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Les Pieds dans le vide

Par Munch
Les Pieds dans le vide

Les Pieds dans le vide est le premier film tant attendu de Mariloup Wolfe derrière la caméra, c’est aussi une bande-annonce qui laisse préssager un film qui ne s’élèvera pas très haut au niveau du scénario et de l’originalité. On voudrait tant que mademoiselle Wolfe puisse sauver le cinéma québécois de sa constante recherche à plaire au public le plus large possible, à faire rire à tout prix quitte à ne pas se prendre au sérieux. Comme si, à cause de son jeune âge,on voudrait avoir un nouveau regard sur la jeunesses d’aujourd’hui, thème du film, une nouvelle voix pour le cinéma d’ici, sans nécéssairement vouloir y voir un cinéma trop intellectuel ou trop auteurisant (Denis Côté, Raphael Ouellet). On voudrait tant que la sympathique Mariloup Wolfe nous serve quelque chose de personnelle tout en étant grand public (La Bouteille d’Alain Desrochers, Un 32 août sur terre de Denis Villeneuve)

Mais voilà, Les Pieds dans le vide ne sera qu’un film, plutôt, un téléfilm extrêmement gênant tellement le scénario est insipide et embarassant et tellement Mariloup Wolfe n’a rien à dire.

Les images sont superbes et les plans aériens sont excitant mais voilà Wolfe, vient de ce monde où les images sont soignées mais n’ont aucune signification, aucun symbolisme, aucune métaphore, que des images qui d’une beauté plastique finissent par lasser, que de belles images vides qui accentuent le manque de maîtrise cinématographique de la réalisatrice. De plus, après 20 minutes, on se lasse de voir des sauts en parachutes. Point Break ni même Drop Zone n’étaient des films sur le parachutismes, mais le parachutismes y était une partie intégrante de l’histoire. Ici, non plus, ce n’est pas de parachutisme que le film traite, pourtant il ne s’y passe rien d’autre dans les 30 premières minutes au point où tout est redondant et n’apporte aucune compréhension des motivations du protagoniste joué par Éric Bruneau. D’autant plus, que les dialogues maladroitements explicatifs nous laisse perplexe quant à la raison d’être du film. Jusqu’à ce que la 2e partie du film s’installe…

Dans la seconde moitiè, les personnages avancent lentement vers ce qui semble être un triangle amoureux peu crédible et plus d’une sous-intrigue relatant les premières aventures homosexuels d’un personnage ultra secondaire. Au défilement de la 2e partie, le sentiment de gêne qui nous envahi depuis le début de la projection laisse place à un malaise intense où la ligne devient de plus en plus mince entre le ridicule et le médiocre. C’est qu’en voulant donner un aura de « film d’une génération », le scénario de Vincent Bolduc, son premier, condence 4 saisons de Watatatow en 40 minutes de métrage où les dialogues souvent explicatif et jamais convaincant force la note. Au lieu de laisser agir ses personnages, Bolduc leur donne des dialogues qui surexpliquent leur état d’âme et Wolfe les dirige de façon à renchérir ces explications au point où on n’en éfface leur motivation laissant les personnages devenir des représentants d’une figure stéréotypé (Lemay-Thivierge = figure paternel, Bruneau = fils égaré, etc…). Les personnages ne deviennent convaincant que dans la mesure où on accepte qu’ils représentent un symbole, trop évident et risible d’un représentant de cette génération.

Difficile de garder son sérieux à la fin du film où on croirait y voir une version ados raté de T’es belle, Jeanne! En plus d’avoir l’impression de se faire faire la morale mais en ne sachant pas trop à propos de quoi et pourquoi.


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