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Armand

Publié le 03 juillet 2010 par Pigut

Il y a deux jours ou peut-être 200 ans, en date du 3 juillet j’étais dans un avion qui me ramenait d’un voyage fantastique à l’autre bout du monde vers la France. Je suis arrivée à destination le lendemain midi.

J’ai pu embrasser mes sœurs dès mon arrivée, elles étaient venues me chercher. Dans mes souvenirs, nous sommes dans la voiture, je me rappelle la chaleur de l’été contrastant avec l’hiver de l’autre hémisphère où je me trouvais quelques jours auparavant, et surtout je me souviens de mon trouble lorsque je remarque que nous ne nous dirigeons pas vers la maison de ma mère. Mais je ne pose pas de question, peut-être qu’au fond, je n’ose pas, et puis je suis fatiguée, déphasée, je ne comprends pas tout ce qui se passe, alors je n’ose pas. Pourtant au dessus de tout il y a ce désir de le prendre dans mes bras, de me nourrir de lui, de le laisser absorber ma force, un peu de ma vie, comme pour rallonger la sienne. Ce besoin de lui urge. Je dois le tenir pour ne jamais le laisser partir. Je viens de traverser la planète pour le voir alors l’impatience me torture.

J’ignore comment elles ont réussi ce tour de force, mais au début, elles ne m’ont rien dit. Je ne sais plus pendant combien de temps cela a duré mais elles n’en ont pas parlé et moi non plus. Avec le recul, je les ai trouvées formidables pour ça, pour avoir attendu. Je crois que ce fut long, toujours un peu dans mon voyage, j’étais un peu perdue, je ne sais plus du tout de quoi on a discuté. Mais les retrouvailles avec elles étaient si bonnes, si réconfortantes, je me régalais tant de leur présence, que je ne sais plus comment elles se sont décidées à me l’avouer. Néanmoins je me rappelle bien de leurs mots : «il est parti hier soir», c’est ce qu’elles m’ont dit. S’ensuivit dans ma tête une sorte de chamboultou imaginaire, le chaos, la confusion. «Il est parti, ô je le sentais ; je savais qu’il partirait si je rentrais ; il est parti, mais parti où?» Elles m’ont expliqué la façon dont cela s’est passé, elles m’ont dit la musique, les proches présents, sa souffrance, leur trouble, et puis le cœur qui s’arrête, tout le monde retenant sa propre respiration dans ce moment presque soulageant de grande déchirure.

Je vous le disais, cette histoire est arrivée la première semaine de juillet, il me semble que c’était hier, ou peut-être il y a un siècle, je ne sais plus, c’était un épisode de flottement, un de ces instants hors du temps. Voilà, comment c’est passé pour moi le jour où mes sœurs m’ont appris que notre frère était mort.

Un peu plus tard, encore avec le soutient mes deux fidèles acolytes, j’ai tout de même pu le prendre dans mes bras. En le voyant sur cette table froide où il était allongé, je n’ai d’abord pas pu retenir les cris. Finalement d’abord par tâtonnements et puis avec fougue, à maintes reprises je l’ai serré, je me suis blottie contre son torse, je me suis enivrée de son odeur, j’ai caressé ses cheveux épais. Mais il n’a pas semblé absorber l’énergie que je persistais à lui envoyer, il n’a pas fait sourire ses yeux en réponse à mes « je t’aime », il n’a pas réagi à mes baisers. J’ai cherché son petit sourire en coin dans ses jolis traits, mais je ne pouvais que l’imaginer… Il était parti.

Je n’ai jamais bien compris que l’on commémore l’anniversaire de la mort de quelqu’un. Je ne fête pas l’absence ou le départ de mon frère ici, je tente de le faire revivre en moi, en quiconque, à travers mes rêves de moments de fraternité comme j’en ai tant espéré, en chaque circonstance qui me le rappelle… Et bien que ça soit peut-être quelque chose d’intime, j’ai envie que la Terre entière pense à lui, que chacun sache à quel point le monde a beaucoup perdu en ce maudis jour de juillet!

Lake Monowai - New Zealande

Lake Monowai - Nouvelle-Zélande

Si j’ose vous raconter tout cela, ça n’est pas pour me faire plaindre, car c’est lui qui a souffert pendant des mois, mais je cherche assurément à vous atteindre. Depuis quelques années, j’essaie tant bien que mal de gagner quelques points contre le cancer. Je le fais pour moi-même, en évitant les « conduites à risque » et pour les autres en essayant de sensibiliser les gens. J’ai ainsi probablement marqué un ou deux points contre ce redoutable adversaire et ce ne fut pas aisé. Seulement, non content de voir baisser son score, ce dernier a sorti son joker en prenant pour cible mon petit frère. Il a remporté quelques milliers de points quand ce dernier, fortement diminué, a relâché son dernier soupir.

A partir de ce moment, j’ai décidé de lui renvoyer autant que possible ses points à la figure. La moitié d’entre nous ou plus sera probablement emportée par un cancer ou un autre si nous continuons ainsi. Alors bien que nous ne connaissions pas encore toutes les causes des différents cancers, rappelons-nous que l’environnement et particulièrement la nutrition jouent un rôle très important.

Je profite donc de l’occasion pour vous presser à prendre soin de vous afin de ne pas vous jeter tous seuls dans la gueule du loup. Car au fond, le pire ennemi de l’homme, c’est probablement lui-même.

***

Entre nous :

Pas de question aujourd’hui, mais une vidéo (découverte grâce au site Veg an’ Bio) pour une perception de la santé orientée différemment :

Le film Foodmatters en version française et plus d’infos en anglais.


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