
Lorsque le premier char est arrivé place Yves Guéna, la foule s'est agitée, les gens se haussaient sur la pointe des pieds pour voir au-dessus des têtes. Selon les médias, le Tour de France était le thème de la soirée. Moi, j'étais debout sur un mur avec quelques autres amateurs de sensations fortes. De là, si mon équilibre était précaire, la vue au moins était bonne. Une foule impressionnante remplissait l'horizon. Si l'on considère que 11 000 personnes s'étaient rassemblées au stade du COPO l'an dernier pour la performance du Groupe F, on pouvait estimer ce soir-ci un nombre aussi grand ou à peine inférieur, de gens amassés le long des rues, sur et autour des places. J'ai pensé un instant au nombre de visites que recevait Périblog chaque mois (entre 8 000 et 11 000 visites d'internautes. Source : Google Analytics) et je me disais que dans les deux cas, cela faisait beaucoup de monde.

Mais revenons-en au spectacle. Dès le début, j'étais perdu... Au bout d'une dizaine de minutes, les jeunes mères ne s'attendant à voir guère mieux que quelques casquettes et les boutons nacrés de l'instrument d'Yvette Horner défiler bruyamment, repartaient chez elles, traînant par la main leurs bambins excités ou poussant le landau d'où s'échappaient pour certains des cris stridents de bébés apeurés. Et moi descendu sans encombre de mon mur, avec les milliers d'autres, je suivais la foule, sans plus d'idées dans la tête qu'un mouton de Panurge. Pour comprendre l'histoire qu'on nous racontait, il aurait fallu être près des artistes, à portée des haut-parleurs et des mégaphones. Mais, pour ma part, j'avançais la tête dans le guidon en queue d'un peloton qu'il m'était difficile de remonter.À hauteur du palais de Justice, je rattrapais notre maire qui marchait tranquillement, collé aux roues de ses invités pour s'abriter peut-être de la douce brise frontale. Nous nous sommes salués et avons échangé quelques mots. Michel Moyrand était ravi de voir autant de monde et je l'aurais été aussi si j'avais été dans ses cales-pied. Je sais ce que disent quelques-uns de mes amis et de ses détracteurs (parfois les deux), mais je ne peux m'empêcher de penser que malgré certaines décisions erronées et certains favoritismes de sa part et de celle de ses co-équipiers que l'on me rapporte depuis le début de son sextennat, plus flagrante encore qu'avec l'équipe précédente, notre maire a au fond bon cœur et désire bien faire ; tout comme notre Président.
Arrivé en face de la Société Générale, le peloton fit halte.... musique Rap'euse et clameurs. J'en eus vite assez et décidai dare-dare de griller les étapes. J'entrai dans la rue Éguillerie que l'on appellera désormais « l'enfer du Sud Ouest » à cause des ses pavés luisants et, avec d'autres, je traversai la place Saint Silain pour retraverser, tête baissée, l'avenue Montaigne et atteindre enfin l'esplanade Badinter baignée d'une lumière rouge d'un bien bel effet. Là, avec quelques centaines d'individus, j'attendis que les coureurs atteignent finalement l'arrivée. Ce fut long, mais on se distrayait en regardant les derniers préparatifs pour le grand final, ainsi que les gens autour de soi qui se dandinaient dans l'atmosphère gothique qui n'aurait pas était pour déplaire à mes amis du groupe Sandie Trash.
Puis soudain mon cœur et mes tympans se mirent à vibrer au rythme de la musique intensément forte et dans la fumée et la lumière irréelle, les coureurs sont apparus bien mal en point ; se traînant dans un râle et jurant comme s'ils venaient après une crevaison de découvrir qu'ils étaient sans rustine Réma Tip Top. Deux cyclistes pédalèrent autour d'une sphère qui s'élevait vers les cieux obscurs. Puis du long podium où toute l'équipe s'offrait en spectacle, trois ou quatre fusées sont parties enflammer le ciel. Une pluie de confettis métallisés s'est abattue sur nous en passant dans le faisceau des projecteurs. L'effet était superbe. Finalement les coureurs nous saluèrent.
Couché sur le papier, le scénario élaboré par le « Générik Vapeur » avait dû paraître très séduisant. S'ajoutant à cela un sens certain de la communication de la part de Pierre Berthelot, le directeur artistique, dont on lisait les commentaires partout dans les journaux locaux, les organisateurs s'attendaient sans doute — comme nous d'ailleurs — à un lancement du festival MIMOS du même acabit que celui qui nous avait tous ravi sur le stade du COPO. Mais comme la peinture et les crochets du mur Cobaty, ce qui paraissait être une superbe idée, noir sur blanc et sur maquette, ne ressemblait pas à grand-chose une fois transposée dans la réalité. L'art de visualiser les projets et d'anticiper le désir des gens pour ne pas les décevoir (et éviter ainsi de gaspiller de larges sommes d'argent, que cet argent appartienne au contribuable ou non), est un talent dont tout le monde n'a pas la chance d'être doté.
MIMOS 2010 - un diaporama
Hide Show- MIMOS 2010 Perigueux place Yves GuénaRond-point Yves Guéna - Périgueux
- MIMOS 2010
- MIMOS 2010 la foule vers l'avenue Montaigne
- MIMOS 2010 le group de musiciens
- MIMOS 2010 sur l'esplanade Yves Guéna
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