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Jacques Chirac emporté par la vague des "morales provisoires" ?

Publié le 22 novembre 2007 par Exprimeo
Jacques Chirac se trouve confronté à la tempête judiciaire repoussée par le statut pénal du Président qui caractérise la vie publique Française. La politique du bouc émissaire est probablement le plus gros des scandales car le pire des scandales c'est d'en condamner un seul pour cacher tous les autres. C'est une pratique française trop répandue. Qui pourrait sérieusement défendre que les financements politiques, selon des modalités diverses, pouvaient se réduire dans la France des années 80 à Gérard Longuet, Henri Emmanuelli, Alain Carignon ou Michel Roussin ? Là aussi, cela montrera que la démocratie française est bien malade pour se contenter d'une sanction aussi partielle dans un sujet d'une telle importance. Depuis 1986, la France a été incapable du purger son climat d'affaires qui passait par une "loi du pardon" et la mise en place d'un régime particulièrement sévère pour les nouvelles infractions. La vie politique française est marquée par deux discrédits exceptionnellement forts en ce moment : * le discrédit qui frappe la " parole d'élection ", * le discrédit qui frappe le " personnel politique ". Que cachent ces deux discrédits ? Dans l'actuelle vie politique française, il n'est pas concevable qu'un programme électoral puisse être appliqué. C'est ouvertement le " piège à illusions ". Tant que cet état d'esprit demeurera c'est tout le contrat démocratique qui sera faussé ; d'où les radicalisations et la place des votes pour les extrêmes. Le second discrédit est celui qui frappe les classes dirigeantes françaises. Elles sont perçues comme incapables, épargnées du sort commun et suscitent un besoin de vengeance contre les élites qui atteint des scores sans précédent. Tant que ces deux discrédits demeureront la vie politique française sera très fragile et incertaine. Péguy avait coutume de déclarer " tout est politique aux politiciens. Mais tout est morale aux honnêtes gens ". Les politiciens doivent réintroduire de la morale manifeste. Cette morale c'est celle qui se situe entre moralisation et démoralisation. Il ne s'agit pas de moraliser au prix de déclarations ou d'actes excessifs. Il ne s'agit pas davantage de s'accoutumer à une triste réalité qui génère une démobilisation gravissime. Toute la qualité de la réponse tiendra à son sens de l'équilibre et à sa portée générale pour bien attester qu'une vraie nouvelle page s'ouvre. Sur ce volet, force est de constater que les actuelles réponses sont bien en-dessous des attentes. Il ne s'agit pas de changer de Gouvernement mais de culture de Gouvernement. Il ne s'agit pas de condamner un " corbeau " mais de prévoir les protections et les sanctions face à toute utilisation dévoyée de l'appareil d'Etat. Si ces vrais sujets ne sont pas abordés, il faut se méfier du moment où l'opinion publique voudra condamner " l'escroquerie morale " de tous ces scandales sans vraie solution globale et durable. Là pourrait être le véritable piège dans l'axe de défense de l'ex-Président de la République.

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