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Relents de shoa

Publié le 22 novembre 2007 par Peaudeb

Chaque jour, nous recevons des petitions à signer contre la grève, contre les avantages exhorbitants des salairés de ces EPIC, Etablissements Publics Industriels et commerciaux, qui faisaient notre fierté après guerre. ces EPICS et leurs salariés ont tiré à la fois le progres social pour tous mais aussi généré un immense développement industriel;  Ils avaent inventé une forme de travail en coopérative ou  les profits étaient redistribués sous forme de vacances organisées, de fonds de retraite, alors qu'à l'époque rien de tel n'existait.

Précurseurs, ils ont su réinvestir ces fonds dans leur outils de travail. Solidaires, ils ont su garder le pouvoir sur l'économie de leur travail.

Cette organisation sociale exemplaire a progressivement été émiettée: les fonds de retraite ont ainsi rejoint le régime général, avide de nouvelles réserves; l'outil industriel, dans lequel les fonds de retraite avaient été sagement investis ont été confiés au privé - parfois pour des sommes dérisoires comme la Compagnie Nationale du Rhone. Toujours sous l'impulsion de l'Etat, désireux de remplir ses caisses ou de satisfaire ses groupes industriels financeurs de campagnes...

Fallait-il généraliser le système à tous les salariés ? La contrepartie des salaires bas, des obligations de mobilité géographique et du manque de liberté individuelle imposait l'existence d'autres systèmes économiques et sociaux plus ouverts, capables d'ouvrir à des parcours individuels plutot que collectifs.

Cela donne t-il tord à l'organisation sociale correspondante. Cela rend-t-il ces personnels coupables? Faut-il aujourd'hui les montrer du doigt dans les familes, dans les diners, dans la presse et chaque jour aux journaux télévisés?

Aujourd'hui, on n'ose plus dire " je travaille à EDF, ou la SNCF".. un vent de brassards jaunes et d'exclusion souffle sur la France. On a désigné notre bouc émissaire. Les haines sont canalisées, l'ennemi national désigné. Lorsque les esprits sont bien échauffés, l'histoire, en général, enclenche "une bonne petite guerre" pour aller chercher la gangrène là où elle sévit encore...

Pourtant, les sommes en question n'ont rien de commun avec les montants des stocks options et les salaires des quelques PDG auto proclamés des monstres du CAC40.. et nommés par l'Etat.

Quand on désigne un bouc émissaire, c'est en général qu'on veut masquer les vraies causes et les vraies responsabilités. Tout cela, pardonnez moi, a un parfum de Shoa, alors que l'économie ralentit, que notre vieille Europe perd sa suprématie...

Il va falloir rapidement en trouver de nouveaux, à jetter en pature populaire... Qui sera le prochain. et que se passera t-il lorsque, tranche après tranche, chaque couche de la société aura passé à la moulinette, ou qu'elle n'aura pas de pouvoir de se défendre?

Les haines intestines sont les trous noirs de la démocratie...

Mais chacun de nous peut refuser cette haine de l'autre qui nous est proposée. L'ennemi n'est pas là...


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