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Michel Vion : "Il faut aider et impliquer toutes les régions"

Publié le 13 juillet 2010 par Mirkohominal
Le nouveau président de la FFS dévoile les grandes lignes de son programme. Deux axes principaux sont ciblés avec une préparation encore plus méthodique des grands rendez-vous et au niveau national un effort sera fait au niveau des comités régionaux. Mirko Hominal

Champion du monde de combiné ( ski alpin) en 1982, Michel Vion a été élu le 26 juin 2010 président de la fédération française de ski. Il prend la suite d'Alain Méthiaz qui est resté six ans à ce poste.

Vion est également un ancien Directeur Technique National et ancien directeur de course chez Rossignol. Il connait donc parfaitement tous les rouages du ski et il va sans aucun doute faire profiter le ski français de sa grande expérience.

Le nouveau président répondait il y a quelques jours aux questions de www.franceolympique.com , voici la première partie de ce long interview au combien intéressant.

Michel Vion revient tout d'abord sur les principaux chantiers de son premier mandat :

« La Fédération Française de ski a été bien menée depuis six ans. En termes sportifs, il y a eu de vraies bonnes évolutions avec des équipes de France maintenant compétitives dans toutes les disciplines, et une situation fédérale qui est très saine, en termes de finances, de relations institutionnelles... La Fédération est donc sur de bonnes bases. A partir de celles-ci, je compte mener mon action autour de deux axes principaux.

Le premier, c’est notre équipe de France, la vitrine de notre fédération, de notre sport, de notre pays. Il s’agit de l’axe consacré à ce qui va bien, mais qui doit être amélioré par souci du détail. Nous avons une équipe de France performante mais qui, parfois, passe à travers, on l’a vu par exemple avec les alpins à Vancouver. Cet hiver, nous avons obtenu des résultats inédits, en termes de podiums en Coupe du monde comme de médailles à Vancouver. Néanmoins, on s’est tous rendus compte que certains favoris étaient passés à travers et certaines disciplines ont peut-être moins bien géré que d’autres l’événement olympique.

Michel Vion : L’idée est que l’équipe de France et toute la partie haut-niveau doit travailler sur les détails, en termes de préparation, physique, mentale, bien sûr, mais aussi en termes d’approche des événements. On ne va pas tout révolutionner, mais l’idée est d’identifier et de perfectionner tous ces détails qui font que ça claque fort au bon moment.

Mon rôle sera de donner les moyens à la DTN et à l’ensemble du staff technique, d’affiner le produit afin que nos athlètes, qui sont déjà performants, soient plus réguliers sur la saison et participent au combat pour les médailles dans les grands événements. Et ces grands rendez-vous, championnats du monde ou Jeux Olympiques, sont très fréquents dans nos disciplines.

Le deuxième axe tient dans une meilleure intégration de l’ensemble de nos comités régionaux, au niveau sportif, pour assurer la relève, comme au niveau de la vie fédérale, du développement. La plupart des comités sont en difficulté, financière notamment. Notre sport est régional, saisonnier. Il n’est pas évident de maintenir toute l’année des structures, des fonctionnements, de tenir les licenciés. Nous sommes dans une société où tout va vite, ou tout le monde zappe. Quand on reste quelques mois sans activité, on se fait vite sortir du jeu.

Il s’agit donc de mieux créer ce lien avec les régions, de mieux les impliquer. Nous allons essayer de les aider, en termes de ressources, pour faire en sorte d’arriver à un projet fédéral global qui mette tout le monde dans le jeu, où tout le monde se sente concerné. On sait que certaines zones seront plus difficiles à développer que d’autres. Dans les secteurs de montagne, l’activité est déjà bien installée, bien concrète et il est plus difficile de l’étendre.

Mais il y a des régions moins favorisées, plus éloignées des montagnes, avec des bassins de population importants et qui n’ont sans doute pas été suffisamment exploités jusqu’à présent. Il va donc falloir chercher un autre développement, par des propositions, par de l’événementiel, par des offres aux licenciés, aux clubs. C’est un projet global qu’il faut maintenant mettre en place, autour des régions qui ont une marge de progression importante en termes d’activité. »

 

R�f�rence : ffs11-an-mc-02-250Racer's  Name : VION MichelNationality : FRAPlace : ANNECY (FRA) 2010Event :  CONGRESCopyright : Michel COTTIN/AGENCE ZOOMLe président Vion aborde ensuite l’aspect financier qui détermine lui aussi une partie de la réussite des athlètes :

« On sait que les régions ont du mal à drainer des finances. Il y a bien des produits fédéraux, des aides classiques de Conseils régionaux, de Conseils généraux, et quelques subventions par-ci par-là, mais par nature, les comités régionaux n’ont rien à « vendre ». C’est bien la maison-mère, la fédération, qui a cette capacité, via de l’événementiel, du sponsoring auprès de partenaires … l’idée est de permettre une certaine redistribution de moyens qui seraient générés par la maison-mère.

On sait que le monde du ski dispose de toute une richesse économique, d’un environnement dynamique, en termes de remontées mécaniques, de stations. Même si, avec la crise actuelle, tout le monde souffre, nous sommes tout de même une fédération privilégiée comparée à d’autres qui ne disposent pas de ces ressources, de cet accompagnement, de ce potentiel, de ce contexte favorable.

Avec nos partenaires institutionnels, on doit être capable de générer encore d’autres ressources. En mettant en commun notre réseau fédéral et l’ensemble des professionnels de la montagne, on a une force extraordinaire que l’on n’a encore jamais trop exploitée. Il ne s’agira pas forcément de sponsoring direct, mais on va essayer d’avoir des partenaires privés qui nous accompagneront dans différents projets, sportifs, événementiels, de développement… »

 

Un partenariat avec les écoles de ski, les remontées mécaniques et d’autres fédérations sportives est également envisagé :

« Avec les écoles de ski, nous avons un partenariat naturel. Les deux mondes sont imbriqués, nous sommes ensemble sur le même bateau. Dans les clubs, une grande partie de l’activité est gérée par des moniteurs. Les entraineurs nationaux, les entraineurs régionaux sont aussi souvent des moniteurs. Y compris dans le nouveau comité directeur, il y a une vingtaine de moniteurs sur 50 membres. Ils n’enseignent pas nécessairement, mais ils ont ce statut. Après, les relations doivent être saines. En clair, on a chacun nos prérogatives, notre corps de métier. Le curseur doit être mis au bon endroit, il ne faut pas qu’il y ait d’ingérence, mais un soutien total des deux côtés. J’ai de bonnes relations avec les moniteurs et il devrait être assez facile de nous entendre.

 

FourcadeLes remontées mécaniques (le SNTF, syndicat des téléphériques de France), l’autre gros partenaire institutionnel, nous amènent également des ressources, mais peut-être peut-on aller encore plus loin, pas forcément en termes financier, mais en intégrant encore mieux leur activité avec la nôtre. Avec les écoles de ski et les remontées mécaniques, nous avons deux partenaires naturels, que nous connaissons bien, mais on peut encore, je pense, trouver d’autres pistes. J’ai quelques idées, mais il faut d’abord en parler avec les instances de ces institutions.

Une réflexion doit être menée pour savoir comment aborder les quatre ans à venir, la nouvelle Olympiade, et voir comment nos deux principaux partenaires pourront nous aider à générer d’autres moyens. Il y a d’un côté les besoins des équipes de France qui sont, eux, stabilisés, connus, identifiés. Et d’un autre côté, le développement de l’activité fédérale, du sport-ski, via les clubs, doit passer par de nouveaux moyens, c’est évident. Ces deux partenaires peuvent nous aider à générer ces moyens. »

Il est par ailleurs très possible que nous nous associons à d’autres fédérations sportives. Nous avons effectivement des clubs qui pourraient très bien être omnisports et se mettre en place avec d’autres disciplines proches des nôtres. C’est tout à fait envisageable.

 

La suite et la fin de ce long interview sera mis en ligne mercredi, Michel Vion reviendra notamment sur la candidature d’Annecy aux JO 2018. Le président fera également part de ses impressions sur les JO de Vancouver sans oublier la question sur les JO de la jeunesse prévu l’hiver prochain à Innsbruck.

 

N’hésitez pas à laisser vos commentaires ci-dessous.

 

Photos : copyright Nordic Focus

 

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