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Etats-Unis : les médias et la présidentielle (Carnet 103)

Publié le 27 novembre 2007 par Exprimeo
Deux différences majeures existent entre la presse américaine et la presse française. La presse américaine est très orientée sur les faits. La presse française interprète les faits. La presse américaine cherche d'abord à rapporter les faits de façon la plus détaillée et objective possible.
Seconde différence majeure, un ouvrier doit pouvoir lire le New York Times ou Newsweek. En est-il de même en France pour Le Monde ou le Nouvel Observateur par exemple ? La presse américaine se veut "inclusive" c'est-à-dire impliquante pour le plus grand nombre. La presse française se revendique presque officiellement comme élitiste.
Ces deux préalables effectués, deux autres questions occupent une place importante :
- les faveurs de la presse peuvent-elles faire élire un candidat ?
- comment le candidat peut-il s'attirer les faveurs de la presse ?
Sur le premier point, aux Etats-Unis davantage que partout ailleurs, il n'y a pas une presse centralisée mais une multitude de supports avec des tonalités locales parfois fortes.
Cette diversité modère déjà beaucoup la réalité de l'influence. Ensuite, l'opinion a désormais le sentiment que la "presse est sous contrôle" et qu'en conséquence il faut garder de la distance.
Par conséquent, la presse dispose d'un pouvoir d'influence mais pas d'un pouvoir d'élection.
Pour bien gérer les rapports avec la presse, le candidat doit être professionnel et il peut être, voire même il doit être un professionnel de l'excès.
Tout le savoir-faire consiste à ne pas franchir la "ligne jaune" de l'excès au point où l'accusation pourrait se retourner contre son auteur.
Certains comparent même la gestion des médias américains à une sorte de poker permanent consistant à "doubler la mise en permanence" :
- un concurrent traite son opposant "d'idiot". Ce dernier doit lui répliquer que le premier est "un triple idiot",
- puis, il est alors naturel que le premier attaquant traite son concurrent "d'escroc". Ce dernier doit alors l'accuser à son tour de "voleur",
- enfin, il est naturel de considérer que, face au flux des accusations, le premier traite son concurrent de "menteur" mais alors ce dernier devra répliquer que le premier est "un menteur pathologique".
Ces étapes sont la surenchère classique de tout débat local où il en faut beaucoup pour que l'exagération puisse disqualifier.
La seule limite à une attaque est de ne pas délivrer une agression qui puisse rendre l'adversaire sympathique.
Les médias américains sont d'abord friands d'excitation. C'est l'élément qui fait vendre et qui assure l'audience. Il y a donc une recherche permanente du sensationnel et de l'inédit.
Il faut donc les nourrir de "nouvelles". Ce terme recouvre très précisément l'enjeu.
Le candidat professionnel doit donc se préparer à trouver un rythme de "nouvelles" dans une marée d'évènements dans laquelle le public est plongé et dont il faut parvenir à s'extraire tout en respectant une image cohérente.

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