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Visiter: l'emphatique château de Hluboká

Publié le 10 mai 2007 par Strogoff

Et donc une fois qu'on en eut terminé avec "Rožmberk", nous nous dirigeâmes (mon loupiot d'amour et moi-même) vers "Hluboká nad Vltavou" dont je rêvais de visiter le château depuis des années. Nous prîmes donc la route, revînmes sur nos pas, puis hop, la D163 en direction de "Dolní Dvořiště", puis la N3 (E55) en direction de "České Budějovice".

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Notre voyage fut agrémenté par d'originales asphalteuses régulièrement postées sur le bord de la route comme des platanes (plates Anne :-) et qui nous faisaient des grands signes afin d'attirer notre attention sur leurs charmes. Ben forcément, nous circulions à quelques kilomètres seulement de la frontière d'avec l'Autriche où la clientèle grassement nantie d'Euros et consommatrice d'offrandes libidineuses est toute proche. Et étonnamment, sur une toute petite route perdue dans une dense forêt où qu'on ne penserait même pas voir un chien errant sur un tracteur, ben les boucanières arpentaient consciencieusement le macadam en attente du désespéré (ou du maniaque). Ca attirait gravement l'attention de mon pirate adoré non habitué à une telle exhibition insolite. Il se désarticulait la tête à 360° comme une chouette aux aguets et commentait abondamment par des "ouah lala dis-donc",

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"regarde ça papa!", "je rêve, mais t'as vu un peu", genre Thierry Roland en finale de la coupe du monde 98 contre le Brésil. Du délire mon Jean-Mimi!

Nous finîmes par arriver à "Hluboká nad Vltavou" où nous avions décidé de nous installer, dans une pension, histoire de nous laver dru et enfin dormir dans un vrai lit après 3 jours de camping. Le choix fut fait au hasard, genre la première pension qui se présenterait, on irait voir se renseigner dedans. Et hop, on est tombé sur la pension KA-PR par le plus grand des hasards.

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Enfin presque par hasard, parce qu'il y avait quand même un panneau indicatif sur la route disant que ça existait et qu'il fallait tourner là. Puis comme cette pension était en plein centre du village, alors après 3 jours de campagne-nature intense, je n'ai pas pu résister. Du reste mon adorable galopin m'appuyait dans ce choix, aussi un retour à la civilisation, à l'asphalte et à l'oxyde de carbone s'imposait de toute urgence. Sympa la pension, bien. Pas forcément des plus abordables mais rien d'indécent, loin de là, donc somme toute correcte. Et compte tenu de la propreté des chambres toutes neuves, du confort de la literie, c'était après tout un très bon choix. Pour info, ils tournent de la "Budvar" bien fraîche, un régal.

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Nous nous installâmes, nous nous douchâmes, puis nous partîmes à l'assaut non pas du château que nous nous gardions pour le lendemain, mais de la ville de "České Budějovice" toute proche, et dont je vous parlerai dans une autre publie. Après un sommeil de plomb enfin dans un vrai lit et non sur un tapis de mousse dans une tente, nous montâmes fougueux vers le château tant désiré. Bon... ben voilà, autant vous le dire de suite, je fus... déçu, désillusionné, même consterné devant tant de vanité. Oh pour sûr, c'est beau, c'est pas ça le souci, c'est même magnifique comme splendide château, mais comment dire, le malaise vient de l'ostentation, de l'orgueil, du déploiement immodéré de l'étalage, de la débauche démonstrative de l'exhibition indécente, vous savez, le truc où l'on se sent tout de suite mal à l'aise, mal venu comme un pet dans un ascenseur. Rien que l'accueil, avec sur la tour d'entrée, tout au dessus de la porte,

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le monumental blason des Schwarzenberg (voir ma photo) qui vous pète à l'oeil comme un poing dans le nez (ou l'inverse). Tandis que chez le commun des mortels, vous serez accueillis par un nom sur une sonnette, 2 x 6 cm environ. "Nil Nisi Rectum" qu'est leur devise (rien que l'anus :-) Bienvenus braves gens.

En fait ça sent l'éclosion de la lutte de classe et de la révolution prolétaire, le "foutons l'argent par les fenêtres vu qu'on en a de trop", le "m'as-tu vu ce que moi j'ai et que toi t'as pas?", enfin vous voyez, en fait c'est trop, beaucoup trop. C'est beaucoup trop beau, c'est beaucoup trop parfait, c'est beaucoup trop cher, c'est beaucoup trop visible, et c'est beaucoup trop inutile.

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C'est un caprice de princesse royale, un coup de tête de pétronabab, une folie de narcomafieux hystérique, bref, une aberration insane dans l'humble simplicité du monde, un dérèglement irraisonné du sain discernement rationnel, une violence sanguinaire envers le placide bon sens. Mais pour sûr c'est beau, et de ce fait c'est l'un des châteaux les plus visités de la République.

L'histoire du château de "Hluboká nad Vltavou" est pour le moins compliquée et abondante. Commençons par l'origine du nom qui mérite qu'on s'y attarde un peu dessus, genre. "Hluboká" signifie "profonde", et "nad Vltavou" signifie "sur Vltava" (rivière), d'où "Profonde sur Vltava" en Français, comme "Ivry sur Seine" ou "Saucisse sur Choucroute" par exemple.

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Donc le "sur Vltava", ok, c'est limpide et indéniable, mais d'où vient le "profonde"? Une théorie prétendrait que le nom vient du fait que le château fut construit profondément dans les bois, là où même les loups ne s'aventurent pas sans une balise GPS. Hum... ça ne tient pas, parce que "château" en Tchèque se dit "hrad", voire "zámek", et que les deux termes sont du genre masculin. Aussi l'on aurait "Hluboký nad Vltavou" ou "Hluboko v lese" (profondément dans la forêt) mais aucunement "Hluboká". Une seconde théorie prétendrait pareillement que ce serait en fonction de sa localisation géographique (du château), sur une colline surplombant une vallée. Ca ne tient pas plus que précédemment et pour le même motif, puisque "vallée" se dit en Tchèque "údolí" et qu'il est également du genre masculin.

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Non, la vraie et la seule théorie qui est valable, et que j'ai extraite d'un vieux grimoire poussiéreux écrit en Germain intitulé "Das Schloss mit schonen Damen und geschwellter Roploplo" est à rapprocher du nom allemand de la ville: "Frauenberg", la colline des dames ou la colline aux dames. En fait les résidents comme les ôtes du château ne faisaient rien d'autre que de zieuter furieusement à la jumelle dans le décolleté profond des dames du château lorsqu'icelles se baignaient dans la rivière en été et en maillot de bain. "Hluboká" vient de "hluboká dekoltáž", d'où "Hluboká dekoltáž nad Vltavou" (gorges profondes sur Vltava) qui deviendra au fil du temps "Hluboká nad Vltavou" tout simplement.

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Alors pour le reste, je vais vous le faire synthétique et résumé parce que dans le détail, vous le trouverez partout dans les bons guides qui vont bien. L'on commença à construire à "Hluboká nad Vltavou" un château gothique dés la mi XIII ème siècle sous les bons hospices du bon roi "Václav I". En 1260, l'autre bon roi "Přemysl Otakar II" octroiera le château à "Čéč z Budějovic" parce qu'il n'avait personne d'autre sous la main. En 1278 c'est "Záviš z Falkenštejna" qui en héritera, mais il sera décapité sur le terrain de foot juste devant (le château) en 1290 par ordre du roi "Václav II" pour avoir prétendu que le foot était un sport de gonzesses maniérées. En 1316 c'est Jean de Luxembourg qui se verra octroyer le castel, et son fils, le bon roi Charles IV, l'achètera en 1356 pour "sa magnifique vue sur les berges fleuries de la splendide rivière".

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Les jumelles étaient en cadeau. Puis ce seront les "Lobkovic" qui en seront propriétaires à partir de 1420 ("Mikuláš z Lobkovic"), suivis du diplomate "Jaroslav Lev z Rožmitálu" en 1475, suivi de la famille "Pernštejn" en 1490. A signaler que le mari de "Bohunka z Pernštejna", le Sieur "Ondřej Ungnad ze Suneka" fera construire mi XVI ème siècle un château d'eau qui pompait l'eau de la rivière "Vltava" afin d'amener de l'eau courante dans le château de "Hluboká". Remarquable pour l'époque, même si l'eau était froide et que "Ondřej" devait souvent se rendre jusqu'aux berges pour soi-disant "déboucher ce foutu filtre" (à la jumelle). En 1562, "Jáchym z Hradce" deviendra l'heureux et suivant propriétaire du domaine. A partir de 1563 et sous l'instigation de son fils "Adam II z Hradce" alors en pleine puberté, le château changera de couleur.

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De gothique, il se convertira en renaissance parce que ça faisait bien à l'époque, pis surtout parce que l'on dû remplacer le crépis hideusement tagué par la progéniture pubère en pleine crise d'auto-affirmation. Malheureusement les travaux immobiliers coûtant ce qu'ils coûtaient, qu'Adam grandissant transformait en renaissance tout édifice qui lui passait entre les mains, la caisse familiale s'appauvrit vite comme peau de chat brun. Pour éponger quelque peu les dettes de la famille, le fils d'Adam, ni Caïn, ni Caha, mais le bossu tordu et pileptique "Jáchym Oldřich z Hradce" vendra le château en 1598 au chevalier de "Malovic", le Sieur "Bohuslav Malovec z Malovic". La famille des "Malovce" aura, comme les "Švamberk", la mauvaise idée de participer à la révolte des Etats (1618), et comme ces derniers, se verra confisquer tous ses biens (1623) par cette immonde gouape de Ferdinand II (Habsbourg) après la bataille de la montagne blanche.

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C'est un autre lèche-cul bondieusard, le général espagnol "Don Baltazar de Marradas et Vique" qui le recevra comme "fructus belli". Mais loin d'Espagne pour les escapades week-endesques, cher à l'entretien, le château sera vendu en 1661 aux Schwarzenberg qui eux le garderont jusqu'à la fin. A partir de 1721, le renaissance n'étant plus à la mode, on mettra une couche de baroque sur les murs. Mais la couche de style la plus significative et définitive arrivera à partir de 1840 (construction jusqu'en 1871) d'après une brillante idée d'Eléonore Schwarzenberg et grâce au phénoménalinépuisable pognon de son mari Jean Adolf II Schwarzenberg. Le château entier (et pas que les murs) prendra une apparence romantique d'odeur très fortement Windsor, parce que Madame aura participé au couronnement de la reine Victoria (I ère du Royaume-Uni) le 28 juin 1838

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(couronnement qui du reste eut lieu en l'Abbaye de Westminster) et le jour suivant (29 juin 1838) se sera écriée "Jean Adolf deux, j'en veux un!" Et elle l'eut, 140 salles, 11 tours, 34 WC, sans oublier les stores aux fenêtres et les poignées de chasse d'eau au bout de chaque ficelle, comme quoi avec du pognon... (encore que les stores, personnellement...) En 1940 les biens Schwarzenbergois seront confisqués par les nazis et après la seconde guerre mondiale, le domaine sera étatisé. Et voilà en gros l'histoire du château telle qu'elle vous sera racontée (mais plus détaillée) par l'un des nombreux guides, tout en soulignant au fluo les rôles prépondérants de Madame Eléonore et de Monsieur Iléosude :-) Tiens, hop, couillonnerie dans la même veine, madame et monsieur "Les Toilpaulêre" ont une fille, comment s'appelle-t-elle? Et celui (ou celle) qui répond "Schwarzenberg" a perdu.

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Bon, maintenant ouverture de parenthèse sérieuse. Quand je dis construit (l'édifice) en style romantique, c'est pas vraiment ça, enfin si, mais précisons, car le romantisme se prête plus à la littérature qu'à l'architecture. Il s'agit en fait de style néogothique, et plus spécifiquement de style "Gothic Revival" à l'anglaise. Le plus bel exemple est le palais de Westminster, aussi appelé "Houses of Parliament", style purement néogothique victorien. Or d'aucuns appliquent à "Hluboká" un style "Gothic Tudor" ou "Tudor revival" ("Tudorbethan Style" ou "Mock Tudor") ce qui à mon avis est une erreur, puisque justement ce dernier, le simple, dépouillé, élémentaire "Tudor revival" fut créé en réaction au style néogothique victorien riche et travaillé de la mi XIX ème siècle. D'ailleurs il s'applique nettement plus à des demeures rustiques type "cottage colonial britannique",

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qu'à des édifices imposants de type Westminster ou "Hluboká". Mais bon, ce n'est rien d'autre que mon avis perso à moi, donc si jamais des férus passionnés d'architecture peuvent m'en dire plus, ils sont les bienviendus. Fermeture de parenthèse sérieuse.

Pis hop, allez, une anecdote plaisante mais véridique. Si vous regardez bien comme il faut tout autour de partout lors de la visite du castel, vous remarquerez tout autour de partout la présence d'un curieux emblème: un corbeau juché sur une tête de turc (de vrai turc de Turquie, pas d'un souffre-douleur). Cet emblème se retrouve entre autre sur le blason de la famille Schwarzenberg, dans le fond des assiettes à soupe en porcelaine du dimanche, mais sert également de poignée sur la porte d'entrée principale du château (c.f. mes photos).

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On doit cette représentation à Adolf I er Schwarzenberg (1551-1600) qui défendit vaillamment l'Europe contre l'occupation Ottomane. En 1598, les troupes impériales prenaient d'assaut la forteresse de Raab (en Hongrie, "Győr" en Hongrois mais "Ráb" en Tchèque) et remportaient une victoire décisive fêtée par toute la chrétienté d'alors. A la fin de la bataille, Adolf récupéra sur le champ (de bataille) une tête de turc fraîchement coupée et sanguinolente à souhait, la planta gaillardement sur sa lance et brandissant ostensiblement le raffiné objet, fit le tour de la boucherie au cri de "we are the champions, my friends... and we'll keep on fighting, till the end..." Au bout de quelques heures, lui comme son cheval, éreintés par leur exhibition, s'arrêtèrent au milieu du champ de bataille pour souffler un brin et allumer un clope bien mérité. C'est alors que tenant sa cibiche dans la main droite et le macabre trophée dans sa main gauche,

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maître corbeau (par l'odeur alléché) vint se poser sur la tête du turc et commença à picorer goulûment les yeux du crâne. Picoti, picota... Enthousiasmé par l'extraordinaire scène qui se déroulait sous ses yeux (à Adolf, le turc n'en avait plus), le Sieur Schwarzenberg fit incorporer cet élégant symbole dans le blason de la famille où il réside depuis plus de 400 ans. Bon, et les poignées de porte, vous allez les changer lorsque la Turquie intégrera l'Union Européenne (si jamais)?

Alors quelques informations pratiques. Il y a 2 tournées différentes, les appartements avec les salons "pour en mettre plein la vue" et la cuisine "pour en mettre plein la bedaine". Les prix pour adultes sont respectivement de 90 CzK (3,20 €) et de 80 CzK (2,80 €), sommes dérisoires aux vues des splendeurs qui vous attendent. Alors comme d'habitude, lorsque nous arrivâmes je pris les billets:

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Moi: "Bonjour, un adulte et un pas."
Elle: "140 couronnes!"
Moi: "Et peut-on photographier à l'intérieur?"
Elle: "Non malheureusement pas!"
Moi: "Et peut-on peut être par hasard éventuellement acheter un droit de photo, accessoirement?"
Elle: "Eh non, je sais que cela existe dans certains monuments historiques, mais malheureusement pas ici, vous ne pouvez pas photographier."
Moi: "Bon, et bien tant pis. Je vous remercie de votre affabilité et vous souhaite une bonne journée."
Tout en prenant les billets dans une main et celle de mon fils dans l'autre, je lui dis: "Vois-tu mon trésor, tu viens d'assister à bel exemple de dialogue urbain et courtois.

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Ah la brave dame, on sent de suite qu'elle fut élevée à la ville." Nous rigolâmes :-)

Nous entamâmes après quelques minutes la visite des appartements et salons, remisant la cuisine pour un prochaine voyage. Tout commença plutôt bien avec le jeune guide (cette fois c'était un mâle) dans la joie et la bonne humeur, youpi houra, tralala et roudoudou jusqu'au moment où nous arrivâmes dans une salle, sympa, à droite le... à gauche la... et au milieu un miroir. Et le gaillard de commenter: "miroir vénitien de la fin du... qui paraîtrait-il aurait un pouvoir magique. Mais il ne s'appliquerait qu'aux dames et encore en de spécifiques circonstances. Quelle que dame qui se regarderait dedans ce miroir magique subirait un rajeunissement significatif et accéderait à une beauté renversante mais à la stricte condition de ne plus jamais se regarder dans un miroir."

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Ouah l'autre, c'est trop fort, dingue dis-donc, ça aurait pu être du Guitry... mais surtout j'ai déjà entendu cela quelque part, exactement les mêmes propos, et il n'y a pas plus tard que pas longtemps puisque ça remonte à hier! Attends, chuis scié, ils auraient exactement les mêmes miroirs vénitiens magiques à "Rožmberk" qu'à "Hluboká", un achat groupé? Alors bien sûr, et comme la dernière fois, quelques personnes pouffèrent, et l'on passa dans une autre salle, sympa aussi. A droite les... au milieu l'... et à gauche un secrétaire. Et le gentil bougre de commenter: "secrétaire en bois du milieu du... avec incrustations de plaques en marbre bicolore.

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Certains verraient dans ces plaques les silhouettes des ruines de châteaux tchèques célèbres." Du coup je me dis attends, j'le crois pas, il ne va quand même pas nous faire le coup de la centrale nucléaire? Et le lascar de poursuivre: "Nous avons même eu un visiteur qui y aurait vu la centrale nucléaire de Temelin." Ouah l'autre, c'est trop fort, dingue dis-donc, alors là je rêve debout les yeux ouverts (tout verts)! Exactement les deux mêmes histoires mot pour mot, dans deux castels différents. Soit les deux bouffons ont fait la même école de traîne-benêt, soit on nous raconte exactement la même chose dans tous les châteaux de la République. Maintenant allez savoir qui possède l'original du miroir et du secrétaire, "Rožmberk" ou "Hluboká"?
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Encore une chance qu'on n'ait pas eu le miroir magique pour homme, parce que là, j'aurais été placer une vive objection devant toute l'assemblée. Inutile de vous dire que mon trognon de bonhomme et moi-même commencions fortement à douter des paroles du lascar, à moins que l'embrouille n'eût été le fait de la précédente platenibardesque petite. Allez savoir?

Tiens, un conseil pour les romantiques amoureux en mal d'escapade poétique. En dessous du château se trouve le luxueux hôtel Štekl. Il s'agit de l'ancienne demeure des intendants de Monsieur le Comte transformée en hôtel de première classe supérieure (?!). Pareil, comme le château... trop (c.f. mes photos)... bref... par contre c'est pas cher, enfin raisonnablement, je veux dire pour la catégorie, le faste. Tiens, exemples, une chambre (simple) au château: 3900 CzK (137 €), une chambre royale: 5300 CzK (186 €), une suite (pour 1 personne): 5600 CzK (196 €) et un appartement (pour 2): 6100 CzK (214 €), chais pas, mais pour un luxe pareil, ça me semble raisonnable à moi.

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D'autant plus que la description du palace donne vraiment envie, tiens, morceaux choisis pour rigoler... Attention, le Français est pour une fois convenablement propre grammaticalement parlant, mais les assertions, sans dec, mort de rire. Allez, hop, la première "[...] et certaines chambres situées dans les angles, rappellent les châteaux des contes de fées." Ah? Chambres, châteaux? Et c'est quoi la différence entre un poussin? Et on continue, avec la série "il est frais votre poisson?" "Les salles de bains sont modernes, propres et très bien entretenues." Ca rassure, pour un hôtel première classe supérieure (?!). Puis le truc indispensable qui donne vraiment envie de venir: "Le restaurant est situé au rez-de-chaussée, à la droite de la réception." Ben heureusement que vous me le précisez, vous me l'auriez mise ailleurs la cantoche, je ne serais pas venu. Un brin de poésie maintenant: "L'hôtel ressemble à un château historique, avec ses blanches forteresses crénelées." ...et son jardin anglais typique, où abondent roses fraîches de rosée matinale perlées.

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Puis encore quelques détails indispensables, "Le lobby, de taille moyenne, est bien éclairé. [...] Le coin salon est très agréable." Alors comme dit, avec des atouts pareils, vous ne pouvez pas y échapper, y séjourner est indispensable (encore qu'avec un lobby de taille moyenne, j'hésite). Maintenant les commentaires sont de juin 1999, ça date un peu par contre c'est toujours actuel selon le site Internet, et comme sur le site officiel vous ne trouverez pas de version Française, alors je vous ai mis celle que j'avais sous le coude.

Donc en conclusion, et si vous passez dans le coin de "České Budějovice", le château de "Hluboká nad Vltavou" qui se trouve à seulement 14 km est inévitable. Et si jamais vous le visitez, laissez-moi un petit mot avec vos impressions, merci.


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