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Cyril MITILIAN, la joie de danser

Publié le 29 janvier 2010 par Lysnoir
CYRIL-Photo-blog-1.jpgDepuis Décembre 2007, Cyril Mitilian est coryphée dans le corps de ballet de l’Opéra de Paris, compagnie qu’il a intégrée au mois de Septembre 2001. Amateur de thé et d’histoire, ce jeune homme courtois, au sourire éclatant, est passionné par son métier : « L’amour de la danse, je ne l’ai pas eu grâce à l’Opéra, je l’avais avant et je l’ai gardé ». Doté d’une vraie gentillesse, Cyril n’en possède pas moins les qualités d’exigence et d’endurance indispensables à son art. Rencontre avec un artiste déterminé.
C’est vrai que vous avez débuté par le patinage ?
Oui, j’ai commencé le patinage vers mes cinq ans…J’en faisais de manière assez intensive, c’était presque du sport études. J’avais également d’autres activités, je faisais de la  musique, du cheval…Cela m’a permis de partir en compétition un peu partout en France, de faire des stages en Suisse, je devais participer au championnat de France de patinage artistique en 1993…J’avais entre cinq et neuf ans et j’obtenais toujours de bonnes notes en artistique.
Vers l’âge de neuf ans, j’ai assisté au spectacle de l’Ecole de Danse où était ma sœur et j’ai demandé à ma mère de m’y inscrire. Il faut dire que je dansais déjà beaucoup à la maison dans les fêtes de famille ou lors des repas de Noël
.
Vous dansiez comme ça, spontanément ?
Oui, j’aimais bien créer, ce n’était pas  réfléchi, c’était en moi. Donc, ma mère m’a inscrit à l’Ecole de Geneviève Volle-Ravel, à Valence. D’ailleurs, j’y  retourne chaque année, en Janvier, animer un stage en tant que professeur.
Vous avez neuf ans, comment se passent vos débuts ?
Je me rappelle très bien du premier jour. J’ai posé la main sur la barre et ça m’a semblé naturel. J’étais à ma place. Ensuite, j’ai découvert ce qu’était le travail !
J’ai passé un an dans cette école et lors d’un stage, Claudette Scouarnec et Jean-Pierre Toma, tous deux danseurs à l’Opéra, m’ont remarqué et ont conseillé à mes parents de me présenter à l’Ecole de Danse de l’Opéra de Paris. Ma mère m’a demandé si je voulais tenter cette expérience et je lui ai répondu du haut de mes neuf ans que si je devais être pris, autant que ce soit cette année ! J’étais complètement inconscient ! Je me disais que ça devait être assez prestigieux – c’était à Paris – mais je n’avais aucune idée du niveau ou de quoi que ce soit…
J’ai passé l’audition le 21 Janvier 1993, il y en avait deux, en fait. La première sur le physique et la deuxième sur les aptitudes à la danse. Je me rappelle bien tout ce qu’on nous a fait faire, marcher en rythme, la souplesse…On était cinq cent candidats, ma mère était persuadée que je ne serais pas pris mais je suis revenu à l’issue du premier jour avec mon papier ! Le lendemain, j’ai réussi la deuxième audition.
Il y avait donc cinq cent candidats pour le petit stage de six mois, seuls quinze filles et sept garçons ont été pris. Nous avons commencé le 21 Février.
Là, c’était le gros changement, j’étais interne, on ne sortait pas de l’Ecole de Danse. On avait des cours scolaires de trois quarts d’heure avec cinq minutes de pause, juste pour sortir les cahiers du cours suivant.
J’ai donc fini mon CM1 à Nanterre. Le premier jour, la maîtresse a demandé aux élèves de CM2 – qui eux, étaient là depuis un an – de dire un petit mot sur l’Ecole. Et là, une camarade a dit «  A l’école de Danse, les murs ont des oreilles » ! Il fallait donc faire attention à notre langage et à nos propos…
On nous a appris les règles de respect de base – on se levait pour les professeurs du scolaire et on faisait la révérence ou le salut pour les professeurs de danse -. A l’époque, la Directrice était Claude Bessy.


Qui était votre professeur en 6e division ?
Madame Nicole Cavallin, épouse de Gilbert Mayer.
Vous êtes alors très jeune, loin de chez vous et vous vous retrouvez du jour au lendemain dans une ambiance très particulière, avec en plus la réputation de grande exigence de Claude Bessy…Comment vit-on cela ?
Je me suis vite adapté, ça allait, mais je n’étais pas conscient des réalités. Ensuite, j’ai compris comment tout cela fonctionnait. Je n’ai pas souffert d’être interne, d’être loin de mes parents. Mon père admirait ce qui était un peu exceptionnel, c’est d’ailleurs un trait de ma famille, on aide les enfants à se dépasser. Mon grand-père a aidé mon père à faire ses études à Paris, ce qui n’était pas évident puisque mes grands parents étaient des immigrés arméniens. Ils ont eu des débuts difficiles, mais mon père a pu faire Normale Sup. Il y a une volonté d’ascension, de pousser plus haut. Mes parents nous ont toujours motivés, y compris pour le patinage ou la musique.
C’est important, le rôle des parents ?
Oui. Ils ne m’ont pas du tout freiné. Certains parents préfèrent garder leurs enfants chez eux. S’ils l’avaient fait, ça aurait été une erreur, j’aurais perdu une année…et comme nos carrières sont très courtes, il faut aller vite.
Il faut grandir vite, il faut comprendre vite que le travail et la rigueur vont nous accompagner toute notre vie. Cela, on le comprend assez rapidement effectivement. Et puis on est là parce qu’on aime la danse et qu’on a envie d’apprendre. Parfois, c’est contraignant d’être toujours dur avec soi-même et de respecter les règles de l’internat. J’ai un caractère assez fort et j’avais toujours quelques problèmes de discipline…A neuf ans et demi, c’était mignon, à l’adolescence, c’était de l’insolence !
Sinon, j’ai bien géré l’internat, j’étais content de prendre le TGV, d’aller à Paris…Les passagers étaient étonnés de me voir faire mes devoirs tout seul dans le train

Vous avez réussi à vous maintenir bon élève ?
Mes parents sont enseignants, pour eux, la scolarité était aussi importante que la danse et il était hors de question qu’un de leurs enfants n’ait pas le bac. J’ai donc passé et obtenu mon bac.

Vous arrivez dans une école professionnelle, quelles étaient vos qualités physiques et quels défauts avez-vous dû travailler ?
Pour ce qui est des qualités…Je me souviens que Claude Bessy avait dit à mon professeur que j’avais des jambes qui se prêtaient bien à la Danse… Nous sommes dans un métier artistique et l’aspect physique compte énormément…J’avais des proportions qui convenaient. J’étais assez souple des jambes et des hanches, j’avais une bonne cambrure de pied, ce qui affine la jambe…En revanche, j’avais du mal pour tout ce qui était équilibre et pirouette et même aujourd’hui, ce n’est pas ce que je préfère…En seconde division, j’ai eu Gilbert Mayer comme professeur, il était très bon, très strict et exigeant. Il nous faisait faire beaucoup de séries, ça peut sembler rébarbatif mais c’est indispensable, la répétition est très importante dans notre travail. Et c’est dans sa classe que j’ai commencé à sauter beaucoup plus haut
Les études se passent et arrive la première division qui est l’antichambre du grand saut dans la vie professionnelle…Comment se vit cette dernière année, avec la date du concours d’entrée dans le Ballet qui approche ?
J’ai fait deux fois la première division et j’ai vécu deux fois le concours ! En fait, je suis rentré à l’Ecole de Danse avec deux ans d’avance…En seconde division, j’avais quatorze ans et demi, c’était trop tôt pour aborder l’adage et j’ai redoublé…D’ailleurs, mes parents le savaient avant moi ! Finalement, ce fut une bonne chose, j’ai passé deux ans avec Gilbert Mayer et j’en ai profité pour renforcer mes jambes et la musculature…
Je monte ensuite en première division avec Jacques Namont, je passe mon premier concours et là, je présente une variation où il y avait beaucoup de…pirouettes ! C’était à dix heures du matin, à Garnier…Je suis très « traqueur » et je déteste les concours car ça n’a rien à voir avec le plaisir de la danse. C’est vraiment une mise à l’épreuve…Il faut montrer qu’on a assez de force en soi pour cacher que, physiquement, on perd ses moyens. On essaie de se dire que c’est comme un spectacle, mais ce n’est pas du tout comme un spectacle. Pas d’applaudissement, pas de public, il n’y a que le jury, c’est une ambiance très froide.
La première fois, j’ai bien raté mes pirouettes dans cette variation – c’était une variation de Sylvia – et je savais en sortant que ce n’était pas bon. J’ai donc refait une année avec Jacques Namont  et j’avais Mathieu Ganio comme camarade. On a passé une bonne année, on n’était que cinq, il y avait une bonne ambiance. Je faisais les premiers rôles dans les spectacles de l’Ecole – Yondering et Coppélia -…
Le concours arrive, cette fois il fallait présenter la variation d’Aubert du Grand Pas Classique. Mathieu et moi avons été pris. C’était le 03 Juillet 2001.


Vous avez dû passer de bonnes vacances !
C’étaient les plus belles vacances, parce que la même année, j’ai eu le bac. J’étais très fatigué mais très content de l’avoir eu car, plus tard, je pourrai reprendre des études. Et en plus, j’ai été invité, avec Julien Cozette, à faire un stage de danse à Miami ! C’était un été de rêve, j’avais tout eu.
Septembre arrive, vous êtes stagiaire dans le corps de ballet…Au début, on ne danse pas forcément
J’ai beaucoup dansé pendant ma première année. Il y a d’abord eu Notre Dame de Paris, avec les adieux d’Isabelle Guérin – j’étais content d’y participer parce qu’à l’Ecole de Danse, j’avais fait un négrillon dans La Bayadère et elle dansait Nikiya, elle était vraiment magnifique -…
J’étais très impressionné parce que quand on rentre dans le corps de ballet, on prend le cours tous ensemble, toutes classes confondues, des stagiaires aux étoiles, il y avait donc Isabelle Guérin et parfois Monique Loudières

Quand on rentre dans l’une des plus grandes compagnies du monde,  dans quel état d’esprit est-on ? Vit on au jour le jour ou bien, se fixe t-on tout de suite un but bien précis ?
Je connaissais déjà du monde puisqu’il y avait d’anciens élèves de l’Ecole…Il y a une période de flottement, on est engagé, on a ses premiers salaires, on sort du rythme très minuté de l’Ecole de Danse, où l’on sait toujours ce qu’on va faire…Là, les plannings changent, on peut être en repos le Mardi, travailler le Dimanche, on n’a pas toujours le même temps de répétition…Certains ne travaillent plus trop. Mathieu (Ganio) et moi on ne voulait pas se relâcher…Je m’imposais d’être régulier aux cours, je travaillais en me disant que ça paierait un jour.
Vous êtes coryphée depuis Décembre 2007, vous avez donc connu les deux faces du concours, l’échec et le succès…Comment gère t’on la pression ?
Officiellement, le concours est facultatif mais si on veut monter et donc, danser plus, il faut le passer…Si on ne le passe pas alors qu’on est en âge de le faire, ce n’est pas bon pour la carrière…Donc, on a vraiment intérêt à le passer, sauf excuse valable…Pour moi, la question ne s’est jamais posée, je le passe.
Pour mon premier concours, il y avait cinq postes et j’étais sixième. C’était encourageant, j’étais tout jeune et très content d’être dans le classement, de faire « partie de la feuille ». Ensuite, il y a eu beaucoup de concours où je ne faisais pas  partie de la feuille !


Qu’est ce qui s’est passé ?
J’ai eu un problème de genou. C’est apparu un an et demi après mon entrée dans le corps de ballet. On était au Japon, sur La Bayadère et j’ai commencé à avoir mal au genou, ça ressemblait à une tendinite. J’essayais des traitements mais ça ne passait pas et j’ai commencé à conditionner ma vie autour de ce problème. C'est-à-dire que je ne sortais pas beaucoup, j’évitais de marcher dès que je n’étais pas à l’Opéra, j’avais un régime alimentaire strict, sans aliment acide, j’étais prêt à tout essayer pour guérir. J’allais chez le kiné à huit heures du matin pour ensuite enchaîner le cours et les répétitions, je dormais beaucoup pour récupérer, sinon les douleurs augmentaient. Je me suis imposé ce mode de vie pendant des années, presque six ans.


L’année dernière, vous avez été finalement opéré de ce fameux genou, ce qui vous a laissé quatre mois à l’écart de la compagnie…Comment vit-on cette épreuve ? Et comment avez-vous récupéré ?
C’était devenu infernal, le corps ne suivait plus. Je n’osais pas postuler pour des emplois plus intéressants puisque je savais que je n’aurais pas assuré. Ca me minait mais j’ai tenu bon. L’an passé, j’avais vingt-cinq ans, j’ai encore eu une montée de douleurs et là, je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose. Si je devais me faire opérer, c’était là, maintenant, pour pouvoir récupérer rapidement.
J’ai donc consulté à Saint-Cloud, dans un centre qui s’occupe de sportifs de haut niveau et on a diagnostiqué qu’un os grattait mon tendon dès que je pliais le genou, d’où les douleurs permanentes. J’ai longuement réfléchi et j’en ai parlé à Brigitte Lefèvre qui m’a encouragé. J’ai été arrêté du 24 Novembre jusqu’à fin Mars.
Le premier mois, je n’ai rien fait. Fin Décembre, j’ai commencé la rééducation à Saint-Cloud, 3 heures par jour, tous les jours. Et dès que j’ai pu marcher sans béquilles, j’en ai profité pour avoir quelques loisirs, aller au cinéma, voir une expo, profiter d’une soirée avec des amis, tout ce que je n’avais pas pu faire auparavant.
Je n’avais jamais eu une coupure aussi longue depuis mes neuf ans et demi et j’étais soulagé d’avoir réglé ce problème qui me minait. J’ai regretté de ne pas l’avoir fait plus tôt. J’ai suivi ma rééducation très scrupuleusement parce que je voulais enfin montrer ce que je pouvais faire, comment je pouvais vraiment danser.
J’ai d’abord repris à mi-temps, c'est-à-dire uniquement les cours. J’étais resté quatre mois sans danser, il fallait réhabituer le corps et le remuscler, j’avais perdu 4 à 5 centimètres de cuisse mais le corps a une mémoire et j’ai récupéré assez vite.
A la fin du mois d’Avril, Claudette Scouarnec m’a proposé de danser le rôle principal de Casse-Noisette qu’elle remontait avec le Conservatoire de Boulogne-Billancourt à la fin du mois de Mai. J’étais encore arrêté, j’ai un peu hésité mais je me suis dit que ce serait un défi et j’ai accepté.


C’est justement ce Casse-Noisette qui vous a permis de danser en vedette et là, on vous découvre très bon partenaire, avec une belle danse servie par une impression de facilité assez déconcertante puisque vous releviez de blessure, et de la présence…Puis, à l’Opéra, vous avez été distribué sur le pas de quatre de Rubis…Comment vous sentez vous après ces deux prestations réussies ?
Je ne gère pas les distributions mais je veux me donner les moyens des objectifs que je me suis fixé.  Je travaille pour moi, j’ai des capacités et à présent, la maturité. Alors ce qui se présentera, ce qu’on me donnera, ce sera forcément une bonne surprise puisque je ne m’y attends pas.
Bien sûr, j’ai des envies, des espoirs et parfois, quand  je me trouve bien fondé à demander telle ou telle chose, je le fais. La réponse n’est pas toujours positive mais je pense que pour demander, il faut en avoir les moyens, donc je travaille. Ce n’est déjà pas dans ma  nature de solliciter, mais si en plus je le faisais en sachant pertinemment que je n’ai pas assez travaillé, alors là, non.


Il y a des danseurs qui se sentent très bien dans le corps de ballet. Vous, vous aspirez visiblement à autre chose. Qu’est ce qui se passerait si vous deviez rester dans le corps de ballet ?
J’ai actuellement pour objectif de monter sujet. Je pense que je n’ai pas assez dansé de pas de trois ou de quatre, des choses où on est quand même mis en avant…Je n’en n’ai pas assez « mangé » pour me sentir prêt à interpréter des rôles de soliste…Par contre, les rôles de sujet, il faut que je les travaille maintenant.


Vous avez prononcé les mots « mis en avant »…C’est ça qui pousse un danseur à tenir ?
C’est vrai que faire des choses intéressantes, ça motive. Travailler en cours est indispensable, mais rien ne remplace l’expérience de la scène. C’est là où l’on doit être.


On ressent quoi, sur scène ?
On peut ressentir des choses complètement différentes . Par exemple, dans Rubis, c’est très tonique, très énergique, on peut prendre un peu de liberté, plus que dans un ballet purement classique dans ce genre de ballet, il faut sourire, avoir la pêche.. J’ai aussi adoré danser Artifac Suite de W. Forsythe .
Photo de Sébastien MATHE
img077--Medium-.jpgEn revanche, quand on danse, par exemple, la variation de Frollo (Notre  Dame de Paris, Roland Petit) que j’ai interprétée lors du dernier concours, on a affaire à un personnage beaucoup plus complexe, plus sombre. Si on sourit, ça doit être sarcastique ou hautain, rien à voir avec Rubis. J’ai beaucoup aimé danser Frollo parce que c’est quelqu’un de mauvais à l’intérieur, mais qui se contrôle et rien ne doit se voir. En concours, il y a une grande froideur quand on rentre sur scène – c’est normal, on vient pour être jugé - et je me suis servi de cette ambiance. J’ai pris la salle de Garnier pour Notre Dame et le public, pour les fidèles sermonnés par Frollo. Tout cela m’a aidé à rentrer dans le personnage…


Quand arrive la période de Noël où il faut faire la même chose tous les soirs, pendant trois semaines d’affilées, n’y a-t-il pas un moment où la routine s’installe, où çà devient un peu mécanique ?
Cette année, j’étais sur les Ballets Russes mais j’ai fait la série des Casse-Noisette, il y a deux ans. Je venais de monter coryphée, j’avais le concours dans les jambes et j’ai fait plus d’une vingtaine de Casse-Noisette…Je faisais les patineurs, les chevaux-jupon, le cauchemar, la danse russe, j’enchaînais avec la valse et la coda de la valse. J’avais très mal aux mollets et pour le concours, je m’entraînais le matin sur la variation de Siegfrid (Lac des Cygnes), c’est une variation lente qui demande pas mal de contrôle et il ne faut surtout pas montrer qu’on a des déséquilibres, tout est dans la retenue et les descentes de pied…En sortant de spectacle, il m’est arrivé de boiter tellement j’avais mal. Parfois, on lutte juste pour tenir debout, on se raccroche à la musique… Dès que je le pouvais, je fonçais chez un médecin faire de la mésothérapie. Il y avait très, très peu de repos, j’avais mal mais bon, il fallait que je le fasse.


Tout à l’heure, vous disiez que la carrière était courte. Vous avez eu la précaution de passer votre bac pour vous ménager une porte de sortie…Vous pensez déjà à la reconversion ?
Oui, je sais qu’elle va arriver vite. Mais je profite aussi de la  chance d’être salarié très jeune…A l’Opéra, on a la formation du DE (Diplôme d’Etat) qui permet d’enseigner…


Vous faites déjà des stages, vous aimez enseigner ?
J’aime ça mais ponctuellement. Animer un stage n’a rien à voir avec le suivi d’élèves pendant un an, surtout quand il y a des objectifs à la fin…Cela étant, j’aime enseigner, j’aime transmettre…En stage, il y a des amateurs qui n’ont pas forcément le physique ou les qualités requises mais qui sont là par passion et ça m’intéresse. Alors je fais des recherches d’exercices, je regarde des vidéos de l’Ecole de Danse, je m’inspire de professeurs comme Christiane Vaussard, j’ai eu la chance, je dis bien la chance de l’avoir comme professeur…
En fait, j’aimerais beaucoup reprendre des études…D’abord, passer le CA (Certificat d’Aptitude) mais il faut des horaires aménagés pour cela…Je le passerai sûrement mais pas avant une dizaine d’années.
Sinon, il y a quelque chose de nouveau qui m’intéresse beaucoup, c’est un partenariat entre l’Opéra et Sciences-Po Paris.  Sébastien Bertaud le suit, d’ailleurs. Il y a des cours d’économie – mon père enseigne cette matière-, d’anglais, de culture générale…S’il y a une nouvelle session, je me porterai candidat dans trois, quatre ans…


Quels sont vos projets immédiats ? La Dame aux Camélias ?
Oui, c’est la quatrième fois qu’on le reprend et j’ai eu la chance d’y participer à chaque fois. Cette année, je suis dans le bal rouge et j’ai un costume médiéval ! Je ferai aussi la campagne, en alternance et le bal de la fin. Et je pars au Japon pour la tournée, on dansera Giselle et Cendrillon…Là aussi, j’ai eu la chance de toujours participer aux tournées et j’adore ! On est reçu dans des conditions très agréables et puis c’est bien de voyager, d’aller aussi loin…


Quelle image a l’Opéra de Paris  à l’étranger ?
Très prestigieuse. En France, il y a peu de monde à la sortie des artistes, mais à l’étranger, les gens savent très bien qu’on ne reviendra pas tout de suite…On est magnifiquement reçu, ça m’étonne toujours…Les gens sont chaleureux…Et puis, qu’est ce qu’on connaît de l’Opéra de Paris à l’étranger, hé bien c’est le Ballet.

Mille mercis à Cyril Mitilian pour sa disponibilité et sa spontanéité. Un petit coup d'oeil sur son sac de danse, très rempli!
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