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Yeux d’espions au dessus de la banlieue

Publié le 24 novembre 2007 par Torapamavoa Torapamavoa Nicolas @torapamavoa
Des avions espions, c’est le nouveau gadget du ministère de l’Intérieur pour s’assurer de la paix sociale dans les quartiers. Munis d’une caméra infrarouge et sans pilote, ces «yeux» répondent au doux nom d’Elsa, acronyme d’engins légers de surveillance aérienne. Philippe Adam, écrivain et prof de philo à Saint-Denis, a notamment réagi sur le site LesMots SontImportants (www.lmsi.net).
On ne verra pas ces drones au-dessus de Neuilly-sur-Seine ou du XVIIe arrondissement et autres zones où la délinquance financière oeuvre à plein régime.»Philippe Adam. «Vous vous souvenez des Yeux d’Elsa ? [poème d’Aragon, ndlr].
Aujourd’hui, nous ne sommes pas du tout en 1942. Les yeux d’Elsa ont donc changé de couleur, ils sont notamment passés du rouge banlieue au bleu UMP depuis qu’Elsa est un drone au service des “commissariats du futur”. Les nouveaux yeux d’Elsa, c’est de “l’imagination technologique”, comme nous l’apprend Michèle Alliot-Marie, de l’imagination mise au service de la sécurité des citoyens – autrement dit un petit avion qui vous regarde, sur un rayon de 2 kilomètres, bizarrement expérimenté depuis deux ans en Seine-Saint-Denis, là où se trouvent justement les collèges, les médiathèques, les squares… et les rues Elsa-Triolet. En France, c’est connu, on a le goût des lettres.

La SNCF a son Socrate, l’administration son indicateur Kafka, l’armée avait au Kosovo ses routes Baudelaire et Rimbaud, et les professionnels de la surveillance viennent de se donner leur Elsa, que Thierry Delville, chef des services de technologie de sécurité intérieure, qualifie de “mouette”, ce qui, vu les dimensions de ladite mouette, quand même un mètre de large sur soixante centimètres de long, paraît humble– on serait tenté de lui suggérer “l’albatros”. […] Mais qui décide d’appeler un drone un drone, et qui décide de sa définition? Si, l’on était parti de l’idée qu’un drone est un gendarme aérien et que par nature undrone est discret, Elsa aurait été un gars qui se serait appelé Dédé. Sachant qu’un outil de surveillance comme Elsa coûtera au ministère de l’Intérieur 10 000 euros par tête de mouette, Dédé aurait aussi pu être SDF, une source d’ennuis financiers.
Pour mettre fin aux glissements progressifs de la société de surveillance, pourquoi pas des ZED ( zones exemptes de drones), pour répondre aux ZUT (zones urbaines totalitaires)? Il serait donc utile de savoir quel est le pouvoir exact des maires en la matière pour contrôler le ciel de leur commun.»
«Tout cela ne fera que rajouter de la suspicion contre les citoyens des banlieues déjà soumis à la règle de l’étiquette made in France: ils ne sont pas au bon endroit, donc ne peuvent demander à bénéficier des rentes du système. Rassurons tout de suite les possédants et les héritiers. On ne verra donc pas ces drones au dessus de Neuilly- sur Seine ou du XVIIe arrondissement et autres zones où la délinquance financière oeuvre à plein régime.»
A ce jour, aucun contrôle de l’utilisation du matériel utilisé et des renseignements collectés n’est prévu par un organisme indépendant.»
KARL LASKER 21/11/07
http://torapamavoa.blogspot.com http://myspace.com/torapamavoa Non Nicolas! Le rap anti sarko !!

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