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:: Une nécessité pour LO : “déborder les appareils syndicaux”

Par Louis

Extrait de ” France - Situation sociale et tactique syndicale” dans la Lutte de classe 108.

“Il nÂ’'y a pas à sÂ’'étonner que les confédérations syndicales, pas plus la CGT que les autres, nÂ’aient pas la préoccupation de mobiliser réellement les travailleurs en faisant en sorte que chaque étape soit un succès et que chaque succès soit un encouragement pour que dÂ’autres contingents de travailleurs rejoignent ceux qui sont déjà en mouvement.

Mais les syndicats, ce ne sont pas seulement les directions des confédérations, ce sont aussi tous les militants qui sont sur le terrain, sensibles à la pression de lÂ’ensemble des travailleurs. Ce sont, aussi, les travailleurs les plus combatifs. Ils ont été en général les premiers à déplorer les tergiversations des directions syndicales. La gravité des coups portés aux travailleurs par le patronat et le gouvernement est en train de convaincre nombre dÂ’entre eux que la politique de négociation prônée par les confédérations, sans rapport de forces, est au mieux inefficace mais, en réalité, nuisible.

CÂ’est leur pression, si elle prend appui sur la combativité des travailleurs, qui peut amener les directions syndicales à aller plus loin quÂ’elles ne le souhaitent. De plus, dans un contexte où il est plus difficile dÂ’agiter la promesse dÂ’un changement électoral car, sÂ’il y a bien les municipales qui préoccupent les états-majors politiques de la gauche réformiste, ceux-ci peuvent difficilement prétendre que même une vague rose aux municipales pourrait changer quoi que ce soit dans la politique menée à lÂ’échelle nationale.

Personne ne peut assurer, pour le moment, que les journées dÂ’action annoncées constituent les premières escarmouches dÂ’une mobilisation allant vers la contre-offensive nécessaire du monde du travail.

Les cheminots, les travailleurs de la RATP, dÂ’EDF et de GDF nÂ’ont en tout cas pas lÂ’air dÂ’être impressionnés par les menaces de Sarkozy qui, de loin, joue les matamores en jurant, de Washington, que les grèves ne lui font pas peur et quÂ’il continuera ses attaques.

Les grands partis réformistes comme le PS et le PCF, pour dissimuler leur propre couardise, présentent Sarkozy comme un pouvoir fort. Mais il nÂ’est quÂ’un exécutant de la volonté du grand patronat, doublé dÂ’un comédien présentant les intérêts des plus riches comme ceux de toute la population. CÂ’est le grand patronat quÂ’il faut faire reculer. La classe ouvrière, lÂ’ensemble des salariés, en a la force. Il faut quÂ’elle ait la détermination de se servir de cette force.

Au moment où nous écrivons, les syndicats, et la CGT en particulier dont le poids est déterminant, semblent, dans bien des secteurs, pousser à lÂ’éclatement du mouvement, gare par gare, catégorie par catégorie, privilégiant en particulier les assemblées générales éclatées plutôt que celles réunissant tous les grévistes. Il y a là la volonté de priver les grévistes du contrôle de leur propre grève.

Heureusement, cependant, que ce ne sont pas seulement les directions syndicales qui comptent dans un mouvement, ni leurs mesquins calculs dÂ’appareils ou leur volonté de « négocier » même lorsque, sous ce vocable, le camp dÂ’en face ne leur offre que le droit de contresigner un diktat ! Bien souvent, dans le passé, la base, les travailleurs ont su déborder les appareils syndicaux et faire en sorte que le mouvement se développe, se renforce et sÂ’amplifie malgré eux. CÂ’est de cette manière que le monde du travail a remporté la plupart de ses combats victorieux. Là est la perspective la plus féconde pour l'Â’avenir.”


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