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La grande arnaque du “coaching littéraire”

Publié le 08 février 2010 par Lise Marie Jaillant

Coaching littéraire et café

 

“La France adoptera-t-elle le coaching littéraire ?” se demandait Le Monde il y a quelques mois. Malheureusement, c’est déjà fait ! Jetez un coup d’oeil à l’interview de Capucine Roche dans le Buzz littéraire. L’entretien est construit en deux parties: 1) Un exposé (complètement bidon) des règles du milieu de l’édition par une “professionnelle” 2) La dite “professionnelle” vous propose ensuite ses services pour améliorer votre manuscrit. Bah voyons !

 

1. Capucine Roche est lectrice dans une grande maison d’édition que le Buzz refuse de nommer pour “raison de confidentialité”. Je suppose qu’il s’agit d’Albin Michel, car le brave wannabe “peut se rendre sur internet et suivre en direct le parcours (sic) de son livre grâce à son numéro de manuscrit”. Il n’y a qu’Albin pour oser un système aussi bureaucratique et hypocrite.

 

La sélection des manuscrits est présentée comme parfaitement méritocratique, sur le modèle du concours républicain :

 

“Je lis autant de manuscrits arrivés par la poste, que d’auteurs maison ou arrivés par le biais d’une connaissance en interne. Tous sont mélangés et numérotés par la responsable du bureau, qui est la seule à savoir à qui ils correspondent. Et pour cause : il peut arriver que certains manuscrits portent le nom de l’auteur ou restent anonymes.”

 

Le problème, c’est que Capucine Roche se contredit quelques lignes plus loin en parlant des lettres de présentation :

 

“Il est recommandé et indispensable d’accompagner son manuscrit d’une lettre de présentation. Ça n’influence pas le lecteur bien évidemment mais si elle est bien tournée cela peut lui mettre l’eau à la bouche... De quoi faire pencher la balance du bon côté.”

 

Il faudrait savoir ! Soit le manuscrit est lu anonymement par le lecteur, soit il est lu avec la lettre de présentation (qui comprend bien sûr le nom de l’auteur). C’est un peu comme si vous disiez aux candidats au bac: laissez un petit mot de présentation à l’examinateur, ça pourrait l’inciter à être sympa !

 

Bien sûr, tout ce discours méritocratique est bidon. Ce n’est pas un hasard si Capucine Roche a co-écrit le fameux guide Lire “Comment se faire éditer”.

 

Comme l’écrit Marco dans les commentaires de ce billet: le “déplorable "Guide de l'écrivain" des comiques de "Lire" [est] une des innombrables voix officielles qui enfoncent dans le crâne des wannabes (là le terme wannabes est vraiment adapté: le guide leur est explicitement destiné) qu'il faut surtout soigner la sobriété de la lettre de présentation, l'orthographe, le double interligne (lol) etc. comme si tout ça se jouait sur le travail (formel de préférence) de l'honnête cracheur de manuscrits, et puis la patience, avec des belles formules comme "sachez attendre votre heure", et des magazines qui nous présentent régulièrement de jeunes prodiges en omettant quelques détails, omissions qui permettent au lecteur enthousiaste de magazines de se répéter: "eh! pourquoi pas moi?".”

 

2. Si vous n’êtes pas édité, c’est que vous écrivez mal. Heureusement, Capucine Roche est là pour vous aider ! Moyennant finance, elle propose: “des conseils pour bien présenter leur manuscrit ; une aide pour rédiger leur lettre de présentation ; les coordonnées et les contacts des maisons d’éditions susceptibles d’être intéressées par leur roman ; une liste des organismes qui peuvent leur prêter main forte (exemples : ateliers d’écriture, agents…) ; des conseils de lecture ; les démarches à suivre pour protéger leur manuscrit et enfin une correction orthographique et syntaxique de leur manuscrit.”

 

Une correction orthographique et synthaxique ? Une liste d’ateliers d’écriture ? Mais n’importe qui avec un traitement de texte et une connection internet peut faire ça ! Au fond, Capucine Roche vend une pseudo-expertise du milieu de l’édition à des wannabes naïfs. Sauf que son expertise ne vaut rien. Elle ne vous dira pas comment avoir une chance de vous faire éditer (muscler votre réseau, coller des auteurs publiés, traîner dans les soirées). Elle propose du rêve à des pauvres wannabes qui croient dans l’égalité des chances.

 

Au fond, mon blog propose un service gratuit d’informations sur le milieu de l’édition. Avant, les wannabes devaient se contenter du bourrage de crâne officiel colporté par le Guide Lire. La pauvre Capucine Roche arrive cinq ans trop tard, et j’ose espérer que peu de victimes tomberont dans le panneau du “coaching littéraire”…

 

Sce de l’image

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LES COMMENTAIRES (4)

Par roxanne
posté le 26 mars à 17:24
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que pensez vous des maisons d'éditions dites participatives? qualité des publications, promotion et distribution... je doute de tout ce servie! si quelqu'un à une expérience à partager?

Par Emilie
posté le 18 février à 22:37
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Je viens de voir votre blog et j'adore. Les articles sont pertinents, notemment celui du coach en écriture. Il faut savoir qu'il existe des associations de lecteurs qui se feront un plaisir de vous aider.

Par kilam
posté le 08 juillet à 16:03
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j'ai également contacté Katia joffo, le coaching littéraire pour un montant de 980 euros. Au bout d'une semaine, elle m'a demandé une rallonge pour le corrigé (vous comprenez, un livre qui fait 250 pages, nous nous y attendions pas ??!!). au bout de 2000 euros (je sais je suis naïf, 200€ par-ci, 300€ par là, encore 300€, les derniers, je vous assure, ce serait dommage..) elle m'a envoyé par mail une liste d'éditeurs qu'on peut trouver en 15mn sur Internet et débrouille toi...Ah si elle m'a également proposé d'aller chez les Editions Normant, près de 10.000 euros pour se faire éditer !!!!!!

Par ida
posté le 01 juillet à 01:47
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bravo pour votre blog il faut aussi y indiquer les "positifs"

deux de mes amis , et j en ai beaucoup qui ecrivent , m ' ont fait part de leur satisfaction du service de coaching litteraire de KATIA JOFFO ( là c 'est serieux ! ) je les cite : « Remettre le fruit de 10 ans de réflexion et de plus d’un an d’écriture à quelqu’un n’est pas chose facile. Je sais aussi que je n’ai pas les compétences ni le carnet d’adresses pour porter mon projet à terme, c’est un autre métier. Je suis tombé il y a deux ans sur un article du « Monde » présentant le principe du coach littéraire. J’ai déjà investi beaucoup de temps et d’énergie. Alors oui, pourquoi ne pas pousser l’investissement plus loin pour mettre toutes les chances de mon côté. Cet article, mais aussi Internet et ses forums m’ont inspiré confiance. J’ai rencontré hier Madame JOFFO pour la remise de ma « fiche de lecture ». Son sérieux, son implication et sa connaissance du monde de l’édition m’ont rassuré. Toutes les observations étaient justes. Les préconisations également. J’espère maintenant que mon rêve d’être édité par une belle maison va devenir réalité. Patience… et la suite au prochain numéro !!!… » Nicolas Merville

et « Katia JOFFO m’a permis de réaliser un de mes rêves- celui que mon père WILLY ROZIER n’avait pas eu le temps de concrétiser – faire éditer le livre d’une partie de sa vie de Cinéaste intitulé « OBJECTIF AFRICA » aux Editions NORMANT.

Ensuite l’enchaînement fut rapide : création du site www.willyrozier-and-co.com, création de la Galerie ROZIER et Cie (90, rue de Grenelle 75007 PARIS) où l’on parle Cinéma et où l’on expose des Peintres (actuellement OLIVIER CASAS peintre et cinéaste)et des photographes ayant tous un lien avec le 7ème art. Bravo KATIA, sans ton influx, ta persuasion, tes contacts dans l’édition, tout ceci n’aurait peut-être pas vu le jour. Catherine ROZIER »

donc voir : http://www.coachinglitteraire.com . Extraits de l’article paru dans Le Monde le vendredi 13 novembre, article de Florence Noiville. La France adoptera t’elle le coaching littéraire. ? "Vous écrivez, nous vous accompagnons jusqu'à la publication de votre manuscrit, nous vous trouvons le bon éditeur", Katia Joffo, l'une des pionnières en France du coaching littéraire. Il y a quelques années, Katia Joffo - nièce de Joseph, l'auteur d'Un sac de billes - a créé son entreprise. "Auparavant, je travaillais dans un journal, au sein d'une régie où je dirigeais la publicité littéraire, raconte-t-elle. J'étais sans cesse sollicitée par mon entourage professionnel ou amical pour des conseils de publication. nous ne présentons que les textes qui ont leur chance. Si ça vaut le coup, on se lance dans la recherche de l'éditeur. Cela peut prendre trois mois ou trois ans."

cordialement ida

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Lise Marie Jaillant
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