Magazine Juridique

La révolte de Sylvia, victime de viol, contre le système judiciaire

Publié le 24 septembre 2010 par Justicesecurite

La révolte de Sylvia, victime de viol, contre le système judiciaireSylvia est la première victime d’Alain Pénin, meurtrier présumé de Natacha Mougel. Extraits de son portrait dans Libération, 16 septembre 2010 :

Sylvia. Le meurtre d’une joggeuse dans le Nord révolte cette danseuse, violée par le même homme en 2004.

Six jours plus tôt, Sylvia a appris qu’Alain Penin avait violé et tué une jeune femme qui faisait son jogging, à Marcq-en-Barœul (Nord). Six ans après l’avoir violée, elle, Sylvia, à Suresnes (Hauts-de-Seine), alors qu’elle faisait son jogging. Condamné à dix ans de prison, il a bénéficié d’une libération conditionnelle pour bonne conduite. (…)

Souvent, Sylvia paraît absente, à côté de son corps qui, dit-elle, «porte toujours des cicatrices, ça me saoule». Elle a repris assez vite la danse, tout en enchaînant, jusqu’à 2009, «dépression, anorexie, violence». «Et puis j’ai décidé qu’il n’allait pas me tuer à distance.» La psychologue qui la suit depuis 2004 et l’équitation pratiquée depuis deux ans, aident. Mais «le chemin est long pour se retrouver, ça me saoule». Sa mère dit que Sylvia la conquérante est aujourd’hui d’un défaitisme épuisant.

Sylvia ne sort pas sans «quelque chose pour effrayer», comme un sifflet, fait souvent demi-tour. Des phobies sont apparues, qu’elle égrène avec lassitude : «Claustrophobie. Peur des profondeurs. Peur du feu.»

Elle travaille, professeur de danse et animatrice commerciale, se dit «très sociable». «Mais il n’y a qu’aux animaux que je fais vraiment confiance.» Elle avait un petit ami, en mai 2004, «et puis je n’en ai plus eu». «Agressive, hystérique», elle en aurait, depuis, fait souffrir et fuir plus d’un. L’espoir demeure tout de même, de «réussir un jour à s’installer», et de fonder une famille.

La libération de Penin avait fait déménager Sylvia et sa mère, l’assassinat de Natacha a encore réveillé la peur, jusqu’à la paranoïa («Et si un de ses copains me retrouvait ?»).

Mais Sylvia tient à témoigner, à visage découvert et sous son vrai prénom. «Ce n’est pas une honte, et il faut que ça change, que la loi change : on est en danger en France, où un violeur peut ressortir aussi vite qu’un simple voleur.

Ajouter un commentaire Signaler un abus Imprimer cet article Partager sur Facebook Voir l'article original
Retour à La Une de

Ces articles peuvent vous intéresser :

Ajouter un commentaire

A propos de l’auteur

Justicesecurite

Magazine