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Homélie 14° Dimanche du Temps Ordinaire C 2010 – Jésus joue collectif

Publié le 03 juillet 2010 par Walterman

 

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La désignation par le Christ de soixante-douze disciples (certains manuscrits grecs portent soixante-dix) pour collaborer à sa mission est une action d’une profonde signification biblique. Quand Moïse conduit le peuple d’Israël vers la Terre Promise, Dieu lui demande de désigner soixante-dix anciens pour avoir part à l’esprit de Moïse et être ses auxiliaires. Plus tard, le Sanhédrin, l’instance dirigeante d’Israël au retour de l’exil à Babylone, était composé de 71 anciens. Le nombre 72 peut même avoir encore un autre sens. Le Livre de la Genèse décrit la division du monde non-juif en 70 nations. Ainsi, le choix par Jésus de 72 disciples pourrait refléter l’universalité de sa mission rédemptrice. Elle inclut le 70 nations païennes, plus la nation d’Israël, et, peut-être, son Eglise, le nouveau Peuple de Dieu. Un total de 72.

En suivant cette trame, le Christ, nouveau Moïse, montre qu’il accomplit l’Ancienne Alliance. Cette insistance de l’Ancien et du Nouveau Testament sur le fait que Dieu choisit des collaborateurs pour l’aider à construire son Royaume, montre quelque chose d’essentiel au sujet du Seigneur : il est un joueur d’équipe. Il n’est pas venu seulement pour annoncer la Bonne Nouvelle, mais pour instituer son Eglise, l’association de ses disciples, ses collaborateurs, pour assurer la continuité de l’annonce jusqu’aux extrémités de la terre, jusqu’à la fin du temps. Jésus sauve le monde, mais pas tout seul. Il veut le faire avec notre aide. Depuis le pape jusqu’au dernier des croyants baptisés, nous avons tous part à la même mission : aider le Christ à construire son Royaume.

Cela devrait être notre plus grande joie. Comme le disait Benoît XVI :

"Je suis convaincu qu’il y a un grand besoin pour toute l’Eglise de redécouvrir la joie de l’évangélisation, de devenir une communauté inspirée d’un zèle missionnaire pour que Jésus soit mieux connu et aimé." (Lettre à l’Assemblée pan-asiatique pour la culture, organisée par le Cardinal Paul Poupard, 15 novembre 2006)

Une des manières dont Jésus montre qu’il est un joueur collectif, c’est qu’il partage avec nous sa propre expérience. Ces 72 disciples dont nous venons d’entendre parler, étaient invités à partager la mission du Christ. Ceux-ci ont généreusement accepté, et, à cause de cela, ils ont eu part à la victoire même du Christ. Ils sont revenus en se réjouissant, étonnés que même les démons leur étaient soumis. Nous pouvons tous avoir part à l’expérience des victoires du Christ, pourvu que nous ayons assez de courage pour répondre à son invitation, pour sortir comme "ouvriers dans la récolte", pour répandre la Bonne Nouvelle de l’évangile.

Mais le Christ ne se contente pas de nous donner part à ses victoires. Il nous donne part également à ses souffrances, sa croix. Nous avons tous des amis intimes et pas si intimes. Souvent, la différence est que nous amis intimes sont prêts à partager leurs épreuves avec nous, et nous avec eux. Des amis qui souffrent ensemble sont plus soudés. Jésus veut avoir cette intimité avec nous.

C’est ce à quoi fait allusion saint Paul dans la deuxième lecture, quand il écrit aux Galates:

« Que la croix de notre Seigneur Jésus Christ reste mon seul orgueil. »

Ce que saint Paul estime le plus, c’est qu’il a eu part au rejet, aux souffrances du Christ. Il est un des rares saints dans l’histoire qui a eu part aux plaies mêmes du Christ. A part son martyre à Rome vers l’an 68, Paul avait reçu le don des stigmates, l’apparition sur ses propres mains et pieds des plaies du Christ sur la croix. C’est ainsi que la plupart des exégètes interprètent la phrase que nous venons d’entendre dans la Deuxième Lecture :

« je porte dans mon corps la marque des souffrances de Jésus. »

Jésus n’est pas comme les divinités païennes dont on disait qu’ils résidaient sur le Mont Olympe et qui manipulaient avec nonchalance les chétifs humains sur la terre. Jésus est le Roi de l’Univers qui a fait de nous des partenaires dans sa mission, des ambassadeurs officiels de son Royaume.

Parfois nous oublions que Jésus veut que nous soyons des membres actifs de son Eglise. Parfois nous pensons que l’Eglise est une sorte de station d’essence, un endroit om nous pouvons aller faire le plein spirituel. C’est vrai, bien sûr, mais ce n’est pas tout. Aujourd’hui Jésus nous rappelle que nous sommes ses collaborateurs, ouvriers avec lui, ses coéquipiers. Et dans son équipe, il n’y a personne sur le banc des remplaçants. Plus nous participons activement à la mission du Christ d’étendre son Royaume par nos paroles, nos prières et notre exemple de vie chrétienne, plus nous aurons part à la joie du Christ. Si, courageusement, nous sortons comme ambassadeurs du Christ, nous reviendrons en nous réjouissant, comme les 72 disciples.

Cela peut être aussi simple que de faire un petit plaisir à son voisin, ou aussi exigeant que d’aller visiter un prisonnier, trouver un abri pour une maman célibataire, ou inviter un incroyant à venir à la messe.

En poursuivant cette Eucharistie, demandons au Saint Esprit d’éclairer notre intelligence afin que chacun puisse faire un bilan de son amitié avec le Seigneur. Nous sommes tous ici parce que nous aimons le Christ et parce que nous voulons le suivre de plus près. Jésus veut la même chose. En le recevant dans la Sainte Communion, demandons-lui de faire de nous de meilleurs disciples, de nous envoyer en mission au cours de cette semaine pour apporter la Bonne Nouvelle à quelqu’un qui a besoin de l’entendre.


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