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Interview : Delphine Chanéac decrypte "Splice" !

Par Dime

Interview : Delphine Chanéac decrypte Elle écrit, compose, chante et joue la comédie. Delphine Chanéac est une touche à tout pétillante qui vient de vivre un rêve. Vicenzo Natali, le réalisateur du génial "Cube", lui a offert un rôle central dans "Splice", un film de science-fiction bâti autour des déviances génétiques. Face à Adrien Brody et Sarah Polley, elle tire son épingle du jeu dans la peau de Dren, un personnage à la Frankeinstein, mi-femme, mi-animal. J'ai eu la chance de la rencontrer autour d'un café. Retour sur un tête-à-tête passionnant.

Delphine Chanéac s'adresse à vous !

Toutlecinema : Comment êtes-vous arrivée sur le projet ?

Delphine Chanéac : Ma directrice de casting m’a prévenue que deux canadiens étaient à Paris et recherchaient une comédienne cascadeuse et physique. Je suis la première fille qu’ils ont vue. Un matin, j’ai passé un essai à 9 heures, la tête un peu ailleurs puisque j’avais un avion à prendre pour un tournage en Allemagne. Je suis arrivée dans les bureaux de la Gaumont où l’on m’a demandé de jouer un personnage à la croisée de l’animal et de l’humain (rires). J’ai paniqué en me disant que j’allais être ridicule. Il me fallait une piste et, grâce à mon expérience de karaté, j’ai choisi d’utiliser quelques katas. Ce sont des prises issues de mouvements d’animaux. Après l’essai, je me suis rendue compte qu’il s’agissait du réalisateur de "Cube". Je m’en suis voulue car je n’avais pas le sentiment d’avoir tout donné. Et pourtant, ils sont finalement revenus vers moi.

Et alors ?

Ils m’ont demandé si j’étais prête à passer une semaine au Canada afin de tester mes aptitudes physiques. J’ai bien évidemment accepté. A ce stade, je n’étais pas sûre d’être prise mais je voulais tout donner dans la mesure où je me savais proche de décrocher le rôle. Pour la petite histoire, quand je me suis pointée devant les cascadeurs, la mine amicale, en criant salut, ces derniers m’ont stoppé directement en me disant que nous n’étions pas amis. Le mec m’a regardé et demandé combien de pompes j’étais capable de faire. J’ai cru qu’il s’agissait d’une blague mais il était on ne peut plus sérieux. Je lui ai répondu trois et il m’en a demandé dix. Il m’a fait le même coup avec la course afin de tester mon endurance ! C’était une sorte de service militaire avec huit mecs autour de moi. Au terme de chaque journée, les cascadeurs faisaient des comptes rendus au réalisateur. La formation achevée, ils sont tous venus vers moi pour me dire que j’avais obtenu le rôle. J’étais soulagée car je pensais qu’ils voulaient me dire adieu.

Interview : Delphine Chanéac decrypte

Cela fait quoi d’être une des têtes d’affiche d’un blockbuster aux côtés d’Adrien Brody ?

Quand je me suis rendue au Canada, mon esprit était encore dans mon tournage en Allemagne (ndrl : "Die Patin", une sorte de remake du "Parrain" version féminine et décalée). Du coup, je n’ai pas vraiment réalisé. Seulement, lorsqu'on m’a remis mon billet d’avion puis, que le surlendemain, on m’a rasé la tête, j’ai commencé à réaliser. En général, j’attends toujours de signer mes contrats avant de crier victoire.  

Comment s’est passé votre rencontre avec les deux comédiens principaux ?

Au départ, c’était très bizarre. D’une part, mon apparence physique engendrait une certaine distance. J’étais musclée, chauve, mais cette barrière qui s’est développée a finalement nourri le film et les interactions entre les différents personnages. D’autre part, mon anglais était nul à l’époque du tournage et je me suis sentie isolée pour cela.

Le réalisateur était-il très directif avec vous ou au contraire, vous laissait-il improviser ?

Il m’a laissée penser et créer Dren. En terme directif, il y avait un respect rigoureux concernant le découpage des scènes. C’était très précis et les indications du metteur en scène étaient nombreuses.

N’est-ce pas frustrant de n’avoir aucune ligne de dialogue dans un film et pourtant en être le personnage central ?

Quand j’ai lu le scénario, j’étais un peu frustrée. Je me suis dit que c’était naze de ne pas parler. Mais durant les trois semaines nécessaires à travailler le personnage, je me suis rendue compte qu’il ne fallait pas qu’elle parle. Ma frustration s’est donc muée en force positive.

Il parait qu’on ne vous a pas forcément beaucoup maquillé pour le rôle ?

C’est vrai. Ils n’ont pas touché à mon nez. Ils m’ont fait deux cicatrices. Une sur le menton et l’autre sur le front. Ils ont également créé un effet d’écartement des yeux. Mais il faut avouer que le fait de me retirer mes cheveux noir ébène change mon physique de façon considérable.   

Interview : Delphine Chanéac decrypte

Comment définiriez-vous le personnage de Dren ?

Comme un ange ! C’est quelqu’un de très pur, de fragile, d’innocent, une enfant qui n’a pas été confrontée à la société, qui n’a pas été pervertie par son fonctionnement et ses travers. Elle est simplement victime de ce qui l’entoure. Elle n’a rien demandé à personne. Elle n’a jamais voulu naître. Ses créateurs la traitent un coup comme une enfant et l’autre comme un animal domestique. Faut dire que c’est perturbant !

Pensez-vous qu’un jour une Dren puisse naître dans la réalité ?

C’est très possible ! On a bien vunaîtreil n’y a pas si longtemps une souris avec des oreilles humaines.

La science-fiction est-il un genre que vous appréciez ?

Oui mais quand elle sert une véritable histoire. Les effets spéciaux ne m’emportent pas s’ils ne sont que poudre aux yeux. J’adore "Cube" et ces films qui sondent les déviances des humains et du cerveau. J’aime aussi les films d’horreur, notamment "Saw" et "L’exorciste". Les univers de Tim Burton, Terry Gilliam et Luis Buñuel m’interpellent énormement.

Avec "Splice", pensez-vous que les propositions vont pleuvoir ?

Il y en a déjà mais pas trop en France. On les trouve du côté de l’Allemagne, où le film est déjà sorti, et des Etats-Unis.

Il y a autre chose que le cinéma dans votre vie. Vous écrivez, composez, chantez... Où vous retrouvez-vous le plus ?

Je ne veux rien dissocier. Les uns nourrissent les autres. L’écriture me permet de mieux appréhender un scénario, de manier le verbe avec plus d’aisance. La musique me donne la rythmique nécessaire à des genres comme la comédie. Tout est lié. Je m’épanouis comme cela.


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