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Google, le renouveau de la littérature

Par Lise Marie Jaillant

Google Vu du Canada, le débat des Français sur Google paraît absurde. Prenons l’exemple de Didier Jacob, qui écrit:

“La littérature […] n'est pas seulement la somme de livres écrits depuis les origines et rendus, ou non, plus accessibles. La littérature est, selon moi, aussi autre chose, au moins symboliquement. […] Pour qui aime lire, je crois que la littérature est, plus simplement, un peu mystérieuse, à la fois redoutable et séduisante. […] je crois que la littérature, dans ce sens là, presque mystique, ne s'accommoderait pas de cette profusion de lumière.

Or que va-t-il se passer? Nous aurons des catalogues infinis de livres numérisés, exposés (même si tous ne seront pas lus ou consultés), radiographiés. Nous aurons des analyseurs automatiques qui vont vous dire, en moins de temps qu'il n'a fallu de siècles pour qu'un écrivain se fasse connaître ou disparaisse, que Tolstoï n'est pas l'auteur de «Guerre et paix», que Balzac a utilisé 23 millions de fois le verbe être à la troisième personne. Nous allons chercher et forcément trouver. Nous allons connaître l'ennui de la quête forcément heureuse.”

Ce genre d’argument me laisse sans voix. Google Book Search est un simple outil. Google utilise ingénieusement des avancées technologiques pour nous permettre de lire des oeuvres autrefois difficiles d’accès. Une de mes amies, qui travaille comme chercheuse en “Victorian literature”, ne tarit pas d’éloges pour Google: “Avant, je devais aller à la British Library de Londres pour consulter les premières éditions de Grant Allen. Maintenant, j’ai accès aux mêmes livres en deux clics!”

Dire que Google Book Search menace la littérature, c’est comme dire que l’imprimerie a détruit la littérature. Dans les deux cas, nous avons un progrès technologique qui permet une plus grande diffusion du savoir. Bien sûr, cela ne veut pas dire que nous devons nous jeter dans les bras de Google sans réfléchir. Mais comme l’écrit Robert Darnton dans “The Case for Books”, les bibliothèques comme Harvard collaborent avec Google parce que leur objectif est le même: permettre au plus grand nombre d’avoir accès aux livres. Autrement dit, Google promet un renouveau de la lecture, et donc de la littérature (qui implique le lecteur autant que l’auteur…)

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