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Splice, la critique

Publié le 30 juin 2010 par Fredp @FredMyscreens

Splice, la critique

Après nous avoir enfermé dans un dangereux Cube, Vincenzo Natali revient pour libérer l’étrange créature de Splice.

Splice, la critique
Cela fait un certain temps que Vincenzo Natali ne nous avait pas étonné. Après Cube et Cypher, son Nothing est passé plutôt inaperçu. Mais voici qu’il nous propose Splice. Un titre toujours en un mot pour cette fois nous parler de manipulation génétiques et de savants jouant à Dieu pour créer leur propre famille.

Parce qu’Adrien Brody et Sarah Polley campent ici un couple de scientifique prêts à presque tout pour recréer un être vivant viable. Mais à jouer les frankenstein, ils vont peu à peut tomber sous le charme de leur créateur. D’abord petit lapin alien, elle va ensuite évoluer vers une créature humanoïde avide de connaitre le monde… et l’amour.

La création qui échappe au créateur est une constante du cinéma fantastique ici réinterprété à sa manière par Natali. Du coup, on sent pas mal les événements arriver. C’est dommage, d’autant que la réalisation est impeccable. Le réalisateur canadien arrive parfaitement à mettre en place une atmosphère dérangeante, souvent malsaine pour nous faire comprendre que la menace pesante de la créature (on saluera d’ailleurs la qualité exceptionnelle des effets spéciaux qui rendent la créature crédible à chaque étape de son évolution).

Splice, la critique
Les thèmes de la dangerosité de la manipulation génétique et de la famille dysfonctionnelle sont bien coordonnés et donnent au film une vraie personnalité. Nous ne sommes pas vraiment dans le thriller fantastique, pas non plus dans de drame psychologique, mais à l’angle des deux genres. Tout cela fonctionne bien, parfois même très bien sur tous les aspects et Natali fait preuve d’une maitrise du récit et de l’ambiance exemplaire, d’autant qu’Adrien Brody et Sarah Polley sont, comme à leur habitude, impeccables. Même la frenchie Delphine Chanéac échappe à son image téléfilm M6 en campant intelligemment et innocemment toutes les facettes d’une créature difficile à cerner, entre attitude enfantine et humeurs adolescentes et colères furieuses.

Mais alors pourquoi faut-il qu’au dernier tiers, le réalisateur casse tout dans cette harmonie pour plonger dans un climat encore plus malsain qui ne sert pas du tout le propos et rappelle dans nos mémoires La Mutante ! Oui, finalement, à la fin, cela ressemble trop aux films de série B avec Natasha Henstridge.

Splice, la critique
Vincenzo Natali a placé son film à la limite entre le génie et le ridicule et malheureusement, à la fin, il finit par tomber du mauvais côté de la corde à cause d’une histoire qui ne méritait pas une fin pareille.

On le pressentait dans Cube, mais avec Splice, c’est clair, Natali est donc officiellement devenu le disciple de David Cronenberg. Ici, il y a un tout petit peu d’Alien, pas mal de la Mouche et surtout tous les thèmes que n’aurait par renié le maître du fantastique canadien. Le réalisateur mène son récit avec succès sur les deux tiers du film mais des événements trop téléphonés et surtout un final malsain et ridicule entraînent le film dans une direction qui ne lui correspond pas. Dommage.

PS : Bravo au Festival Jules Verne d’avoir programmé ce film en avant-première en avril dernier. Un choix audacieux. Merci.


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