Magazine Culture

Barbe-Bleue et la maison dans la forêt s’est allumée

Publié le 18 février 2010 par Epicure

L’an dernier la troupe toute féminine, Les Écornifleuses, se lançait avec succès dans l’adaptation de Cinq filles avec la même robe, texte de M. Six Feet Under, Alan Ball. Cette année, elles ont troqué les robes à froufrous pour un univers digne d’un film d’horeur, une histoire très librement inspirée de la légende de Barbe-Bleue.

Pas moins de 11 comédiens sur scène, pour ce récit qui commence presque comme un digne successeur des Friday the 13th et autres Freddy. Une gang d’amis qui se loue une maison pendant une semaine, sur une île qu’ils croient d’abord déserte. La comparaison s’arrête là, car on ne se retrouve pas du tout dans ce genre de scénario convenu où tous les membres du groupe meurent dans des circonstances douteuses, jusqu’à ce qu’il ne reste qu’un seul survivant. Non, on ne joue pas dans ces eaux-là. Pendant les presque 2 heures que dure la pièce, le public a plutôt droit aux témoignages de ces gens qui ont vécu un drame sur cette île maudite sur laquelle hurlent les coyotes. On alterne entre leurs échanges parfois rigolos et des moments troublants qui font monter le niveau de stress, le leur comme le nôtre. Graduellement on nous raconte ce qui s’est passé, quel est (quels sont?) le(s) drame(s) qui les hante(nt).

J’esquive consciemment les détails, pour éviter de vendre des punchs qui risquent d’émousser le plaisir de la découverte des différents degrés de cette pièce. Le texte d’Edith Patenaude, l’une des Écornifleuses qu’on retrouve aussi sur scène, nous tient en haleine et réussit à flirter en douceur avec l’humour et le drame. Malgré un soir de première, les dialogues sortaient de la bouche des comédiens comme s’ils disaient leurs propres mots, racontaient une histoire qu’ils avaient réellement vécue. Chapeau, surtout qu’ils évoluent pendant toute la pièce dans un environnement assez déconcertant, la scène étant recouverte de terre sur laquelle ils marchent, s’assoient, se couchent…

Un bémol, qui n’a cependant pas altéré mon plaisir, l’intrigue aurait bénéficié d’un peu plus de clarté. La fin de l’histoire me semble légèrement précipité et certaines subtilités du récit m’ont échappées. Je suis sortie de la salle vaguement confuse et une bonne âme a dû éclairer ma lanterne avec quelques précisions. Allez voir la pièce, on s’en reparlera! C’est à l’affiche à Premier Acte jusqu’au 6 mars.


Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Epicure 750 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Magazine