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The Countess {La Comtesse}, de Julie Delpy

Par Missacacia
The Countess {La Comtesse}, de Julie Delpy
Film de Julie Delpy (2010)
Avec Julie Delpy, Daniel Brühl, William Hurt, Anamaria Marinca, Sebastian Blomberg, Adriana Altaras, Charly Hübner, Andy Gatjen, Maria Simon, Frederick Lau.
Erzsébet Báthory a été élevée dans un climat de guerre et de peur, où la mort lui ai autant enseigné que la vie. Promise au mariage dès toute petite, elle devient la femme d'un puissant guerrier, pouvant même donner ses conditions au roi hongrois. Devenue veuve, elle fait la rencontre de Istvan Thurzo, un jeune homme de 20 ans son cadet. Ils vivent une superbe histoire d'amour, jusqu'à ce que le père d'Istvan sépare son fils de la comtesse de force. Chose qu'elle ne saura pas tout de suite. Elle sombre alors dans une folie, ayant surtout cru qu'elle a été abandonné par son amant parce qu'elle était trop vieille...
Julie Delpy porte de nombreuses casquettes dans ce projet, réalisatrice, scénariste, rôle principal de la Comtesse, productrice, elle a même signé la musique du film. Apporter autant d'énergie et de travail dans un long-métrage me donne souvent envie de le découvrir sur grand écran, surtout quand la bande-annonce me plait. The Countess a une esthétique à la fois sombre et rayonnante. Les décors sont assez minimalistes mais mis en valeur avec peu de détails et grâce à une caméra assez rapprochée sur ses sujets. Julie Delpy a une classe incroyable, les tenues sont superbes, la transposition au XVIe siècle est des plus réussie.
Au niveau de l'histoire, Erzsébet Báthory est considérée comme l'une des premières légendes dans le monde du vampirisme. Je ne connaissais pas ce récit avant de découvrir ce film, Julie Delpy a surtout montré Erzsébet comme étant une femme malade d'amour, qui n'a pas tué de ses propres mains, ni saigné l'une de ces nombreuses jeunes femmes, ses domestiques le faisaient pour elle, malgré les protestations de son amie Darvulia, une sorcière. La réalisatrice porte aussi son attention sur l'illusion que le sang d'une jeune vierge sur sa peau la rajeunit. Ce thème m'a d'ailleurs fait pensé au roman d'Oscar Wilde, avec l'histoire de Dorian Gray et cette avidité à vouloir à tout prix rester jeune. J'ai trouvé dommage que cette partie de l'intrigue n'ait pas été plus élaborée, son enfance et sa jeunesse sont résumées juste le temps du générique, j'aurais aimé voir plus de signes annonciateurs, notamment quand vient le moment où elle réalise que son amant a préféré choisir d'aimer une femme plus jeune et plus jolie qu'Erzsébet (qui n'était en fait qu'un complot du père). Julie Delpy est excellente dans ce rôle d'Erzsébet, on éprouve même de la compassion pour elle, surtout quand elle est en présence de Istvan (impeccable Daniel Brühl), son austérité revenant au galop dès qu'elle n'est plus en sa présence.
The Countess reste un film original, mystérieux, différent de bien d'autres longs-métrages, Julie Delpy portant sa propre vision sur ce pan de l'histoire hongroise. Certaines scènes sont un peu déstabilisantes (j'ai senti les mains de certaines spectatrices s'agripper aux accoudoirs ne s'attendant apparemment pas à certains passages...), j'aime en tout cas découvrir de tels films sur grand écran, et même malgré quelques défauts, j'espère qu'il va trouver son public et faire parler un peu de lui. 4/6 (ps : pour info, je ne connais pas du tout les précédents projets de Julie Delpy, j'y jeterai peut-être un œil à l'occasion)

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