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Mo-tell me More

Publié le 30 mars 2010 par Gmhalice
Mo-tell me More
C'est toujours la nuit. La nuit non-stop. Les jours ont l'air bien cons avec leur soleil tout pisseux, gros coulis cancérigène. Les travailleurs qui suent toute la journée, la nuit ils prennent des douches, et même des fois ils baisent des mères de familles fatiguées, des ménagères rôties qu'ils farcissent comme ils peuvent. Comme ils pieuvrent, le tentacule visqueux, en silence, ils tentent. La nuit les chiens qui gueulent et les junkies qui dégueulent. Le néon d'la cuisine sur une partie d'tarot, les cartes qui trainent dans la vinasse renversée, les éclats d'rire dans la lumière tiède sur des tapisseries marrons. La nuit la vie, les mouches. Les glandeurs insomniaques qui entassent des mots vaguement merdiques là où il aurait suffit de calligraphier "malaise". Non. "Unterlitteraturr". Non. "Silence". Les téléphones qui sonnent la nuit, profondément anxiogènes. La nuit sale, ses vieux chats dans les phares d'la twingo bolide et des enfants qui dorment dans l'platane. Là ou le jour, d'autres enfants construisent des cabanes avec des planches pourries. La nuit pour flâner dans les hôpitaux, dans les urgences avec un corps sain et reposé, et deux yeux débordant de curiosité, impatients de voir comment c'est, dedans les autres. C'est chiant, un noyé. Et c'est chiant un pendu. C'est laid une infirmière, quand c'est pas dans un film porno. La nuit les émissions ratées qui passent en boucle, en redif et en multidif. Les débats. La nuit Eric Zemmour, et puis Eric Zemmour le jour s'il est trop lourd. Le jour, les gens qui disent de la merde, le best of, et la nuit les essais foireux, les tentatives, les mollesses et les longueurs. Le bêtisier, les cut scenes, les bonus. La nuit l'director's cut. Sans influences, la cocaïne rance, sur les incisives. La nuit sous surveillance tout en bavure, brûlante trachée cramée et gorgée d'alcool rendu dans la cellule de dé-synapsement. L'écho des ronflement, les corps renversés, allongés par millions sur des carrés de mou, de moelleux, dans des draps propres ou non. Les secrets d'famille en construction dans les chambres d'enfants en constriction. Nuit caserne. Les motels et les VRP solitaires qui font l'bilan, avec un journal, une télé, une prostituée qui vient des autre nuits loin à l'est, nuit vodka. Elle est dure à la tâche, forte et volontaire, jeune. Elle se taylorise, se fordise, elle s'employée-du-mois avec des clients aussi exigeants envers elle qu'ils sont laxistes avec leur propre carcasse sale. Leurs poils frisés sur leur torse flasque, leur peau grisâtre et moite, leur eau d'cologne, leur ventre mou plein d'assiettes du jours, leur calvitie luisante. Ils paient. La nuit. Selon la loi de l'offre et de la demande. Un morceau d'salade entre les dents. Ils se louent une maman, une maman plus jeune, plus blonde, plus douce. Ses fesses glaciales éraflées par les mains calleuses et désespérées qui s'agrippent et se crispent. Un couinement rauque. Une effusion de satisfaction gluante, enfermée nouée jetée aux chiottes..."- Ton affection poisseuse est à sa place. Tu m'dois 30 sacs, La Nuit."
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