DES TRAINS RARES...DES VOYAGEURS MECONTENTS... EN FRANCE ET EN ALLEMAGNE: HASARDS DES CALENDRIER SOCIAUX: Manque de reconnaissance de la « pénibilité » du travail (par l’opinion et les gouvernements), inquiétudes devant des privatisations à venir, malaise né d’une mutation technologique et commerciale qui remet en cause des avantages « acquis » et des héritage sociaux nés à une autre époque…
Des points communs, oui. Mais des motivations différentes : un régime de retraite coté français ; une augmentation salariale (de 31% !) du coté allemand. Une attaque frontale du gouvernement, coté français ; un désaccord dans des négociations salariales non liées directement à la politique de la Chancellerie de l’autre. Unis dans leurs diversités les hommes du rail des deux cotés du Rhin !
A l’occasion de ce double conflit qui paralyse en partie les deux pays, L’EXPANSION Fait le point sur la situation comparée de la SNCF et de la DB. Intéressant.
SUR L’EXPANSION : « Toutes deux confrontées à de fortes restructurations, la SNCF et la Deutsche Bahn ont nettement amélioré leurs performances financières ces dernières années. Cependant, la Deutsche Bahn, qui a démarré sa restructuration au milieu des années 90, semble avoir pris une longueur d’avance. Alors que les deux entreprises annoncent des résultats « historiques », la DB a réalisé un bénéfice d’exploitation de 2,5 milliards d’euros en 2006 contre 1 milliard d’euros pour la SNCF, dont les bénéfices sont plombés par la branche fret.
Les Allemands ont misé plus tôt sur une restructuration drastique de leur activité logistique. Il est vrai aussi que la DB bénéficie d’un positionnement géographique idéal en Europe ainsi que d’une économie fortement exportatrice.
En 2006, Railion, la branche fret de la DB a réalisé 200 millions € de bénéfices contre un déficit de 260 millions € pour le fret SNCF. De même, en volume passager, la DB reste en tête avec 1,8 milliard de personnes transportées en 2006 contre 1 milliard pour la SNCF.
En revanche, l’activité grande vitesse est meilleure côté français qui dispose d’une flotte de TGV (430) trois fois supérieure à la flotte d’ICE de la DB, ceci, avec un taux de remplissage des rames de 75% pour les français contre 50% pour les Allemands. Le dernier bon point revient enfin à la SNCF pour son endettement qui n’est plus « que » de 5 milliards d’euros contre 23 milliards pour la Deutsche Bahn.
Autre différence, alors que les salariés français défendent des acquis, les salariés allemands se battent pour améliorer leur situation. Aussi difficile que puisse être la comparaison des conditions de travail, il semble que les français possèdent un net avantage. L’âge légal de départ en retraite du conducteur allemand est 67 ans contre 50 ans en France.
De même, le salaire de base net des conducteurs français (entre 1300 et 2100 euros) est supérieur à celui des conducteurs allemands (1300-1600 euros), d’autant que les premiers touchent une prime au kilomètre parcouru qui permet de majorer fortement leur rémunération. Outre Rhin, la prime mensuelle maximale est de 300 euros.
Enfin, les acteurs et le périmètre des deux mouvements diffèrent eux aussi.
En France, c’est une union de plusieurs syndicats représentant des différents personnels de la SNCF, qui lutte de manière plus ou moins unie pour une même revendication.
En Allemagne, c’est un petit syndicat catégoriel (GDL) qui fédère 80% des membres d’un corps de métier disposant d’un rôle stratégique, qui bloque l’ensemble de l’entreprise. Le GDL lutte pour obtenir une augmentation salariale plus forte pour ses membres que pour les autres personnels ainsi qu’un accord collectif bien à lui. Il n’y a donc aucun consensus au sein des 230.000 salariés de la Deutsche Bahn. »





48
Ajouter un commentaire