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ballots – centre

Publié le 02 février 2010 par Collectifnrv
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Dernier film vu de la sélection des « meilleurs films » de l’année 2009 (selon les lecteurs de) Télérama : Non, ma fille, tu n’iras pas danser de Christophe Honoré.

Tout à fait conforme... à la mauvaise opinion que j’en avais : celle-là même qui m’encourageait à l’éviter ! Léger masochisme de ma part, puisque à partir des Chansons d’amour, il était clair qu’il n’y avait rien à faire de ce zigoto ! Dire qu’il avait envoyé un billet [d’humeur, hein !-] aux Cahiers en février 98 – et qui fut présenté dans le numéro suivant comme « Un pavé dans la mare » –, intitulé : « La triste moralité du cinéma français » ; dans lequel il raillait la soi-disant « bonne santé du cinéma français » : Guédiguian qui prend le spectateur par la main (avec Marius et Jeannette), l’hypocrisie bien-pensante dans Nettoyage à sec d’Anne Fontaine, ou encore le « cinéma citoyen » (Desplechin, Ferran, premièrement visés) qui donnerait « des leçons d’exemplarité ». Au contraire, il prônait « [...] le retour des voyous, égoïstes et suicidaires. » Et tonitruait : « Et même si le mot sonne énorme, je réclame en tant que spectateur, d’être confronté à des artistes et non à des représentants d’une catégorie socio-professionnelle. Des artistes qui m’en mettent plein la vue, insupportables d’égotisme et de prétention, irresponsables, indignes, qu’importe ! mais surtout qu’on ne me fasse pas la morale... »

Certes le polémiste d’antan ne tombe pas [en tous cas, pas entièrement :-] dans les travers qu’il dénonçait, puisque il respecte même certaines professions de foi : ainsi, ses films ne manquent pas d’être « insupportables d’égotisme et de prétention, irresponsables, indignes ». Pour ma part, je le rejoins seulement dans la conclusion de son texte-manifeste de 98, en l’incluant maintenant avec ce qu’il a commis à son tour (du moins, ceux que j’ai vus) : « J’ai tellement hâte d’aimer des films français. » (CdC n° 521, pp. 4-5, rubr. : « Courrier des lecteurs »). Encore que certains (cinéastes) ont toujours su me conquérir.

Finalement, le titre de son billet était déjà annonciateur des films à venir : un titre accrocheur, tape-à-l’œil, une « promesse de différence » (que d’autres appelleraient « rupture »), de la grandiloquence, et puis, pfffuittt ! en un clin d’œil, le soufflé retombe. Mais, il y a aujourd’hui le petit plus : la publicité. Efficace, qui plus est ! Ah, magnifique marketing autour des films-produits ! Relayé par cette presse favorable : Chiara Mastroianni en couverture de Télérama, défense de Jean-Marc Lalanne (l’un des moins incapables pourtant) dans Les Intox-duplices, quatre pages dans Libé, etc...

Cependant, il faut reconnaître que l’actrice principale joue plutôt bien ce personnage qui part dans tous les sens : déboussolée, hystérique, antipathique. Et, on les entend déjà s’exclamer : « très femme d’aujourd’hui » ! (enfin... Marina Foïs, sa sœur dans le film, elle aussi, fait « très femme d’aujourd’hui »...) Aïe, c’est vraiment ça, la femme – pour être dans le coup, il faudrait ajouter « française » – « d’aujourd’hui » ?! Hé, bé ! On n’est pas rendus ! Et puis, comme actrice (ni comme femme), elle ne m’a jamais épaté. Pas même chez des cinéastes respectables : Oliveira, Ruiz, Beauvois...

Tiens, une fois, elle m’était passé sous le nez – dans la vraie vie, « en vrai » – alors que je traînais dans le quartier Saint-Sulpice (dans le 7è) – un jour que j’attendais que la pluie passe... Quand je croise des personnalités du cinéma que j’apprécie, je vais à leur rencontre pour leur témoigner ma « sympathie » ; quitte à me faire envoyer sur les roses, comme ça m’est arrivé avec Isabelle Huppert ou Serge Bozon. Dans la plupart des cas, ça se passe bien (que ce soit des superstars internationales ou des cinéastes confidentiels). Là, juste par méchanceté, je dirais que Bozon, il doit être encore plus frigide que Huppert !

Revenons à ce film de Christophe « Héroné » qui pue la fausseté : ce semi-naturalisme, et ce semi-vérisme des situations ! des relations entre les personnages qui ne collent pas. Des passages « sur-écrits », « sur-joués » – et que m’importe que ce soit du vécu ?!! Et comme son frère (Julien Honoré) joue comme un pied ! Pire que Louis Garrel ; ce qui est déjà difficile au départ ! Le fils Garrel, je ne l’ai vu bon (et encore !) que chez son père. Moment agréable, toutefois, de danse bretonne. La « greffe » est forcée, mais ça passe : le fils (Anton) raconte un récit imaginaire de son cru à sa mère. Sur sa mère ? Mais, c’est à peu près tout. Le scénario est co-écrit par Geneviève Brisac – dont je n’ai jamais rien lu jusqu’à présent. Et ce film ne me donne aucune raison de commencer !

Définitivement, cet « Honoré » (de toutes parts...) est à Lalanne, ce qu’Olivier Assayas est à Charles Tesson. Toutes proportions gardées, comme on dit. Inutile de préciser que le public a fait un accueil favorable au film. Car, ça ne m’étonne vraiment plus !

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par Albin Didon


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