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Souvenirs d'Afrique, les séquelles du Mondial

Publié le 03 juillet 2010 par Dlem

rooLa Coupe du Monde est terminée pour nos Red Devils, depuis les huitièmes de finale pour les plus chanceux d'entre eux. C'est bien sûr une déception pour chacun d'eux, à des degrés divers variant selon les ambitions affichées par leurs sélections respectives. C'est également une déception pour les supporters que nous sommes, toujours prêts à vibrer pour l'un des nôtres. Qui n'a pas crié de joie lors du but de Park contre la Grèce ? Qui n'a pas supplié l'entraîneur mexicain de faire rentrer El Chicharito ? Qui n'a pas exultré lorsque ce dernier a planté ses superbes buts contre la France et l'Argentine ? Qui n'a pas pesté en voyant Rooney rater ses matches ? Qui n'a pas eu de la peine pour Evra, noyé dans un océan de bêtise ? Qui n'a pas engueulé Vidic lorsqu'il s'est envolé pour toucher le ballon de ses petits doigts serbes, dans sa surface de réparation ?

Déception, donc, certes, mais nullement comparable à la déception engendrée par une défaite contre Chelsea, par exemple. Déception, oui, un peu. Mais aussi (surtout ?) soulagement ! Nos joueurs vont pouvoir se reposer, partir en vacances, oublier la pression inérante à cette Coupe du Monde et nous revenir plus frais qu'ils ne l'auraient été avec deux ou trois matches de haut niveau supplémentaires. Si leur forme physique n'en sera que meilleure au moment d'entamer cette nouvelle campagne, à la reconquête d'un 19ème titre tant attendu, on peut s'interroger, voire s'inquiéter de l'état psychique de certains d'entre eux pour qui cette Coupe du Monde fut un réel enfer... Etat des lieux.

Patrice Evra : Il devrait être l'un des joueurs les plus marqués par ce mondial. Fraîchement promu capitaine des Bleus, Patrice a vécu les résultats médiocres mais aussi les querelles intestines d'un groupe gangréné par les clans, un entraîneur à la ramasse et la furie des medias hexagonaux. On se souviendra plus de lui comme de celui qui "cherche le traître" que comme l'un des meilleurs arrières gauche de la planète. Trop concerné par les problèmes extrasportifs de sa sélection, Evra a oublié son football en salle de presse, et perdu le respect de beaucoup de supporters français. Cette histoire, qui n'est pas encore terminée, risque de le marquer pour des années. Il est sans conteste le joueur pour lequel on peut se faire le plus de souci. Mais Patrice a du caractère et on peut espérer que ces quelques semaines de vacances, loin de la tempête médiatique, lui feront le plus grand bien, avant de reprendre le chemin d'OT, dans l'ambiance saine d'une équipe soudée et dirigée par un père qui sait motiver ses troupes.

Wayne Rooney : Juste après Evra, Wazza est le joueur qui aura le plus déçu et été déçu. Toute l'Angleterre l'attendait, ce devait être SA Coupe du Monde. Résultat : aucun but, aucune passe décisive, aucun éclair de génie et une remarque déplacée aux supporters mécontents. La vérité, c'est que Wayne est toujours à la recherche de la forme qui était la sienne avant la fin du mois de mars et sa blessure. Cette forme qui l'a vu planter but sur but avec une aisance presque insultante pour tous les autres attaquants d'Albion et d'Europe. Usé, fatigué et, il faut le dire aussi, beaucoup moins bien approvisionné en bons ballons qu'à United, Wayne a raté sa Coupe du Monde. Comme prévu, beaucoup de fans anglais vont le prendre en grippe, sa chance est que ses coéquipiers furent au moins aussi mauvais que lui. Et si Roon est un guerrier sur le terrain, il possède également les ressources mentales pour se fixer de nouveaux objectifs qui, s'ils n'effaceront pas entièrement la déception de 2010, pourraient tout de même l'aténuer fortement.

Ji-Sung Park : Coupe du Monde réussie pour Parkounet. Un but, des performances à son image, le capitaine des red tigers n'a pas déçu ses fans. Fidèle à lui-même, il a arpenté son couloir avec panache et mené ses troupes jusqu'en huitièmes de finale où les sud-coréens auront tenu en respect les uruguayens jusqu'au but dans la deuxième prolongation de Suarez.

Nemanja Vidic : On ne peut pas dire que Nemanja a affiché en sélection la solidité qui a fait de lui l'un des meilleurs défenseurs centraux du monde. Courtisé par le Real, Barcelone et autre City depuis de longs mois, notre bûcheron préféré aurait-il déjà la tête ailleurs ? Espérons que non, à condition qu'il retrouve son niveau des saisons précédentes... Elimination au premier tour pour les serbes, synonyme d'échec, et une victoire de prestige contre l'Allemagne. Maigre consolation.

Javier Hernandez : S'il en est un qui n'avait rien à perdre en Afrique du Sud, c'est bien lui. Annoncé à Manchester United à la surprise générale plus d'un mois avant la Coupe du Monde, ce jeune inconnu (hors Mexique, où il est déjà une star) a su saisir sa chance à chaque fois qu'elle lui fut donnée. En matches de préparation, d'abord, puis en compétition. Entré au jeu lors de la rencontre Mexique - France, alors que le score était encore bloqué à 0-0, El Chicharito, parti à la limite du hors-jeu, s'en est allé tromper Lloris avec le sang-froid d'un Ole Gunnar SOlskjaer. Eliminé en huitièmes de finale contre des argentins bien aidés par l'arbitrage, il a quitté cette Coupe du Monde par la grande porte en inscrivant une merveille de but tout en technique, rapidité et précision, au milieu de deux défenseurs renommés, nous rappelant cette fois le jeune Michael Owen. Nul doute que ces performances auront boosté la confiance déjà grande du petit pois. Le plus dur reste à faire : confirmer au plus haut niveau, dans le championnat anglais où les défenseurs ne sont pas tendres. Ferguson lui en donnera-t-il la chance ? On le cite déjà en prêt dans certains clubs espagnols...

Michael Carrick : Quelqu'un a des nouvelles de Michael ??? En voilà un qui se sera bien reposé en tous cas...

Nani : Blessé juste avant le début de la Coupe du Monde, ce joueur aura-t-il eu le temps de digérer l'énorme déception de ce coups du sort ? Nani arrivait en Afrique du Sud dans la forme de sa vie, après des prestations de haut vol à United en fin de saison, atteignant enfin le niveau qu'on attendait de lui. Les ailes coupées au pire moment, Nani devra récupérer de sa blessure et nous revenir dans la même forme qui l'a vu gagner le coeur de nombreux fans auparavant très sceptiques sur le portugais (je sais de quoi je parle). Quand on sait que ce jeune homme fonctionne beaucoup au mental, on se dit que la thérapie Ferguson devra encore faire des miracles.

Rio Ferdinand : Comme Nani, Rio s'est blessé en préparation (merci Heskey). Le nouveau capitaine des Three Lions a la santé fragile depuis quelques saisons, et son forfait pour la Coupe du Monde n'a pas surpris les supporters que nous sommes. Ce fut un coup dur pour le défenseur, et aussi certainement pour la sélection anglaise, privée d'un joueur expérimenté et d'un capitaine emblématique. Cela a permis à Gerrard de récupérer le brassard et à Terry de foutre la zizanie dans l'équipe. VDM. On peut s'intérroger sur l'avenir de Rio à OT, ses apparitions dans un maillot rouge se faisant plus rares d'année en année, il semble nous avoir donné ses plus belles années... Puisse-t-il me faire ravaler mes mots !


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