Madeleine
de Mortsaut et les peintres
Madeleine et Ingres
-Chère Madeleine, lui dis-je à voix basse, qu’avez-vous contre moi ? Pourquoi des sentiments froids, quand en présence de la mort chacun doit se
réconcilier ?
-Je crois entendre ce que dit en ce moment ma mère, me répondit-elle en prenant l’air de tête qu’Ingres a trouvé pour sa Mère de Dieu, cette Vierge déjà douloureuse et qui s’apprête à protéger le monde où son Fils va périr.
Ingres : Le voeu de Louis XIII (détail), 1821.
Madeleine et Leonard de Vinci
"-Monsieur, répondit-elle en passant à plusieurs reprises sa main sur les cheveux de Madeleine, qui était coiffée en belle Ferronnière, ne soyez pas injuste pour les pauvres femmes; la vie ne
leur est pas toujours facile à porter, et peut-être les enfants sont les vertus d'une mère."
Leonard de Vinci : La belle Ferronnière, 1495-1497
Henriette de Mortsauf et La Joconde
Je puis vous crayonner les traits principaux qui partout eussent signalé la comtesse aux regards; mais le dessin le plus correct, la couleur la plus chaude n'en exprimeraient rien encore. Sa figure est une de celles dont la ressemblance exige l'introuvable artiste de qui la main sait peindre le reflet des feux intérieurs, et sait rendre cette vapeur lumineuse que nie la science, que la parole ne traduit pas, mais que voit un amant. Ses cheveux fins et cendrés la faisaient souvent souffrir, et ces souffrances étaient sans doute causées par de subites réactions du sang vers la tête. Son front arrondi, proéminent comme celui de la Joconde, paraissait plein d'idées inexprimées, de sentiments contenus, de fleurs noyées dans des eaux amères.
Leonard de Vinci, La Joconde, 1503-1506




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