Magazine Humeur

Les confessions du jeune Ratzinger

Publié le 07 septembre 2010 par Walterman

Les trois passages autobiographiques inclus par Benoît XVI dans son message pour les prochaines Journées Mondiales de la Jeunesse

Les confessions du jeune Ratzinger

ROME, le 6 septembre 2010 - Le
précédent article de www.chiesa était intitulé "Autobiographie d'un pontificat". Par une curieuse coïncidence, le jour même de sa parution, Benoît XVI a publié un message d'une richesse inhabituelle en indications autobiographiques.
Il s'agit de son message pour les Journées Mondiales de la Jeunesse qui auront lieu à Madrid en août 2011. C'est un texte visiblement écrit par le pape lui-même, une synthèse efficace de sa pensée. Du Dieu perdu au Dieu qui se fait à nouveau proche en Jésus. Un Jésus que l'on peut "toucher" dans les sacrements de l'Église.
C'est un texte qu'il faut absolument lire en totalité. Mais, pour commencer, on trouvera ci-dessous les trois passages dans lesquels le pape Joseph Ratzinger parle de lui-même, de son enfance pendant la période nazie et la guerre, des débuts de sa vocation sacerdotale et de la naissance de l'idée d'écrire un livre consacré à Jésus : "comme pour aider à voir, à entendre, à toucher le Seigneur".


PENDANT LA PÉRIODE NAZIE ET LA GUERRE

[...] Certes, me souvenant de ma jeunesse, je sais bien que stabilité et sécurité ne sont pas des questions qui occupent le plus l'esprit des jeunes. S'il est vrai que la recherche d'un emploi qui permette d'avoir une situation stable est un problème important et urgent, il reste que la jeunesse est en même temps l'âge de la recherche d'un grand idéal de vie.

Si je pense à mes années d'alors, nous voulions simplement ne pas nous perdre dans la normalité d'une vie bourgeoise. Nous voulions ce qui est grand, nouveau. Nous voulions trouver la vie elle-même dans sa grandeur et sa beauté. Bien sûr, cela dépendait aussi de notre situation. Durant la dictature du national-socialisme et la guerre nous avons été, pour ainsi dire, "enfermés" par le pouvoir dominant. Nous voulions donc sortir à l'air libre et entrer dans toutes les potentialités de l'être humain.

Je crois que, dans un certain sens, cet élan qui pousse à sortir de l'habitude existe à toutes les générations. Désirer quelque chose de plus que la routine quotidienne d'un emploi stable et aspirer à ce qui est réellement grand, tout cela fait partie de la jeunesse. Est-ce seulement un rêve inconsistant, qui s'évanouit quand on devient adulte? Non, car l'homme est vraiment créé pour ce qui est grand, pour l'infini. Tout le reste est insuffisant, insatisfaisant. Saint Augustin avait raison : notre cœur est inquiet tant qu'il ne repose en Toi. [...]

[...] l y a un moment, durant la jeunesse, où chacun de nous se demande : quel sens a ma vie? Quel but, quelle direction ai-je le désir de lui donner? C'est une étape fondamentale, qui peut tourmenter l'âme, parfois même longtemps. On pense au genre de travail à entreprendre, aux relations sociales à établir, aux relations sentimentales à développer ...

Dans ce contexte, je repense à ma jeunesse. D'une certaine façon, j'ai bien eu conscience que le Seigneur me voulait comme prêtre. Mais ensuite, après la guerre, quand au séminaire et à l'université j'étais en chemin vers ce but, j'ai eu à reconquérir cette certitude. J'ai dû me demander: est-ce vraiment ma voie? Est-ce vraiment la volonté du Seigneur pour moi? Serais-je capable de Lui rester fidèle et d'être totalement disponible, à son service? Prendre une telle décision ne se fait pas sans souffrance. Il ne peut en être autrement. Mais ensuite a jailli la certitude: c'est bien cela! Oui, le Seigneur me veut, Il me donnera donc la force. En l'écoutant, en marchant avec Lui, je deviens vraiment moi-même. Ce qui importe, ce n'est pas la réalisation de mes propres désirs, mais (.) Sa volonté. Ainsi, la vie devient authentique. [...]

POURQUOI LE LIVRE CONSACRÉ À JÉSUS

[...] Dans l'Evangile est décrite l'expérience de foi de l'apôtre saint Thomas dans l'accueil du mystère de la Croix et de la Résurrection du Christ. Thomas fait partie des Douze apôtres. Il a suivi Jésus, il a été témoin direct des guérisons, des miracles qu'il opérait. Il a écouté ses paroles. Il s'est senti perdu, face à sa mort. Le soir de Pâques, le Seigneur est apparu à ses disciples, mais Thomas n'était pas présent. Et quand il lui a été dit que Jésus était vivant et s'était montré, il déclara : "Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, et si je ne mets pas la main dans son côté, je ne croirai pas!" (Jn 20, 25)

Nous aussi nous voudrions pouvoir voir Jésus, pouvoir parler avec Lui, sentir encore plus fortement sa présence. Aujourd'hui, pour beaucoup de personnes l'accès à Jésus est devenu difficile. Ainsi, de nombreuses images de Jésus sont en circulation, qui se prétendent scientifiques et lui retirent sa grandeur, la singularité de sa personne. C'est pourquoi, durant de longues années d'étude et de méditation, a mûri en moi l'idée de transmettre dans un livre un peu de ce qu'est ma rencontre personnelle avec Jésus: pour aider quasiment à voir, entendre, toucher le Seigneur, en qui Dieu est venu nous rencontrer pour se faire connaître.

Jésus lui-même, en effet, apparaissant de nouveau huit jours après aux disciples, dit à Thomas: "Porte ton doigt ici: voici mes mains; avance ta main, et mets-la dans mon côté, et ne deviens pas incrédule, mais croyant" (Jn 20, 26-27). Nous aussi nous pouvons avoir un contact sensible avec Jésus, mettre, pour ainsi dire, la main sur les signes de sa Passion, les signes de son amour: dans les Sacrements, Il se fait particulièrement proche de nous, Il se donne à nous. Chers jeunes, apprenez à "voir", à "rencontrer" Jésus dans l'Eucharistie, là où Il est présent et proche jusqu'à se faire nourriture pour notre chemin; dans le Sacrement de la Pénitence, dans lequel le Seigneur manifeste sa miséricorde en offrant son pardon. Reconnaissez et servez Jésus aussi dans les pauvres, les malades, les frères qui sont en difficulté et ont besoin d'aide. [...]

> Message du Pape à l'occasion del la XXVIe Journée Mondiale de la Jeunesse 2011

www.chiesa Traduction française par
Charles de Pechpeyrou.


Retour à La Une de Logo Paperblog

A propos de l’auteur


Walterman 1547 partages Voir son profil
Voir son blog

l'auteur n'a pas encore renseigné son compte l'auteur n'a pas encore renseigné son compte

Magazine