Regard brouillé de larmes de ma mère. Voudrait tant que son petit plus si petit retrouve un travail. Vole de nouveau de ses propres ailes. Et revienne à la maison par choix, non par nécessité. Propose l’été finissant d’aller cueillir les mûres pour en faire de la confiture. Le téléphone sonne. « Ca n’est pas vous qui êtes passée devant ma maison, par hasard ? » lui demande la vieille d’à côté, prêchant le faux pour savoir le vrai. Qui donc a foulé le gravillon de son perron ? J’emprunte régulièrement l’étroit chemin qui longe la maison de la vieille. Je ne veux pas lui parler. Ne veux pas lui livrer le moindre élément qui lui permette de comprendre le pourquoi du comment. Ma mère la renvoie gentiment dans ses buts et raccroche le combiné. Les jumelles pendues au cou de la vieille ne lui diront pas quelles mouches m’ont piqué. Pourquoi je me suis cassé la binette. Yeux rieurs de mon père : quand ma mère, voulant chasser la chatte de sa planque, déboule criarde et moulinant des bras, j’ouvre la baie vitrée et me campe sur le seuil. Sans mot dire. Cela suffit à déloger la chatte qui scrutait avec gourmandise chardonnerets et mésanges, verdiers et pinsons. Les braises dormantes rougeoient et la belote reprend son cours.
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Publié le 03 mars 2010 par DesfraisesRegard brouillé de larmes de ma mère. Voudrait tant que son petit plus si petit retrouve un travail. Vole de nouveau de ses propres ailes. Et revienne à la maison par choix, non par nécessité. Propose l’été finissant d’aller cueillir les mûres pour en faire de la confiture. Le téléphone sonne. « Ca n’est pas vous qui êtes passée devant ma maison, par hasard ? » lui demande la vieille d’à côté, prêchant le faux pour savoir le vrai. Qui donc a foulé le gravillon de son perron ? J’emprunte régulièrement l’étroit chemin qui longe la maison de la vieille. Je ne veux pas lui parler. Ne veux pas lui livrer le moindre élément qui lui permette de comprendre le pourquoi du comment. Ma mère la renvoie gentiment dans ses buts et raccroche le combiné. Les jumelles pendues au cou de la vieille ne lui diront pas quelles mouches m’ont piqué. Pourquoi je me suis cassé la binette. Yeux rieurs de mon père : quand ma mère, voulant chasser la chatte de sa planque, déboule criarde et moulinant des bras, j’ouvre la baie vitrée et me campe sur le seuil. Sans mot dire. Cela suffit à déloger la chatte qui scrutait avec gourmandise chardonnerets et mésanges, verdiers et pinsons. Les braises dormantes rougeoient et la belote reprend son cours.
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