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Ce soir j’ovule

Publié le 15 mars 2010 par Théâtrorama

Clara, jeune femme moderne bien dans ses baskets, a tout pour être heureuse. Belle, intelligente, un travail épanouissant, un mari qu’elle aime… Ne lui manque plus qu’un enfant.
Ils essayent. En vain.

Obnubilée par cette idée, elle passe ses journées chez les gynécologues et autres spécialistes. Chaque mois, nouvelle attente, nouvel espoir et nouvelle déception. Au début, on se dit que ça finira bien par marcher. Oui, mais le temps passe. Cela fait 9 mois que Clara et Marc y travaillent. Et toujours rien. S’ensuit alors le parcours du combattant, rendez-vous chez les gynécologues et autres spécialistes, prescription de médicaments à n’en plus finir, horaires précis pour « concevoir », puis rester une demi-heure les jambes en l’air… Et tout le monde d’y aller de son conseil : une amie lui dit de manger bio, l’autre lui dit que faire l’amour tous les jours n’est pas bon et cette autre qui lui dit : « Mais cet enfant tu le veux vraiment ? » Et puis un jour tous les symptômes sont là : les seins gonflés, les nausées, quelques kilos en trop, la peau du ventre qui tire : « ça y est je suis enceinte j’en suis sûre » se dit-elle ou serait-ce juste la conséquence de la prise d’hormones ?

Ce soir j’ovule

© Nathalie Mazéas

 

Une comédienne au jeu pétillant
La comédienne, Catherine Marchal, est pétillante et pleine d’énergie pour jouer cette femme qui se bat contre son propre corps. De plus, elle interprète toute une galerie de personnages comme le gynéco, la meilleure amie, ou l’autre enceinte pour la 4e fois… tous plus vrais que nature ! A première vue, il n’est pas facile de parler d’un sujet aussi grave, mais la comédienne s’en sort haut la main avec une légèreté déconcertante. Le pari est gagné. Catherine Marchal nous fait rire, nous émeut sans jamais tomber dans le pathos. Car là aurait pu être le danger qu’elle appuie sur le côté dramatique de la situation. Mais que nenni. Elle n’en fait jamais trop. Un passage magnifique dans la pièce, où, face au public, elle se livre à une confession, et, l’on peut voir sa faille montrée avec beaucoup de pudeur. Cette pièce c’est également un cri de douleur quand elle ne cesse de répéter : « Mon corps m’appartient, j’en fais ce que je veux ! » à son gynécologue atterré.

Le décor est planté : un appartement parisien, à la décoration épurée et au blanc qui domine. Mais on est interpellé par les murs : ils sont recouverts de carrelage blanc, et cela nous fait penser à l’ambiance froide et impersonnelle d’un cabinet médical. Le fauteuil du salon se transforme même en table d’examen avec ses étriers. Et l’on comprend au fil de la pièce, que le monde médical, non seulement envahit son corps et sa tête mais aussi son espace de vie. Sa vie toute entière y est consacrée.

INFORMATIONS & DETAILS» Ce soir j’ovule (site web)
De Carlotta Clerici
Mise en scène de Nadine Trintignant
Avec Catherine Marchal
Du mardi au samedi à 19H30
Théâtre des Mathurins
36 rue des Mathurins, 75008
Réservations : 01 42 65 90 00

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