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The Big C : le cancer, sans y toucher

Publié le 30 août 2010 par Godsavemyscreen

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Lancé le 16 août dernier juste après le coup d’envoi de la sixième saison de Weeds, le pilote de la nouvelle dramédie de Showtime a pulvérisé les records d’audience - huit ans que la chaîne n’avait rassemblé autant de spectateurs devant un season premiere -, mais reçu un accueil critique quelque peu mitigé. Créée par l’actrice et scénariste Darlene Hunt (Will & Grace, Help Me Help You), la dernière-née de Showtime s’inscrit dans ce qui est désormais devenu la marque de fabrique de la chaîne : un personnage féminin fort, en décalage avec les codes et les normes du milieu social qu’il représente, et qui par ce pas de côté permet une lecture des dysfonctionnements de ce milieu ; ce fut le cas de Nancy Botwin (Weeds), la veuve WASP reconvertie en dealeuse d’herbe, mais aussi de Tara Gregson (United States of Tara) et de Jackie Peyton (Nurse Jackie). Ce sera encore le cas de Cathy Jamison, enseignante de 42 ans et mère de famille respectable et coincée, qui à l’annonce de son cancer prend soudainement conscience des profondeurs abyssales de son ennui.

Inutile d’attendre une quelconque désagrégation des repères moraux et des conventions : si le pitch fait inévitablement penser à la bien-nommée Breaking Bad, Cathy Jamison ne partage avec Walter White que le funeste diagnostic de sa maladie, et l’on pressent très vite que brûler son canapé sera pour elle le symbole suprême de la transgression. Pas de prise de risque donc, pour un personnage sans grande saveur que Showtime se refuse à mettre en danger : The Big C doit fédérer, émouvoir et amuser, qu’importe si l’argument de départ renfermait un potentiel autrement moins consensuel. Car c’est bien là ce que l’on reproche à la série, ce refus d’exploiter le réel, cette fuite en avant gentiment ironique, là où le sujet méritait une vraie profondeur de traitement. Refuser le pathos n’implique pas pour autant de demeurer à la surface des problématiques abordées…

Reste que Laura Linney (vue notamment dans John Adams) est impeccable dans le rôle de Cathy Jamison, et que l’on retrouve avec grand plaisir l’incroyable Gabourey Sidibe, découverte il y a quelques mois dans Precious. Espérons qu’il en soit de The Big C comme du bon vin, et que la série gagne en profondeur et en justesse avec le temps.


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