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Shutter Island (Martin Scorsese)

Par Interstella_fr

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Années 50. Sur l’île de Shutter Island, qui abrite un établissement psychiatrique, une patiente a mystérieusement disparu de sa cellule, pourtant encore fermée, et ne comportant aucune trace d’évasion. Comme elle est considérée comme dangereuse, on fait appel à deux membres des U.S. Marshals, afin de mener l’enquête. Mais l’un des deux, Daniels, a aussi un autre projet : se venger de celui qui a fait périr sa femme dans un incendie.

Les films de Scorsese déclenchent chez moi une attente assez variable, selon leur sujet, leur ampleur, leur casting. Et en fait, j’attendais assez peu Shutter Island, je n’ai pas lu le livre, et je ne sentais pas quelque chose d’aussi fort que pour Les Infiltrés.

Le résultat, c’est un film qu’on peut qualifier de mineur, mais en un peu moins fort que cet autre film mineur mais brillant qu’est, justement, Les Infiltrés.

Leonardo Di Caprio est plutôt bon, assez bien dirigé, mais pas assez néanmoins pour nous épargner ses éternels sourcils froncés auxquels il recourt toujours quand il ne sait plus quoi faire d’autre. Néanmoins, attention, c’est un acteur que j’aime beaucoup, et qui, à de nombreux moments, arrive à faire passer plusieurs émotions contradictoires en une seconde (à la fin, notamment).

Je suis plus emballée par Mark Ruffalo – que j’adore tout le temps, de toutes façons – et qui, dans ce rôle de second plan, est fascinant, parce que, Cliquez si vous ne craignez pas les spoilers

tel Marla Singer dans Fight Club, on peut tout revoir différemment par ses yeux. L’acteur a l’humilité idéale pour ce genre de personnage un peu en retrait, et son interprétation a suffisamment de force et de subtilité pour la rendre riche et polysémique.

Bon, le problème, c’est les gens qui ont crié sur tous les toits que le film fonctionnait sur un twist (c’est à dire un retournement de situation), que l’on devinait rapidement, et qui était nul.
C’est toujours terriblement agaçant de savoir ça, même sans savoir de quoi il s’agit, car cela influe sur la façon que l’on aura de regarder le film.
J’ai donc, en effet, assez vite compris de quoi il s’agissait, mais seulement dans les grandes lignes. Le bon côté des choses est que ça m’a permis de me concentrer sur les indices qui pouvaient indiquer que, en effet, le personnage de Di Caprio est l’un des patients de l’établissement, ou tout du moins est considéré comme fou. Et puis, justement, j’ai passé beaucoup de temps à évaluer les réactions de Mark Ruffalo, et des autres. Le problème aussi c’est que j’ai échafaudé toutes sortes de théories en regardant le film, ce qui, forcément, gâche un peu le plaisir.

La petite Emily Mortimer (Match Point) est très bien, ainsi que Ben Kingsley, et aussi Patricia Clarkson qui s’amuse dans un rôle mono-scène. Michelle Williams est assez bonne aussi en suicidaire à moitié dans le déni.

Bien sûr, c’est bien filmé, bien cadré, bien monté ; mais en tout cas on pouvait s’attendre à quelque chose d’un peu plus puissant de la part de Scorsese (même si, là, je suis bien consciente de faire la difficile !)

A revoir peut-être, en se débarrassant des pensées parasites…


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