Magazine Bien-être

La solitude de l’enfant naissant

Publié le 06 juillet 2010 par Do22 @DominiqueJeann

J'ai le plaisir de vous présenter une nouvelle collaboratrice au blog, Brigitte Denis, qui nous parlera de bébés, d'enfance, de grossesse.

Ne pas l’oublier…

Les nourrissons qui ont pris la parole dans mon bureau grâce à la PAB (La Parole Au Bébé, approche que j’ai mise au point en m’inspirant entre autres de la Kinésiologie Appliquée) et qui nous ont parlé de leur naissance nous confient bien souvent regretter ne pas avoir reçu assez de support durant cette traversée exigeante.

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Et les fœtus, sur le point d’affronter leur entrée dans le monde nous parlent de leur besoin d’accompagnement conscient lorsqu’ils naîtront. Ils demandent ni plus ni moins à leurs deux parents d’être avec eux, de les rassurer, de leur parler, de maintenir le lien, de leur tenir la main par le cœur… et de ne pas les oublier pendant leur «traversée». En effet, alors que la mère sent que les contractions malmènent son corps, il lui est si facile d’oublier qu’une autre personne se fait aussi balloter par cette bourrasque.

Oh, bien sûr, la naissance est un événement normal de la vie, et le corps du bébé-naissant est constitué de façon à pouvoir très bien supporter tout le travail de l’enfantement. Mais ne pourrait-on pas dire la même chose de la mère qui accouche? Son corps, à elle aussi, est parfaitement conçu pour donne1r naissance et pourtant on se rend bien compte que l’accouchement se passe mieux lorsqu’elle ne se sent pas seule. Des études démontrent maintenant, chiffres à l’appui, qu’elle souffre moins et qu’elle nécessite moins d’interventions médicales lorsqu’elle est accompagnée et bien supportée.

L’enfant, comme sa mère, a besoin lui aussi de soutien, pas seulement d’avoir de bons soins physiques. Il a besoin de support pour le cœur, l’esprit et l’âme. Et cela fait une grosse différence. Ce soutien, avant et pendant sa mise au monde, peut même influencer positivement l’issue de sa naissance. On le sait bien maintant combien les émotions et les pensées influent les réactions du corps physique. Durant le travail d’une mère qui accouche, on oublie qu’ci un fœtus est également en travail. On oublie ses pensées et ses émotions… parce qu’on croit qu’il n’en a pas. Mais c’est faux, les bébés me l’ont dit.
Alimenter la solitude…

À la lumière de ce qu’expriment les bébés dans mon bureau au moyen de la PAB, je ne peux que constater que durant la naissance, la solitude est souvent trop présente. Mais que signifie « se sentir seul » pour un enfant au jour de sa naissance? Cette réponse est sensiblement différente pour chaque enfant prénatal mais, en gros, cela signifie que, pour les autres, il n’a pas de réelle existence, qu’on croit qu’il ne ressent rien et qu’il n’a pas de vie intérieure. Cela veut dire qu’il souffre lorsque l’on ne voit en lui qu’un petit bébé et une semi-personne sans conscience, une chose à extirper du corps de sa mère. Voyez-vous, jamais sa capacité de perception ne sera plus sensible qu’à l’heure de sa naissance!

Alimenter la solitude de l’enfant naissant, c’est vivre des émotions intenses tout près de lui sans prendre le temps de prendre le pouls des siennes. C‘est oublier que les contractions (et tout ce qu’elles entraînent comme pensées et comme émotions tant chez la mère que le bébé in utero) continuent quand même pour l’enfant même si la mère ayant subi une anesthésie (péridurale ou autre) ne les sent plus. C’est se sentir soulagé des cris du nouveau-né alors que lui est en train de pleurer de tristesse, de peur ou de colère.

La naissance peut être ce pont vers un magnifique projet si les parents réussissent à faire ressentir à leur enfant: « Nous sommes là pour toi maintenant » au lieu d’une vague promesse: « Nous serons là lorsque tu seras enfin dans nos bras. On t’attend. On s’occupera de toi lorsque tu seras né ».
Pas encore retourné…

Il y a plusieurs années, Alissa, est venue me consulter : enceinte, elle en était presqu’à la fin de sa grossesse, et son bébé ne s’était pas encore retourné. Malgré les nombreux essais qu’elle avait tentés (tant ceux de son médecin, que celui de son acupuncteure, son homéopathe et son ostéopathe), l’enfant se présentait toujours par le siège et Alissa redoutait une césarienne.

Dans ces cas-là, Anne Givaudan et Daniel Meurois rapportent que « l’âme bégaie sa naissance »1 par crainte ou anxiété. En donnant la parole à la Sagesse de son enfant in utero, c’est justement ce que nous avons constaté. Du fait de nous être mis à son écoute, nous avons alors compris non seulement pourquoi il ne se présentait pas bien, mais aussi évité une césarienne. Ces parents-en-devenir ont également pris conscience qu’un enfant sur le point de se présenter au monde a une vie intérieure très très riche. Cette consultation avec Alissa fut l’une des plus bouleversantes que j’aie connues jusqu’à maintenant parce qu’elle m’a fait réaliser toute l’ampleur de la solitude de l’enfant naissant.

Son gynécologue avait dit à Alissa qu’à ce stade avancé de sa grossesse, il était trop tard pour penser que le fœtus puisse être capable de se retourner. J’ai commencé par rassurer la jeune mère : lorsqu’ils obtiennent l’aide dont ils ont besoin, j’ai vu à plus d’une reprise des bébés se retourner aisément dans le ventre de leur mère, même très tard dans leur gestation et même durant leur naissance alors que le travail a déjà commencé! Alors, nous avons donné la parole à ce bébé. Il nous a parlé de sa solitude et surtout de sa peur d’être abandonné au moment de devoir affronter le prochain seuil de sa vie.
Un premier défi…

Pour mieux comprendre la solitude de l’enfant naissant, imaginez la scène suivante : celle d’un accouchement normal. Le travail est commencé depuis plusieurs heures déjà. Tout autour du bébé-naissant, la tempête fait rage. Ça n’en prendrait vraiment pas beaucoup pour que cette tempête se manifeste également en lui. Il est bousculé, pressé, massé plus intensément que jamais il ne l'a encore été par son nid utérin. Il peut passer à travers cette nouvelle transition. Il peut s’abandonner aux sensations nouvelles. Il peut le faire… mais ce serait tellement plus facile s’il se sentait accompagné et surtout moins laissé à lui-même.

À ce moment, un défi se présente pour ses parents: vont-ils apporter leur soutien à leur enfant? Sauront-ils lui tendre la main et rester avec lui tout au long de sa naissance jusqu’à ce qu’il soit vraiment atterri dans leurs bras? Penseront-ils à lui dire qu’ils l’aiment, qu’ils sont là et vont le rester? Sa mère va-t-elle lui murmurer que, de l’autre côté de ce tunnel, elle y sera encore et que la Vie va continuer? Oui! Tout le monde voudrait répondre : « Oui, moi je veux le faire! » Mais comment y arriver? Comment, concrètement, apporter ce support à l‘enfant naissant et à l’enfant qui se prépare à voir le jour?
Dialoguer grâce à la PAB…

Concernant le bébé d’Alissa, nous avons invité la grande Sagesse présente au cœur de son bébé (comme en nous tous d’ailleurs) à nous parler de son sentiment de solitude. Au moyen de la PAB, son âme nous a fait comprendre que cet être avait connu bien des situations, dans ses passés, marquées de solitude, d’abandon et de désespoir. Il nous a confié être venu, cette fois-ci, faire un apprentissage très précis dès le début de sa nouvelle vie. Il s’agissait de prendre conscience d’une grande leçon : cet être devait apprendre à s’accompagner lui-même, c’est-à-dire être présent pour lui-même. En effet, jusqu’à maintenant, il avait développé un vieux pli : si on ne prenait pas soin de lui, lui-même se laissait tomber. Il ne prenait pas soin de ses propres besoins. Il s’abandonnait. Il se sentait complètement dépendant des autres pour son propre bonheur. Il s’attendait à ce que les choses se fassent de l’extérieur, par les autres, sans sa participation, se sentant complètement impuissant. Du fait de cet état d’esprit, il était en train de programmer, inconsciemment bien sûr, une césarienne, opération qui consiste à aller chercher l’enfant qui, pour une raison ou pour une autre, est impuissant à se mettre au monde par lui-même. Maintenant, il devait passer d’un état intérieur passif et de dépendance à une attitude proactive.
Prendre de l’altitude…

Déjà, cette mise en mots lui a donné un regard différent sur ses forces intérieures et sur son pouvoir personnel qu’il croyait inexistants. L’espoir est apparu. Et la confiance lui est revenue. Il s’est rappelé qu’il n’était pas si démuni qu’il le croyait. Prendre de l’altitude au-dessus de sa situation lui a fait jeter un regard neuf sur ce qu’il était venu apprendre à faire pour lui-même.

Oui, même avant de naître, un tout petit bébé peut faire de grands pas parce qu’il est aussi un être, une personne. La croissance peut se faire au niveau de l’âme, du cœur et/ou des pensées (ou des « formes-pensées » selon l’expression d’Anne Givaudan2), et les effets touchent aussi le corps physique… comme a pu le constater Alissa. 

En effet, la nuit suivante, Alissa n’a presque pas dormi : son gros bébé de plus de trois kilos et demie a dansé la java pendant plusieurs heures! Et pourtant c’était une bonne nouvelle parce qu’à la visite suivante, le lendemain matin, son médecin lui a confirmé que son bébé était installé tête première, parfaitement positionné pour naître facilement... Ce qui s’est passé trois jours plus tard le plus harmonieusement du onde! Il s’était finalement pris en mains, je crois bien.

Brigitte Denis
Consultante en périnatalité, conférencière, animatrice et auteure

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1 Les neuf marches - Histoire de naître et de renaître- Anne Givaudan et Daniel Meurois, Éditions Amrita, 1991.
2 Formes-Pensées - Découvrir et comprendre leurs influences sur notre santé et sur notre vie- Anne Givaudan avec la collaboration du Dr. Antoine Achram, Éditions SOIS, 2007.


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