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Regarde, meurs, souviens-toi

Publié le 18 mars 2010 par Théâtrorama

Regarde, meurs, souviens-toiA Ravensbrück, à 80 km de Berlin, camp réservé aux femmes et aux enfants, lorsqu’elles n’étaient pas déportées vers d’autres camps, les prisonnières décédaient par crémation, d’autres d’une balle dans la nuque, d’autres encore par une injection de poison. On pouvait aussi mourir, dans d’atroces souffrances, pour la science, cobayes vaccinés à mort. Mais la plupart du temps, on crevait de sa mort naturelle, c’est-à-dire par privation d’eau et de nourriture, par épuisement et terreur, mauvais traitements, en marches forcées ou dans les usines d’armements du IIIe Reich.

« Regarde, meurs, souviens-toi » est une œuvre constituée par une série de témoignages déchirants tirés des récits de Micheline Maurel et Germaine Tillion, toutes deux déportées au camp de concentration de Ravensbrück.

L’art au secours de l’indicible?
A l’adresse de ceux qui méconnaîtraient toute l’horreur qu’a pu représenter les camps de concentrations et d’exterminations, et il doit encore y en avoir!…Jean-Louis Bachelet propose au Laurette Théâtre, une séance de rattrapage, non facultative, avec « Regarde, meurs et souviens-toi », chronique, sous forme de témoignages, de l’emprisonnement à Ravensbrück, des conditions inhumaines de détention, où entre 1934 et 1945, juives (pour qui l’on constituera un sous-groupe), artistes, anti-sociaux, témoins de Jéhovah, tziganes, 132 000 femmes et enfants venus de tous les pays d’Europe furent internés et pour plus de 90 000 d’entre eux trouvèrent la mort, victimes de la folie nazie.

Lorsque l’on s’empare d’un tel sujet, on peut être amené à penser que le fond l’emporte sur la forme, et qu’en ce sens la pièce est naturellement salutaire: le devoir de mémoire est en effet quelque chose d’incontournable et nul ne peut s’opposer à l’idée que l’art vienne au secours de la mémoire vive, la prolonge pour les générations à venir et qu’ainsi personne ne puisse un jour oublier la folie meurtrière et raciste sans précédant qui s’empara et décima l’Europe au milieu du vingtième siècle.

Néanmoins, on demeure tout aussi en droit de se demander si des artistes mineurs (voir la controverse au sujet du film « La rafle ») ne devraient pas s’interdire de s’attaquer à un tel matériau et que la valeur relative de l’objet artistique ne finisse au contraire par galvauder le sujet traité et nuire aux objectifs que l’œuvre s’était fixée, ce devoir de mémoire, justement, autour duquel chacun s’accorde.

INFORMATIONS & DETAILS» Regarde, meurs, souviens-toi (site web)
Écrit et mis en scène par Jean-Louis Bachelet.
Avec Aurélie Gantner, Aliouchka Binder et Olivia Raclot.
Tous les premiers samedis du mois à 16 heures
Laurette Théâtre
36, rue Bichat,75010 Paris
Réservations : 08 99 15 37 16

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