Magazine Cinéma

La chambre obscure

Publié le 19 avril 2010 par Ludovic Maubreuil
Le plus souvent, l'homme ne se persuade qu'il aime qu'après avoir découvert seul "sa" femme, lorsqu'il a pu l'épier et ainsi se forger intérieurement un récit (faux la plupart du temps, mais suffisamment élaboré pour que l'image féminine qu'il cultive en lui s'accorde avec l'inconnue qu'il contemple en douce). Ici le chevalier repousse celle qui s'impose à lui et l'exige pour époux, pour bientôt s'émerveiller d'une femme au physique semblable mais qu'il a observée à la dérobée, et au fond à peine entrevue, lors d'une campagne militaire.

La femme au contraire, de manière cependant tout aussi irréaliste, n'est certaine d'aimer qu'après avoir partagé (ou cru partager), avec l'élu, une émotion qui l'a comme marquée au fer rouge ; il faut en quelque sorte pour elle que le couple, d'une manière ou d'une autre, ait déjà eu lieu. La passion amoureuse d'Aliénor pour Bertrand de Roussillon remonte ainsi à l'enfance, où elle partagea avec lui certaines expériences marquantes, comme celle de voir et toucher un cadavre.

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Un temps partagé jamais oublié, un partage à venir toujours mieux inventé : voilà en somme toute l'histoire de l'amour.

(La suite ici)

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