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Max | Juste après

Publié le 01 juillet 2010 par Aragon

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Elle se penche sur moi, sur ma vie, et son parfum me prend par surprise.  Je suis terrassé par sa présence muette. Je respire l'air qu'elle respire, je plonge dans son univers intime, dans la part intime de son univers, je sens son souffle magnifique sur ma peau, et comme je ferme les yeux, elle suspend son geste, elle se suspend au-dessus de moi, au-dessus de ma vie, elle m'abrite du soleil trop cinglant sans jamais faire d'ombre aucune. Elle s'allonge maintenant, sa vie entière est entre mes mains, et elle n'a pas peur. Elle peint mon corps de sa respiration, qui court sur moi comme une sonorité légère, elle m'habille de son expiration, elle me couvre, m'enlace de sa seule présence respirante. Je baigne dans sa bulle bienfaisante, tous mes sens apaisés, avec l'indescriptible sensation de proximité, de mélange subtil des fluides les plus vivaces, ceux qui irriguent les âmes désirantes. Elle me déshabille en inspirant soudain, elle me retire sa peau prêtée, elle éloigne d'un doigt son corps endormi, et me voilà tremblant, violemment solitaire, perdu et désemparé, retrouvant d'un coup la stupeur effrayée de l'enfant naissant en moi, pétrifié par l'idée même qu'elle pourrait me repousser, me priver pour toujours de sa peau, de sa voix, de son chant.

Le désir me vient de la toucher. De m'assurer que mes doigts la devinent toujours. De la caresser pour connaître encore mieux chaque grain de sa peau. De profiter de son sommeil pour capturer son souffle, son énergie, et les planquer en moi comme un trésor sans prix. Je me penche sur elle, je ne respire plus, elle frémit. Elle a senti mon désir et sa peau m'appelle, je l'entends crier. Je vais m'habiller d'elle, me vêtir de son corps tout entier, me parer de son odeur, me frotter à elle comme à une divinité sacrée et espérer que la mort soit douce comme une fin d'après-midi à ses côtés.

PHOTO : http://www.zphoto.fr/NunoBelo


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