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Le débat sur la loi Leonetti sur la fin de vie relancé
Publié le 07 mai 2007 par François-Xavier CaronLe débat est relancé à l'occasion du procès pour euthanasie d'une infirmière et d'un médecin à Périgueux (Dordogne) et les avis divergent, y compris dans le corps médical.
"J'ai parlé au Dr (Jean) Leonetti, je lui ai dit que sa loi est imparfaite. Il le sait. Il faut légiférer, il faut encadrer", a insisté mardi l'ancien sénateur Henri Caillavet qui a longuement décrit la manière dont il avait aidé son père à mourir.
"Je ne suis pas un assassin", a assuré le vieil homme âgé de 93 ans, très digne, et ardent défenseur du droit à mourir dans la dignité. "Je suis un fils qui voulait respecter la liberté et la dignité de son père".
"Environ 10% des cas ne sont pas réglés par la loi Leonetti", a également estimé le Dr Christophe Bayon, généraliste à Saint-Astier (Dordogne), qui dit ne pas être un "défenseur de l'euthanasie, mais un défenseur de l'euthanasie d'exception, que même cette loi ne couvre pas".
"Dans ces cas, il y a deux solutions: soit on triche avec les médicaments, et l'autre solution c'est de fermer la porte, de tout débrancher et de mettre des boules Quiès et attendre que ça passe", a-t-il souligné en jugeant le deuxième cas inadmissible pour un médecin.
"La loi Leonetti a été vite votée grâce à Vincent Humbert et au combat de sa mère Marie", a aussi rappelé le Dr Frédéric Chaussoy, estimant cependant que ce texte "n'aurait rien apporté à ce jeune tétraplégique". Un point que contestent les juristes, estimant que la loi Leonetti est mal connue par le corps médical.
Le texte parle effectivement de patients atteints de "maladies graves ou incurables" en "phase avancée ou terminale". Ce qui n'était pas totalement le cas de Vincent Humbert, certes handicapé à vie, mais pas agonisant. Les juristes s'accordent cependant pour dire que son cas peut rentrer dans le cadre de la loi, puisqu'il était maintenu en vie artificiellement.
Enfin, le Dr Jean-Marie Faroudja, président du Conseil de l'ordre des médecins de Dordogne, s'est clairement opposé mardi à une évolution législative. "Donner au médecin le pouvoir exorbitant de donner la mort n'est pas acceptable", a-t-il insisté en estimant qu'une infime partie du corps médical seulement y est favorable.
( Source : AFP )
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