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Dans le bureau de Sully (20e livraison)

Publié le 04 novembre 2007 par Coquenart
Tous ceux qui connaissent les ennuis du pouvoir, les soucis du gouvernement, la difficulté d’une décision à prendre peuvent se figurer ce qu’était Maximilien de Béthune, baron de Rosny, plus connu de nos jours sous le nom de Sully. Mais comme, à tout prendre, c’est une chose assez peu fréquente que de pénétrer dans les arcanes du pouvoir, je pense qu’il est nécessaire que je peigne en peu de mots ce que furent mes impressions face à cet homme, qui, s’il n’avait pas la dignité que confère la royauté, avait du moins l’oreille – et l’oreille attentive – de cette même royauté, ce qui n’est pas rien !
En vérité, Rosny était tout-puissant auprès du roi, qui venait de le nommer surintendant des finances.
Le visage de Rosny, en réalité, malgré la situation, reflétait une sérénité apaisante : on y lisait la résolution de celui qui vient de prendre une grave décision. Ses yeux fixaient ceux de mon maître avec franchise. Il poussa un long soupir avant de prendre une longue inspiration :
- Voyons un peu cela. Comme le roi vous l’a déjà dit, c'est d’un meurtre qu’il s’agit. Le meurtre du comte Henri de Frégèves. J’ignore ce que vous savez sur cet homme, même s’il ne vous est pas inconnu, selon les dires de sa Majesté.
- En vérité, je sais fort peu de choses, Excellence.
- Bien. Je vais donc tenter d’éclairer votre lanterne.
- Je vous en serais très reconnaissant.
- La victime n’était pas n’importe qui. Je dirais même que le comte de Frégèves était véritablement un homme hors du commun. Il est inutile de vous dépeindre sa carrière, mais sachez qu’il a été un des plus fiers soldats de son temps, une lame redoutable mise au bout d’une main qui passait pour ensorcelée tant son habileté était grande.
- Un formidable bretteur ! C’est le souvenir que j’en avais.

- Avec cela, une intelligence tactique remarquable ; d’aucuns diront que son sens politique, au contraire, était bien médiocre. Mais il appartint néanmoins à cette race d’hommes dont on peut dire qu’ils ont été en leur temps de véritables héros.
- Des héros bien cruels !


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