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Interview : Her Space Holiday

Publié le 19 septembre 2007 par Laurent Gilot @metalincmag
Texte : Laurent Gilot
Photo : DR
L'auteur de Her Space Holiday, Marc Bianchi, a un passé agité de skateur hardcore tatoué. En revanche, aujourd'hui, l'Américain confectionne de délicates pop-songs électroniques et acoustiques. Pour son nouvel opus, "The Past Presents The Future", il a laissé derrière lui la folie de la mégalopole d'Austin pour enregistrer au pied des montagnes, près de San Francisco. Explications.
Quels sont les évènements qui ont ponctué la sortie de ton précédent opus "The Young Machines" ?

Marc Bianchi : Suite à la réalisation de ce dernier album, nous avons tourné en Europe, aux Etats-Unis et au Japon. Nous étions un trio : un batteur, un bassiste et moi qui assurais les parties de synthé et de guitare. Puis j'ai quitté Austin pour revenir vivre à San Francisco. Pour Her Space Holiday, il y a eu plus de progression ces deux dernières années qu'au cours des huit précédant la sortie de "The Young Machines" en janvier 2004. Aujourd'hui, je me sens aussi excité que lorsque j'ai commencé à me concentrer sur ce projet. L'année dernière a donc été assez chargée pour moi.
Quelles ont été les diverses réactions suscitées par "The Young Machines" ?

M.B. : C'était un grand pas en avant comparé aux précédentes réalisations de Her Space Holiday. C'était presque comme un premier disque car beaucoup de gens ont eu accès à mon travail pour la première fois. En concert, je voyais des fans qui connaissaient les paroles de mes chansons par cœur, c'était vraiment très sympa. Puis, en tournée, les choses ont été cette fois-ci plus intenses, plus excitantes car, auparavant, Her Space Holiday ne concernait que moi et ma copine de l'époque. C'était différent et cette nouvelle expérience était vraiment enrichissante.
Peux-tu nous en dire plus sur la reprise d'un de tes morceaux, "My Boy Friend's Girlfriend", par la chanteuse pop polonaise Monika Brodka ?

M.B. : C'est une histoire très étrange. En fait, un matin, j'ai reçu un mail d'un de mes fans en Pologne qui me disait qu'il avait entendu une reprise de moi par cette chanteuse. Il était en train d'attendre le bus et deux gamines écoutaient la chanson dans leur walkman. Je ne savais pas que ma maison de disques en Angleterre, Wichita, avait accordé les droits pour cette reprise. Il croyait que Monika n'était pas du tout connue. En fait, cette fille était l'une des gagnantes de la version polonaise d'"A la recherche de la nouvelle star". Le plus drôle c'est que le morceau est devenu un gros tube là-bas et elle a même gagné un Grammy Award.
Comment s'est déroulé l'enregistrement de ton nouvel album "The Past Presents The Future" ?

M.B. : En réalité, la version présente sur l'album est la seconde qui a été enregistrée. La première avait été conçue à Austin à un moment où je n'arrêtais pas de sortir, de faire la fête… Ce n'était pas très bon pour moi, je ne me ménageais pas. J'ai alors pris conscience du fait que je devais me calmer un peu. Je suis revenu vivre à San Francisco au milieu de nulle part, dans une maison située à deux heures de la ville, au pied des montagnes. C'est une demeure où j'ai passé du temps plus jeune, ma grand-mère l'avait achetée pour faire un placement. C'est très dur de vivre dans cet endroit car il y fait assez froid. Pendant 2 mois et demi, je me suis concentré sur l'enregistrement de ce disque en reprenant tout mon travail à zéro.
Comment as-tu vécu dans ces conditions si particulières ? T'es-tu fait un trip à la "Shinning" ?

M.B. : Je crois que j'ai réussi à éviter de devenir fou (rires). C'était étrange car un couple avait vécu dans cette maison et la femme était décédée là. J'avais parfois l'impression que le lieu était hanté, qu'il se passait des drôles de choses une fois la nuit tombée… Les seuls amis que j'avais se trouvaient à 3 heures de cet endroit. En fait, je ne retravaillerai plus dans ces conditions, mais c'était un bon moyen de me concentrer sur ma musique, de réfléchir à ce que je voulais vraiment faire. C'était important à ce moment-là de ma vie.
Quelle est pour toi la signification du titre de ce quatrième album ?

M.B. : Avec le recul, je me rends compte que "The Young Machines" était plutôt un album sombre, en particulier au niveau des thèmes abordés dans les textes. Tu ne peux pas tout contrôler dans ta vie mais 90% de ce qui se passe est dû à tes actes, à la façon dont tu réagis émotionnellement face aux circonstances. Le titre "The Past Presents The Future" illustre la façon dont on vit et les choix que l'on fait qui nous conduisent automatiquement à certaines situations. C'est un peu le concept de l'ensemble de ce disque.
Personnellement et musicalement, on a l'impression que c'est comme un nouveau départ pour toi ?

M.B. : Oui, tout à fait. C'est la première fois que je n'ai plus de petite amie depuis l'âge de 18 ans. C'était très bien d'apprendre à vivre seul au cours de ces derniers mois. Un titre évoque d'ailleurs cette expérience : "Self Helpless". Avec ce disque, c'était la première fois que j'essayais d'écrire des chansons qui parlent de mes expériences mais à travers différents personnages afin que cela ait une portée un peu plus universelle. Et puis, je ne veux en aucun cas adopter un point de vue trop "américano-centriste" sur les choses car je me rends compte du mal que peut parfois faire mon pays dans le monde ou chez lui, comme ce fut le cas avec la catastrophe de l'ouragan Katrina. C'est en quelque sorte le sujet d'un titre comme "A Match Made InTexas". Ce n'est pas impossible que dans quelque temps, il y ait une révolte sociale aux Etats-Unis car l'écart entre les riches et les pauvres se creuse de plus en plus. Mais, j'espère que cela va évoluer d'une manière positive.
Her Space Holiday "The Past Presents The Future" (Wichita/V2)

www.herspaceholiday.com

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