Depuis que je tiens un blog (quatre ans, quand même !), je n’ai pas encore vu un seul wannabe-blogueur se faire éditer par une grande maison parisienne.
Si votre critère de réussite est la publication-à-tout-prix-même-dans-une-maison-pas-terrible, je suppose que Dahlia a réussi. Pourtant son roman “Adore”, publié chez Léo Scheer en mai 2009, s’est écoulé à seulement 126 exemplaires (Source: Edistat). Peut-être que son livre est un torchon, mais peut-être aussi qu’une maison comme Léo Scheer ne se bat pas assez pour promouvoir ses auteurs. Je prends l’exemple de L.S., mais je pourrais en choisir bien d’autres.
Il y a plusieurs façon d’analyser cet échec des écrivains issus du web (et bien sûr, je m’inclus dans ce groupe):
- Nous écrivons tous mal et nous sommes des frustrés de la vie. Les éditeurs n’ont donc pas envie de publier de tels losers.
- L’échec n’est qu’une mauvaise passe. Il suffit de s’accrocher, de faire des sourires aux éditeurs lors du salon du livre, et de bachoter son guide Lire en écoutant des podcasts de yoga (histoire de ne pas arracher les feuilles avec les dents dans un accès de fureur).
- Les maisons d’édition les plus prestigieuses sont tout simplement hors d’atteinte pour un débutant hors-milieu.
Bien sûr, c’est la troisième solution qui est la bonne. Prenons mon cas. J’ai fait des bonnes études, en passant par la case Sciences-Po (comme Frédéric Beigbeder, Yann Moix, et pleins d’autres). J’avais donc théoriquement un doigt de pied dans le milieu. Or il se trouve que mon départ à l’étranger a coincidé avec mon “entrée en littérature”. Je savais bien sûr que le champ littéraire était très compétitif. Ce que je ne savais pas, c’est que la compétition se fait non pas sur le texte, mais sur les contacts.
Or pour se faire des contacts, le web ne suffit pas. Bien sûr, vous pouvez envoyer des emails à Philippe Jaenada et consorts, qui se feront un plaisir de vous répondre (ils n’ont pas beaucoup de lecteurs, ni d’occasion d’épater les foules). Mais le copinage est d’abord affaire de face à face. Des amis qu’on ne voit jamais ne sont plus vraiment des amis, même si on garde le contact par email. Bref, les écrivains du web passent trop de temps derrière leur ordinateur, et pas assez dans les soirées littéraires. Pas étonnant qu’aucun éditeur ne veuille les publier…









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