Le souhait de l’historien israélien Shlomo Sand que la nationalité dans son pays ne soit plus basée sur des critères ethniques (liés essentiellement à l’origine de la mère), mais sur le fait d’être un citoyen de ce pays, prend tout son sens avec ce film de guerre récompensé du Lion d’Or au Festival de Berlin, qui raconte l’enfermement d’une troupe de soldats dans un tank pendant la première guerre du Liban, en 1982.
Le dispositif consistant à tout filmer depuis le tank (sauf le magnifique plan de la photo) est un peu artificiel, comme tous les principes de mise en scène didactiques (filmer en un seul plan séquence, entièrement en caméra subjective, etc.). Il a toutefois le mérite d’annoncer clairement les intentions du cinéaste : présenter son pays comme un bunker de ferraille, puissant technologiquement, mais affaibli par sa petite taille, son environnement hostile et sa paranoïa.
On y voit donc les Israéliens alliés aux chrétiens libanais contre les Syriens alliés pour faire vite aux musulmans libanais, et au milieu les civils chrétiens et musulmans du pays du Cèdre qui prennent des coups de chaque partie du conflit. Les passionnés du Moyen-Orient qui observent avec tristesse le durcissement des relations entre Israël et ses voisins ne trouveront pas de réponse dans le film de Maoz. Ils se contenteront de reconnaître une nouvelle voix parmi celles qui s’élèvent en Israël contre la guerre récurrente que se livrent les enfants de la Méditerranée et des trois grandes religions monothéistes.








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