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Notre restaurant Sushi préféré va fermer...

Publié le 27 septembre 2008 par Francois Baligant

Deux fois par semaine en moyenne. Il faut dire que, ayant décidé de surveiller un peu plus ce que l'on mange, les sushis et les makis étaient un repas, qui en plus d'être bon, était tout simplement bon.

Notre fournisseur, qui dis-je notre dealer de Sushi, était Genki Maki, rue de la convention dans le XVième, au coin avec la rue des bergers.

Maitre Sushi me manquera, lui qui manie le long couteau effilé d'une manière stupéfiante pour découper de longs puis de petits morceaux de poisson frais.

Et oui il me manquera parce que Maitre Sushi a un gros problème: il a décidé de faire des choses bonnes, pleine de goûts, avec du frais et surtout faite à la main minute dans le respect de la tradition du sushi et du maki. Et çà, ça coûte forcément plus cher que de commander des sushis tout fait à une de ces énormes usines à Sushi dans les banlieues de Paris.

Maitre Sushi et son fils étaient triste en me l'annonçant dans un euphémisme qui en dit long sur leur constat d'échec: "On ne va pas réouvrir". Pas assez de clientèle ou une clientèle qui se plaint que "c'est trop cher".

2 Sushi Shake (saumon) pour 3,50€, 6 Maki Tekka  pour 4€. "Trop cher", on lui a dit.

Pourtant, des autres "restaurants" à Sushi on a pu en essayer. En livraison, sur place, le constat est facile: si c'est moins cher c'est vrai mais c'est absolument infect. C'est sec, c'est pas frais et j'en passe. Mais ces restaurant là qui font, je m'excuse un instant, de la merde, visiblement n'ont aucun problème de survie.

Par extension, parce que c'est le même problème, mes visites au Fanprix du coin m'ammène à un autre constat: il y a de plus en plus de produits 1er prix dans les rayons et le reste disparait. J'y ai croisé une dame, la trentaine, qui expliquait à sa fille "c'est moins cher et en plus c'est BON!". A quel niveau de dégénérescence gustative faut-il en être arrivé pour trouver les produits LeaderPrice aussi bon que les marques normales ? Combien de produits de l'industrie agroalimentaire de masse faut-il avaler par jour pour ne plus se rendre compte que ce qu'on achète n'a plus aucun goût ?

"Mais mon bon Monsieur, c'est à cause du pouvoir d'achat, on est obligé de manger de la merde!". Oui, je n'en doute pas un instant, c'est aussi ce que je me dis quand je me fais littéralement piétiner à la FNAC ou dans les rues commercantes le samedi: Les problèmes de pouvoir d'achat sont tellement flagrants.

Alors, je n'attends rien de spécial de votre part si ce n'est que la prochaine fois que vous mettrez 1€ de moins pour acheter un sous-produit fabriqué en Chine avec du lait frelaté à la mélamine pour recharcher votre forfait mobile, je voudrais que vous ayez une pensée pour Maitre Sushi qui fait ses bagages après avoir compris que la bonne cuisine en France, c'était fini


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