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Euro: une voix européenne plus forte, mais un poids politique européen trop faible...

Publié le 23 novembre 2007 par Danielriot - Www.relatio-Europe.com

DECRYPTAGE RELATIO:Une bonne nouvelle sur le front monétaire :Le changement de ton observé cette semaine sur RELATIO à Berlin et chez les responsables allemands se confirment. Sarkozy ne peut qu’apprécier. Les Allemands restent favorables à un « euro fort », mais il y a des limites à tout : trop, c’est trop. Un euro trop fort, par rapport au dollar mais aussi aux devises asiatiques, devient un euro chargé d’effets pervers et négatifs. Angela Merkel, réaliste et pragmatique, a reconnu, pour la première fois, hier, que l'euro fort "posait naturellement un problème". Elle reprend ainsi à son compte les interrogations sur la croissance exprimées ces dernières semaines par d'influents économistes allemands - le comité des sages -, ainsi que par les principaux instituts de conjoncture. Elle se montre à l’écoute aussi des signaux d'alarme lancés par certaines entreprises, notamment Airbus.

Voilà quelques semaines encore, l'appréciation de l'euro constituait l'une des principales divergences entre Paris et Berlin. Alors que Nicolas Sarkozy s'inquiétait du niveau trop élevé de la monnaie européenne, la chancellerie allemande, en phase avec la Bundesbank, jugeait ces critiques déplacées. Au dernier sommet de l'Eurogroupe, mi-octobre, l'Allemagne, les Pays-Bas et l'Autriche avaient refusé d'exprimer des inquiétudes sur la faiblesse du dollar dans la déclaration finale. L'Europe était apparue divisée quelques jours plus tard à la réunion du G7, et, depuis, l'euro n'a cessé de grimper, passant de 1,41 dollar le 12 octobre à 1,49 dollar le 23 novembre.

Politiquement, note la plupart des observateurs, l'évolution de l'Allemagne est une bonne chose. Pour être crédible, l'Europe doit parler d'une seule voix, dans ce domaine comme dans tous les autres. Reste une question essentielle : un discours politique plus ferme de l'Eurogroupe face aux Américains aura-t-il des conséquences concrètes sur le niveau de la monnaie européenne ? Ce n'est pas certain. Le Monde résume ans son édto de ce jour :  «  Confrontés à un ralentissement de leur économie, les Américains ne semblent pas disposés à faire un geste pour renforcer le dollar ». Et Jean-Claude Trichet, le président de la BCE, qui a rencontré Nicolas Sarkozy hier soir, a de bonnes raisons de rester préoccupé par l'inflation. Qui plus est, des experts redoutent plus… un relèvement qu’une baisse des taux d'intérêt de la BCE dans les mois à venir. Chocs des intérêts : si Airbus pleure, d'autres cachent peu leur joie. Les profits record d'Air France, par exemple, s'expliquent notamment parce que la compagnie achète ses avions et son kérosène en dollars et vend ses billets en euros… Ce qui est sûr, c’est que les débats entre euro fort et euro faible doivent être dépassés. C’est un euro saint, équilibré, qu’il convient de tenter de faire vivre. Le vrai problème, c’est que la clef est plus aux USA qu’en Europe. Non parce que les Américains sont trop…forts (y compris dans leurs faiblesses), mais parce que l’Europe, toujours « objet politique non identifiée », est trop faible….

William PETITJEAN


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