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Chez le «ramancheur»

Publié le 27 janvier 2010 par Suzanneb

Vous connaissez le métier de ramancheur ? non ? je vous explique.

Étant native de la ville de Québec, lorsque je me suis installée en campagne il y a 25 ans, j’ai commencé à entendre parler de ces personnes qui ont ce don. Un don pour «ramancher» le squelette de personnes souffrantes. À cette époque, je n’y croyais pas.

Je dois vous confier que je souffre d’une bonne scoliose et je connais un peu les différentes spécialités officielles qui traitent les os… jusqu’à ce jour, orthopédistes et physiothérapeutes m’avaient traitée sans succès. En fait, la scoliose ne se soigne pas. Selon l’époque (la mode?), les spécialistes essayent diverses méthodes… chirurgie, corset de plâtre, j’ai eu droit à un corset en 1970. De nos jours j’ignore ce qu’ils proposent aux personnes qui en souffrent… j’ignore ce qu’on essaye de leur faire croire… m’enfin. On n’en est pas à un mensonge près.

Grossesse et mal de dos

Lorsque je suis tombée enceinte de ma fille (qui a 24 ans aujourd’hui) le poids du bébé m’a causé des problèmes de dos. Je sentais que quelque chose était solidement coincé, je n’arrivais pas à rester couchée sur le dos et quand il le fallait, pour des examens chez l’obstétricien, j’avais besoin d’aide pour me relever de la table d’examen. Ça regardait mal pour l’accouchement… qui normalement se passe en position couchée n’est-ce pas ?

Effectivement, ça n’a pas été facile, mais je suis passée au travers. Je croyais que mes problèmes de dos s’envoleraient à la naissance du bébé mais j’avais tort. J’ai continué à souffrir pendant encore 6 ans. Debout, assise, couchée, ça tirait tout le temps dans le bas de mon dos.

Des amis me conseillaient d’aller voir «la ramancheuse», celle qui a un don… Pffff ! j’avais bien trop peur qu’elle me «démanche», qu’elle me fasse plus de mal que de bien. Mais je n’étais pas assez folle pour aller consulter un médecin, qui m’aurait prescrit des anti-inflammatoires, et qui, voyant que ça ne corrigeait rien, m’aurait référée à un orthopédiste, qui m’aurait suggéré j’sais pas quelle chirurgie, qui m’aurait fait souffrir encore plus, sans garantie que je retrouve une vie normale par la suite.

Faute de mieux, et sans trop y croire, je me suis finalement décidée à prendre rendez-vous avec Mme Denyse Lessard (Clinique Denyse Lessard, Ste-Marie de Beauce). Cette femme est issue d’une famille qui pratique ce métier depuis des générations, elle m’avait été chaudement recommandée par les gens de la région.

Il lui a suffit de 3 minutes de manipulation SANS DOULEUR pour me replacer le bas du dos. Elle m’a dit avant que je me relève de la table «Faites attention pour quelques temps, vous allez voir que votre équilibre est changé, vous aviez une jambe plus courte que l’autre depuis déjà 6 ans, vous allez peut-être chambranler un peu les premiers temps, essayez de ne pas tomber». Je me suis levée et j’ai tout de suite compris de quoi elle parlait. Effectivement, mon équilibre était changé et ça m’étourdissait un peu. Il a fallu que je reparte tout doucement… mais dès le premier traitement, je pouvais recommencer à me coucher sur le dos sans problème. Je suis retournée la voir à 2 ou 3 reprises la première année, et une fois par année par la suite. Un jour elle m’a dit: «Vous n’avez plus besoin de revenir, vos hanches sont bien solides maintenant».

Je suis retournée la voir chaque fois que je sens que mon squelette fait des siennes. Je suis surprise chaque fois. Elle «sait» ce qui ne va pas. Elle le voit immédiatement. Jamais je n’ai eu besoin d’enlever mes vêtements. Je n’ai même pas à lui montrer quoi que ce soit, elle le voit avant même que je me couche sur la table d’examen. «Oh, vous êtes croche aujourd’hui». J’vous le dis tout net: cette femme a un don.

L’histoire du facteur

Un de mes amis qui habitait Sorel depuis l’enfance, est déménagé dans la région de Québec pour rejoindre une compagne avec qui il a refait sa vie. Cet ami était facteur depuis plus de trente ans. Il avait un thérapeute dans sa région (Sorel) en qui il avait une grande confiance. De temps en temps il faisait le voyage Québec / Sorel pour obtenir les précieux traitements qui l’aidaient à traiter un douleur au dos qu’il traînait depuis des années. Je lui ai parlé de Denyse et du fait qu’elle pourrait l’aider, ça lui éviterait tous ces voyages fatigants. Sur mon insistance, il s’est décidé à prendre rendez-vous avec elle et il ne l’a pas regretté. Non seulement Denyse l’a «ramanché», mais soudain, alors que mon ami sortait du bureau, Denyse posa sa main sur son épaule et lui dit:

- «Oh! vous avez quelque chose à l’épaule»

- «Ce n’est rien,» de répondre mon ami, «je suis facteur et c’est un vieux problème qui n’est pas guérissable, je porte un gros sac de courrier depuis une trentaine d’années, cette épaule est finie».

- «Revenez donc ici une minute que je regarde ça» lui répondit Denyse.

Et le temps de le dire, l’épaule du facteur était ramanchée. Il n’arrivait pas à le croire.

Un nerf sciatique coincé

Vous connaissez peut-être une personne qui a déjà souffert d’un nerf sciatique coincé… aille… c’est terriblement douloureux. Alors que ça se soigne fort bien chez le ramancheur (et parfois aussi chez le chiro) les médecins ne savent pas quoi faire. Au début, ils vous donnent des calmants, des anti-inflammatoires. Si vous retournez les voir trop souvent, ils se fatiguent et vous réfèrent chez un orthopédiste. Celui-ci trouvera un beau grand nom pour ce que vous avez et une fois que vous avez bien intégré le concept, vous êtes prêt à accepter les solutions que le spécialiste vous propose… sauf que, il faut un sacré courage pour se soumettre à une chirurgie orthopédique. On met en balance le mal qu’on endure et celui qui ne ratera pas de nous envahir après une telle opération… (et c’est sans parler du fait que les chirurgies orthopédiques sont les championnes des infections nosocomiales… et une infection dans les os… c’est assez ordinaire merci)

C’est ce qui est arrivé à ma belle-mère en 2008. Juste avant Noël (le 24 décembre) elle s’est rendue aux urgences parce qu’elle souffrait terriblement dans le bas du dos, elle était incapable de trouver une position confortable et arrivait à peine à marcher.

Petite parenthèse en passant…

Âgée de 73 ans, elle connaissait d’autres problèmes de santé mais ne prenait aucun calmant. L’urgentologue qui l’a vue cette veille de Noël lui a prescrit (tenez-vous bien) des timbres de fentanyl.

Systèmes (timbres) transdermiques de fentanyl

Ce médicament est utilisé pour le traitement de la douleur chronique persistante d’intensité modérée à sévère. Les systèmes transdermiques de fentanyl (timbres) sont destinés uniquement aux patients qui ont besoin d’analgésie narcotique puissante 24 heures sur 24 pendant des périodes prolongées, et qui prennent déjà un analgésique narcotique à une dose totale équivalente à au moins 60 mg/jour de morphine.

Santé-Canada – 7 janvier 2009

Tout porte à croire que l’urgentologue s’est débarrassé d’elle au plus coupant. Par la suite, elle a continué d’utiliser ces «patchs» mais elle ne se sentait pas bien du tout… nausées, essoufflements, parfois elle perdait presque conscience… c’était beaucoup trop fort pour elle. Son fils l’a enjointe de cesser tout de suite. Elle avait l’habitude de croire plus la médecine que son fiston, mais elle n’est pas folle non plus, elle voyait bien que les timbres la sonnaient durement.

(fin de la parenthèse)

Après avoir été rapidement (c’est le moins qu’on puisse dire) traitée pour cette douleur aigüe, elle a rencontré divers médecins spécialistes. Ils ont essayé toutes sortes de choses, de la physiothérapie, des calmants, la prochaine étape proposée: une chirurgie. Mon conjoint et moi lui parlions déjà de notre ramancheuse depuis longtemps. Elle savait qu’elle nous avait fait du bien. Mais vous savez, parfois en voulant trop aider les autres, on n’obtient que de la méfiance, notre empressement passionné à vouloir aider fait peur aux gens. C’est bien dommage.

Toujours est-il que cela faisait déjà six mois qu’elle se déplaçait en fauteuil roulant et que son état ne s’améliorait pas du tout. Malgré toute sa confiance dans le médical officiel, elle a pris la (sage) décision de voir Denyse et de tenter sa chance. Depuis ce jour, elle n’a jamais eu besoin d’un fauteuil roulant, le nerf sciatique décoincé, elle ne souffre plus du tout. Trois minutes de manipulation sans douleur, comparées à la longue convalescence d’une chirurgie orthopédique… il me semble qu’elle est gagnante.

Problèmes intestinaux

Une autre fois, mon conjoint se plaignait depuis quelques temps que ses intestins ne fonctionnaient pas bien. Ses selles étaient toujours molles et il ressentait occasionnellement de la douleur dans l’aine. Il ne voyait pas le lien entre la ramancheuse et les intestins mais, après quelques mois, à bout de ressources, il s’est décidé à la consulter. À peine le temps de demander comment ça va et d’expliquer le problème, qu’il était déjà sur pieds. Fini. C’est justement cette vitesse qui surprend les gens. Ils ne veulent pas y croire, et je les comprends, j’ai fait comme eux pendant six longues années.

Hanche douloureuse

Ça faisait déjà au moins deux mois que j’avais des douleurs aux hanches et aux cuisses, mais seulement quand je m’assoyais dans un certain fauteuil (lazy-boy). J’ai cru qu’il était mal équilibré et mon conjoint a vérifié pour se rendre compte qu’une réparation antérieure était la cause du problème. Le siège était plus bas d’un côté. J’imagine que cela m’avait déplacé quelque chose dans le bas du dos… alors j’ai installé un autre fauteuil et pour quelques jours, cela a réglé mon problème.

Mais lundi de cette semaine, après avoir passé une bonne partie de la journée devant mon ordinateur sans aucune douleur, voilà que je m’allonge sur mon nouveau fauteuil et que la douleur me reprend de plus belle. Et là ça fait mal en «chien». J’ai beau me lever, marcher, me masser, prendre des calmants, rien ne fonctionne. Un moment je me sentais nauséeuse et mon pied gauche engourdissait… je me suis couchée à 21h espérant trouver dans mon lit une position confortable car je n’en pouvais plus. J’ai repris des calmants vers les minuit et j’ai passé la moitié de la nuit à souffrir et à chercher une position sans succès. Au matin la douleur était moins vive mais toujours présente.

C’était assez troublant pour moi à cause du fait que j’ai un cancer du sein métastasique… est-ce que j’avais des métastases dans les os ? c’était une possibilité. Si j’avais parlé de ça à l’oncologue je sais ce qui serait arrivé: scintigraphie osseuse, référence à un orthopédiste… et quoi encore ?

J’ai donc pris rendez-vous avec Denyse qui n’avait pas de place avant jeudi après-midi.

Pendant la journée d’hier, la douleur n’a fait que s’accentuer, j’étais à bout. J’ai passé l’après-midi au lit à me tourner et à chercher une position confortable. J’ai rappelé la clinique vers les 17h pour voir s’il y avait des annulations et j’ai obtenu un rendez-vous le soir même. (Soulagement)

Ça faisait longtemps que je ne l’avais pas vue, nous avons échangé quelques mots, elle m’a confié avoir visité mon blogue pour la première fois durant la crise pandémique. Elle s’attriste de voir combien les gens sont encore loin d’être prêts à opérer des changements dans leur vie, combien ils leur faut du temps pour comprendre, pour faire des liens entre médicaments et souffrance. Elle m’a parlé de plusieurs cas de douleurs chroniques rencontrés après la vaccination et ces personnes refusent toujours de faire le lien.

Il est temps de lui expliquer mon problème, j’ai mal à la hanche, à la jambe… je n’en peux plus. «Probablement le nerf sciatique et peut-être autre chose» me dit-elle. Je me couche sur le ventre et elle me manipule quelques instants, je sens des petits craquements très légers. Ensuite elle me demande de me tourner sur le dos. Elle pratique quelques mouvements avec mes jambes et une minute après, elle me dit que c’est fini. Un peu dubitative je lui réponds: «T’es certaine ? j’ai encore mal, il doit rester quelque chose». Elle me sourit et me dit: «T’en fais pas, c’est correct. Toute l’inflammation accumulée ne vas pas disparaître dans l’instant mais c’est décoincé. Ça va bien aller

Je me relève et constate tout de suite que mon équilibre est différent. Je sens que ma jambe gauche a retrouvé sa place. On le sent quand on est tout croche et quand on ne l’est plus.

Hier soir j’ai mis de la chaleur sur ma hanche et je me suis couchée tôt. Je n’ai pas eu de misère à trouver une posture confortable dans le lit et j’ai dormi comme un bébé, sans calmant.

Ce matin, j’ai senti que je devais en parler. C’est toujours un sujet délicat car beaucoup de gens font plus confiance à l’orthopédie et à la physiothérapie qu’à toutes ces techniques plus ou moins folkloriques sensées vous remettre sur pieds en moins de deux.

Il y a deux choses qui me désolent particulièrement. Premièrement, le fait que ces thérapeutes ne soient pas pris au sérieux mais le pire, c’est la médecine.

[pull]Parce que ça ne fait pas vendre des produits pharmaceutiques ? parce que ça n’implique pas de chirurgies coûteuses ?[/pull]

Comment se fait-il que Denyse soit capable de me ramancher en deux minutes et qu’un orthopédiste ait besoin d’une chirurgie pour «essayer» de me soigner ? comment se fait-il que ces techniques de manipulations ne soient pas enseignées en médecine ? Pourquoi aucun médecin d’aucune discipline n’est capable de faire ne serait-ce qu’une fraction du bien que peuvent faire ces ramancheurs et ces chiros. Pourquoi ???? Parce que ça ne fait pas vendre des produits pharmaceutiques ? parce que ça n’implique pas de chirurgies coûteuses ?

La prochaine fois que vous aurez des douleurs squelettiques, que vous vous sentirez tout croche et souffrant… demandez-vous si ça ne vaudrait pas la peine de consulter «underground» pour faire changement, pour voir si y’a moyen de se passer du bistouri. Si vous prenez rendez-vous, demandez à voir Denyse, pas d’autre.

Clinique Denyse Lessard

450, boul. Vachon Nord
Sainte-Marie (Québec)
G6E 1M1
Tél.: (418) 387-3932

Ceci dit, il faut comprendre que tous les ramancheurs du monde ne peuvent pas tout régler. Il y a des cas pour lesquels ils ne peuvent rien. Mais pour ce qui est de Denyse, je vous assure qu’elle ne vous fera pas d’à croire. Vous saurez ce qu’il en est, si elle ne peut rien pour vous elle le dira. Elle pratique des tarifs raisonnables et ne vous demande jamais de reprendre rendez-vous. C’est vous qui voyez (la plupart du temps ce n’est pas nécessaire d’y retourner). C’est rassurant de faire affaire avec une personne qui ne marche pas au gaz de l’avidité.

Je n’en connais pas de meilleure, je lui souhaite de vivre 200 ans ! Je n’ose imaginer combien elle manquera à ses patients lorsqu’elle cessera d’exercer.


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