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Décryptons la Frêche attitude

Publié le 01 février 2010 par Livmarlene
Décryptons la Frêche attitude

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Exclu du PS depuis janvier 2007, ce champion des petites phrases garde la faveur des militants socialistes. Au lendemain d’un énième “scandale” Frêche, Martine Aubry entend défendre l’honneur des socialistes et lance Hélène Mandroux dans la bataille des prochaines élections régionales. Retour sur ces mots du président de la Région Languedoc-Roussillon, bien envoyés, certes, mais malheureusement trop souvent sortis de leur contexte par les journalistes.

Décembre 2009. Fabius explique que s’il était électeur en Languedoc Roussillon, il ne serait pas sûr de voter pour les listes de G. Frêche. Chamaillerie typiquement politique, Frêche rétorque que lui ne voterait pas pour Fabius s’il était électeur en Normandie. Il ajoute la phrase qui tue (comprendre celle qui fait marrer le péquin moyen à tous les coups et qui indigne tous ces parangons de vertus de la classe politique) “Il a une gueule pas catholique.” Ce serait de l’antisémitisme. En tout cas, c’est la salade que nous vendent les feuilles de chou de tout l’hexagone. Je n’y vois qu’un retour de politesse.

Novembre 2006. Ainsi parlait Georges Frêche des joueurs de l’équipe de France de foot : "Ce sont des crétins qui ne savent pas chanter La Marseillaise." Et d’ajouter : “Dans cette équipe, il y a neuf blacks sur onze. La normalité serait qu’il y en ait trois ou quatre. Ce serait le reflet de la société. S’il y en a autant, c’est parce que les blancs sont nuls(...) Bientôt, il y aura onze blacks. Quand je vois certaines équipes de foot, ça me fait de la peine.” Le 17 novembre 2007, invité de Laurent Ruquier dans son émission On n’est pas couché, Frêche explique que pour lui, une telle équipe donne à penser aux jeunes colorés que le sport est la seule voie de réussite possible pour eux. Ce qui ne devrait pas être le cas dans une république qui prône l’égalité et la fraternité. Racisme ?

Du reste, je me permets de constater que sa remarque souligne surtout que les blancs sont des mous du cul, si vous me passez l’expression... Quant à la Marseillaise, C’est vrai qu’ils pourraient montrer qu’il la connaissent. On leur demande pas de la chanter juste, juste de faire du Lip Dub.

Février 2006. S’adressant à deux Harkis : “Vous êtes allés avec les gaullistes (...). Ils ont massacré les vôtres en Algérie et, encore, vous allez leur lécher les bottes ! (...) Vous êtes des sous-hommes, vous n’avez aucun honneur !” Sur ces propos, toujours dans On n’est pas couché, les chroniqueurs de Ruquier soulignent que G. Frêche a pris à parti deux harkis membres d’une association liée à l’UMP, et non l’ensemble de leur Communauté. Pour ma part, je trouve dommage que l’on ne sache pas exactement par quels propos les deux harkis ont provoqué le Président de Région. Cet élément éclairerait sans doute la virulence de Frêche sous un jour nouveau.

Avril 2005. Après l'élection du nouveau pape Benoît XVI, Georges Frêche s'en prend à son prédécesseur, Jean-Paul II : "J'espère qu'il [Benoît XVI] sera meilleur que l'autre abruti. Celui-là, on le jugera sur le mariage des prêtres et la capote. On en a quand même raté un au bombardement de Dresde." Petit un, abruti pour parler de sa Sainteté, c’est pas gentil, je le concède. Petit deux, l’allusion à une époque où France et Allemagne n’étaient pas les meilleurs amis d’Europe, cela peut paraître hors sujet. Néanmoins, la question du mariage des prêtres n’a rien de stupide alors que les vocations se font de plus en plus rares. Quant au préservatif, je ne dirai qu’une chose : faut vivre avec son temps, Benoît !

Juin 2000. Georges Frêche inaugure le tramway de Montpellier. De nombreux maghrébins résident dans la zone de terminus. Le maire de Montpellier fait un trait d’humour : "Ici, c'est le tunnel le plus long du monde : vous entrez en France et vous sortez à Ouarzazate." Puis, à propos d'une femme en tchador : "Ne vous inquiétez pas pour la dame, elle n'a que les oreillons et on lui tient les oreilles au chaud." Au risque de passer pour une raciste, ce que je ne suis pas, je tiens à le préciser, je trouve ça très drôle ! Et après tout, qu’est-ce qu’il dit, notre cher Georges ? Que les transports en commun permettent de faciliter les déplacements des pailladins (majoritairement d’origine maghrébine) vers le centre de Montpellier, et qu’on peut parler avec le sourire à une femme portant le foulard islamique

A propos du désaccord sur l'édification d'une statue de Lénine à Montpellier, M. Frêche a ces mots : "A l'heure où je finalise un accord décisif avec le gouvernement pour obtenir la ligne à grande vitesse entre Montpellier et Perpignan, on préfère disserter sur une statue de Lénine... Voilà bien, une nouvelle fois, un signe de notre temps où le futile l'emporte sur l'utile" Vous trouvez qu’il a tort ? Après tout, le super vilain du communisme, c’est Stalline, pas Lénine que je sache...

Alors quand il sort des phrases du genre : "Je ne suis plus adapté au monde actuel. Un monde de faux-culs où il faut du calme et ne pas dire ce que l'on pense." moi, ça me parle. A entendre les politiques parler, on croirait qu’ils ne disent jamais un gros mot, ni ne vont aux toilettes, tellement ils sont coincés du fondement.

Autre perle signée Frêche : "L'incapacité de notre pays, depuis 40 ans, à intégrer convenablement les millions de citoyens nés sur notre sol, de parents d'origine étrangère, constitue la plus grande menace intérieure pour notre avenir." C’est vrai. Si l’on accueille des gens en France et qu’ensuite, on les maintient dans une position d’exclus, il faut pas s’attendre à ce que ces derniers s’en réjouissent.

Sur Dominique de Villepin : "Villepin, ce n'est pas une brute épaisse comme Raffarin. Il nous le met comme Raffarin, mais avec plus d'élégance." En voyant la manière dont Villepin instrumentalise l’affaire Clearstream pour se donner une dimension présidentielle, je suis tentée de croire Georges... Bien coiffé Dominique, mais trop joli pour être plus honnête que les autres.

Et voici comment Frêche appelle la socialiste Hélène Mandroux qui lui a succédé à la mairie de Montpellier : "La conne qui va nous faire perdre la mairie." Je ne me prononcerai pas, je ne connais pas la dame personnellement.

"Que va-t-on pouvoir faire si on ne peut même pas changer le nom de cette région? On n'a pas de couilles." Bon, là il dramatisé un poil, vexé qu’il est que le sourire d’Alexandra Rosenfeld n’ait pas suffi à convaincre les gens que la Septimanie rayonnerait plus loin que le Languedoc-Roussillon.

En résumé, quand on prend la peine de lire un peu plus que les citations taillées au plus juste par des journalistes en quête de scandaleux, Georges Frêche ne dérape plus tant que ça. OK, il a le langage fleuri, d’accord, il force parfois le trait pour marquer les esprits. Evidemment, il prend des libertés (de verbe) avec les idées socialistes. Mais il a l’honnêteté de se revendiquer cabotin alors que tant d’autres veulent apparaître comme des saints qu’ils ne sont pas.

Moi, il me fait rire, et concernant la région, il aura marqué son temps en ayant le courage de voir grand pour le Sud.

Excellentes citations trouvées sur L'Express.frDétails du contexte sur Le Point.frEloge d'Alexandra, égérie des produits Sud de France sur showviniste.fr

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