billet vert et de faire le pari que la pire saison d'une franchise dans toute l'histoire de la NBA, celle de 1972/1973 où les Sixers de Philadelphie n'avaient remporté que... 9 matches et subi 73 défaites , est en danger. D'ailleurs, en parlant de paris et d'argent, si les fans des Nets veulent s'enrichir sur le compte de leurs protégés, il ne leur reste plus qu'à miser une coquette somme d'argent sur l'une de leurs nombreuses défaites. En principe, il n'y a pas de lézard, c'est jackpot à tous les coups.
Des coups justement, les Nets de New Jersey n'ont ont pas trop fait depuis leurs débuts. Fondée en 1967, la franchise new-yorkaise se flatte, en ce temps, de deux titres... ABA, glanés en 1972 et 1976. Ce qui, dans l'histoire du basket aux Etats-Unis, intéresse autant les puristes que de savoir quel body-builder soulève le plus de poids au développé couché du côté de Venice Beach.
En neuf ans de temps, jusqu'à ce que la ligue ABA ne fasse faillite en 1976 et ne disparaisse totalement, New Jersey s'honore cependant de quelques faits marquants. Une instabilité chronique d'abord. La franchise, qui évoluait à Teaneck, petite ville de l'état du New Jersey, s'appelant à ses débuts les New Jersey Americans avant de devenir les New York Nets et de sévir à Long Island. Une identité ensuite, le club se cherchant un nom. En même temps qu'un parquet d'ailleurs puisque celui installé à Long Island en 1968 ne fait plus l'affaire, c'est le moins que l'on puisse dire. Tellement peu d'ailleurs que le Commissionnaire de la ligue, George Mikan, annule tout  simplement le match de barrage de NJ face aux Kentucky Colonels en vue de la dernière place qualificative en playoffs.
Au niveau du recrutement enfin où, un soir de juin 1969, lors de la draft, les Nets ont la possibilité d'attirer un phénomène issu de l'université de UCLA, Lew Alcindor, devenu par la suite Kareem Abdul-Jabbar. Mas la grande soeur NBA propose plus d'argent au futur homme aux six bagues de champions et Alcindor rejoint les Milwaukee Bucks et la grande ligue. Cette saison-là, faute d'avoir pu obtenir un joueur, New Jersey en verra passer vingt-trois sous son jersey, là aussi, un record.
Les Nets ont le nez creux et Richardson le nez plein
A l'orée de l'exercice 1970/1971, le club change de propriétaire et de lieu. Arthur Brown revend le club à Roy Boe et les Nets s'exilent à Hempstead, ville de Manhattan, circonscription new-yorkaise. Le nouvel emplacement triple l'audience de la franchise, elle qui, en 1967, n'évoluait par exemple que devant 1 000 spectateurs. Les Nets participent aux playoffs pour la première fois de leur histoire. En six ans, de 1970 à 1976, New Jersey remporte deux titres ABA, donc, (1974 et 76), prend part à une finale (1972) mais voit surtout passer dans ses rangs deux légendes. Rick Barry et ses étonnants lancer-francs tirés "à la cueillère" puis Julius Erving, Dr J lui permettra de devenir dernier champion ABA en 1976.
C'est ensuite le grand saut vers la NBA. La ligue accueille les New Jersey Nets en les mettant tout de suite au parfum. Ici, c'est back to business et l'entrée dans ce monde merveilleux coûte 8 millions de $ à Roy Boe. 5 sont versés aux Knicks de New York pour permettre à New Jersey de pratiquer le même sport dans la même ville et 3 millions finissent sur le compte de la ligue. Mais qu'importe, que ne ferait-on pas pour être... Boe et reconnu. Le boss de NJ a de l'ambition à revendre. Il faut dire qu'il possède de l'artillerie lourde en magasin. Nate Archibald, arrivé tout droit de Kansas City, et qui sera champion NBA avec les Celtics de Larry Bird en 1981, distribue le jeu sur le parquet. En coulisses par contre, ce sont plus les mauvais points qui y sont échangés et une brouille entre Roy Boe et Julius Erving pousse Dr J vers la sortie. Archibald va, lui, ensuite, en consulter un après s'être fracturé le pied. La saison se finit en queue de poisson, et de classement. La suivante, en 1977/1978, New Jersey signe le rookie Bernard King. L'arrière né à Brooklyn, quartier new-yorkais, clôture son premier exercice avec 24 points de moyenne par match et en effectue au total deux avec les Nets.
A l'intersaison 1981, Larry Brown prend place sur le banc de New Jersey. L'actuel head coach des Charlotte Bobcats a juste le temps, accompagné de Buck Williams, élu rookie of the year la même année, d'engranger 20 victoires de plus que la saison précédente et de ramener NJ en playoffs où il est balayé au 1er tour par Washington.
L'année d'après, à deux semaines de la fin de la saison régulière, Brown démissionne de son poste et décide de mettre le cap sur l'université de Kansas. Darryl Hawkins a lui du mal à se canaliser sur un parquet alors que Michael "Sugar" Ray Richardson, arrivé quelques mois plus tôt en provenance de Golden State, met la tête dans la bonbonne de cocaïne et se débat avec les démons de la drogue. New Jersey participe aux playoffs cinq saisons de suite, de 1981 à 1986, mais est systématiquement éliminé au 1er ou au 2ème tour.
Jayson Williams, le tonton flingueur
Le parfum de ces postseasons n'enivrent guère NJ les années suivantes. Pendant trois ans, entre 1987, où trois entraîneurs se succèdent sur le banc, dont Willis Reed (champion NBA avec les Knicks de New-York en 1970 et 73) et 1990, les Nets présentent un bilan de 62 victoires pour 184 défaites. Bonjour le ratio du côté d'East Rutherford et bye bye les playoffs. En juin 1990, New Jersey a le premier choix de draft et sélectionne l'intérieur Derrick Coleman. Le visage de l'équipe se transforme dans les années qui suivent. Entre les caractères bien trempés de Coleman et Kenny Anderson, drafté en 1991, l'expérience amené par Reggie Theus, la malice provenant des mains de Mookie Blaylock et la magie sortant de celles de Drazen Petrovic, l'évolution est positive. Le croate, ancien du Cibona Zagreb et du Real Madrid, rejoint les rangs des Nets en 1990 après une saison aux Portland Trailblazers. New Jersey remporte même un match au 1er tour des playoffs 92 face aux Cavs de Cleveland, chose qui ne lui était plus arrivé depuis 1984.

Nets mais pas sans bavures

Kenny Anderson, un dribbleur hors du commun


Le basket reprend vie du côté de NJ mais la mort va malheureusement rattraper la franchise. Un jour d'été 1993, Drazen Petrovic se tue sur une autoroute allemande. Le "Mozart" du basket a livré ses dernières partitions et New Jersey, pendant quatre ans, va en jouer une fausse. Entre blessures et problèmes disciplinaires, les Nets réussissent tout de même à se hisser jusqu'au 1er tour des playoffs où ils sont stoppés par les New York Knicks, futurs finalistes. A la fin de la saison, Chuck Daly, double champion NBA avec Detroit en 1989 et 1990, abandonne son poste au profit de Butch Beard. Mais New Jersey plonge alors dans un long sommeil. Beard ne reste que deux ans et repart avec dans ses bagages un bilan de 60 victoires et 104 défaites, qui lui vaudrait presque un excédent de poids déficitaire à l'enregistrement.
Au jeu des chaises musicales, l'heureux élu se nomme John Calipari. L'ex-coach de l'université de Kentucky ne fait pas du Beethoven mais il permet toutefois aux Nets de retrouver les playoffs en 1998, après quatre ans d'abstinence. Un autre joue à un concerto, tout autre celui-ci, et a pour nom Jayson Williams, sorte de Gilbert Arenas de New Jersey des temps modernes. Le monsieur est bien armé, dans la raquette certes, mais aussi dans le civil. Entre usage de gros calibres dans un parking du Meadowlands Sports Complex, tir sur un chauffeur de limousine et jet de chope de bière au visage d'un patron de bar, en passant par une sélection au All-Star Game 1998, l'intérieur passe par tous les états.
Les deux saisons suivantes, jusqu'au début du siècle, New Jersey ressemble un peu à la version actuelle. En 1998/1999, l'équipe ne décroche que 3 victoires lors des 20 premiers matches. Sur le banc, Calipari laisse la place chaude bouillante à Don Casey. Dans le vestiaire, pour occuper le casier laissé vide par Williams, les Nets récupèrent Stephon Marbury. Ou comment, au niveau sagesse et réflexion, déshabiller Pierre pour habiller Paul. La saison est raccourcie par le lock-out (grève des joueurs) et le célèbre premier pas de l'enfant terrible new-yorkais l'est avec. New Jersey échoue en finale de Conference face aux Knicks. En 2000, suite à un exercice entaché de 51 défaites pour seulement 31 victoires, et après un départ sur les chapeaux... sans roue, 2 succès en 17 rencontres, NJ va trouver un peu de bonheur dans son malheur.
Avec Kidd, les Nets rajeunissent
Alors qu'ils n'ont que 4,4 % de chances d'obtenir le premier choix de draft, les Nets le décrochent pourtant et enrôlent Kenyon Martin. L'année suivante, Byron Scott, triple champion NBA avec les Lakers (1985, 87 et 88) et qui arrêta sa carrière de joueur en 1998 par une luxueuse pige au Pantathinaïkos pendant une saison, prend les commandes de la franchise au poste d'entraîneur.
Les prestations des Nets sont anodines, tout juste 26 victoires, mais celles de Marbury le sont moins et le natif de Brooklyn est sélectionné au All-Star Game.
Jason Kidd
Après des années de grisaille, le soleil revient sur NJ. A l'été 2001, Marbury est échangé aux Phoenix Suns contre Jason Kidd. L'impact est immédiat et Jayson Williams, dans son domaine, aurait apprécié. New Jersey sort 52 victoires lors de l'exercice, termine premier à l'Est et n'est balayé, en NBA Finals, que par les Lakers de Kobe Bryant et Shaquille O'Neal (4-0). En 2003, le balai n'est plus là pour Kidd et ses coéquipiers mais les Spurs de San Antonio font le ménage, propres et... Nets (4-2). Dans "Big Apple", comme l'est appelé New-York, New Jersey se fend bien la poire et narguent amicalement les Knicks, qui, eux, vivent en eaux troubles.
La saison suivante, alors que Alonzo Mourning et son rein "et demie" a posé ses sneakers à NJ, une altercation intervient entre Jason Kidd et Byron Scott. Face à Kidd, Scott ne fait pas de vieux os et quitte sa fonction de head coach. Lawrence Frank prend sa succession sur le banc et ses débuts sont plutôt réussis. Tel un choc psychologique, les Nets remportent 13 victoires d'affilée mais leur parcours est stoppé en demi-finale de Conference par les Pistons de Detroit (4-3), futurs champions.
New Jersey ne le sait pas encore mais il vit là ses dernières heures au sommet. Alors que l'on pense la franchise new-yorkaise lancée à toute vitesse, Bruce Ratner, qui s'en porte acquéreur en 2004, ne l'entend pas vraiment de cette oreille. Paradoxe de la chose, le nouveau boss veut délocaliser le club à Brooklyn et montre immédiatement un certain entrain à ralentir les folies de son "joujou". Le rythme de vie de New Jersey va se réduire et ses performances sur le parquets avec. Ratner, qui aurait peut-être mieux fait de se casser une jambe le jour il prit en main le club, réduit à la fois les dépenses mais aussi sensiblement la voilure sur l'effectif. Kenyon Martin et Kerry Kittles sont transférés contre deux tours de draft. Bonjour le management.
Quelques mois plus tard, Zo Mourning et quatre autres joueurs sont inclus dans un trade avec Vince Carter. Le président Ratner, connu pour être économe depuis son arrivée, voit l'homme qui a dunké sur Fred Weis rejoindre les rangs des double finalistes NBA. Et à 50 millions de $ le contrat, Carter va pouvoir en claquer quelques uns.
Prokhorov, un russe à Brooklyn
Le spectacle est bien au rendez-vous avec Air Canada mais les Nets voyagent en classe éco et, par deux fois, sont barrés à l'embarquement par le Heat de Miami, au 1er tour en 2004 et en demi-finale en 2006. New Jersey est en embuscade. Ceci-dit, les pensionnaires de l'IZOD ne mettent plus trop le nez à la fenêtre. Ou alors timidement. En 2007, un joueur, LeBron James, est lui désinhibé et stoppe NJ en demi-finale de Conf. L'équipe dirigée par Lawrence Frank n'y arrive plus.
A la fin de la saison 2008, les siens affichent 34 victoires pour 48 défaites. En son début, les Nets avaient déjà perdu Richard Jefferson, artisan majeur de leur réussite quelques années plut tôt. Celui-ci part chez les Bucks de Milwaukee. Lorsque la balance commence à s'inverser dangereusement de la sorte, ce n'est jamais bon signe pour une franchise. Jason Kidd le comprend et se rend surtout compte qu'il ne gagnera jamais de titre avec ces Nets.
En cours d'année 2008, il est transféré à Dallas. L'an passé, le bilan est identique, 34v-48d. Jusqu'à cette saison 2009/2010 cauchemardesque vécue par des fans complètement désabusés et des joueurs à la dérive. Pourtant, cette morosité ambiante ne décourage, semble-t-elle, pas tout le monde. Mikhail Prokhorov n'est pas, comme on pourrait le penser, une future star russe du basket qui va sortir les Nets de l'ornière. Non, non. En tout cas, pas sur les parquets, ça c'est sûr. Le terrain de jeu préféré de cet oligarque se situe plus dans le domaine financier et celui du business. Avec la NBA, il a frappé à la bonne porte et espère bien, d'ailleurs, ouvrir grande celle du Barclays Center, le futur stade qui doit être construit dans le quartier de Brooklyn, à New-York. Un article paru dans le New York Times révèle que le riche homme d'affaires va débourser 200 millions de $ pour détenir 80 % de la franchise et 45 % du futur complexe. De plus, il prendrait en charge les dettes des Nets, qui s'élèvent à 60 millions de $. Prokhorov et New Jersey ont envie de grand. Même si, à ce jour, hormis l'arrière Devin Harris, 16,1 points, 5,9 passes, et le pivot Brook Lopez, auteur d'une prometteuse deuxième saison pro à 18,8 points et 9,5 prises, qui tentent de sauver les apparences, les Nets sont vraiment tout petits.
Au fait, on avait oublié, cocasserie de l'histoire, Lawrence Frank a laissé, et ce avec un plaisir non dissimulé, la place de coach à Kiki Vandeweghe, au matin d'une 18ème défaite fin 2009. Frank a ainsi échappé au pire début de saison d'une franchise. Un club qui, même si les fans continuent de surfer sur son site, ne prend plus vraiment la vague. Touché, coulé, New Jersey...

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