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Furie - Pièce de théâtre de Jérôme Rouger au Lucernaire à Paris

Publié le 02 janvier 2008 par Loic Charm


« L’humanité est constamment aux prises avec deux processus contradictoires dont l’un tend à instaurer l’unification, tandis que l’autre vise à maintenir ou à rétablir la diversification » Claude Lévi-Strauss

Comment l’équilibre est-il, par nature, instable ? De par cette instabilité, comment tout équilibre est-il fragile, sans cesse menacé ? Comment, dans beaucoup de situations, la stratégie du conformisme minimise-t-elle les risques et maximise-t-elle les avantages ? Comment le pouvoir semble-t-il déboucher structurellement sur le cynisme, la corruption et les combats de chefs ? Comment l’homme est-il guidé dans ses choix par des pulsions de territoire, de sexe et de pouvoir ?

Regardez cet homme qui est en train de discourir. Ecoutez-le, et écoutez comme en deçà ou au-delà de sa parole, c’est autre chose qu’il nous dit, comme il nous en apprend sur ses motivations, ses frustrations et ses envies.

Dans Furie, je souhaite continuer le travail entrepris avec Trapèze, le spectacle précédent, et montrer comment la perte de la linéarité du récit ne signifie pas forcément la perte de son unité, en « provoquant l’esprit et en le tenant en éveil par l’incongruité de la succession d’informations « apparemment » non liées » qui seront mises en scène, tout cela dans une langue que je souhaiterais d’humour poétique.

Je dis « apparent », car le propos est justement de s’interroger sur cette « apparente » incohérence de notre monde moderne, et peut-être, justement en multipliant les associations inattendues, en mettant en exergue les attitudes louvoyantes qui se faufilent derrière les évidences, les discours logiques, les principes, en regardant le monde avec d’autres lunettes, en « saisir », par éclaircies, quelque cohérence.

Alors que le rationalisme institué, par sa nature même, décrit un enchaînement de connexions, il s’agit de partir à la recherche d’une forme qui dit « mieux » la complexité de notre monde moderne, ses rythmes fracturés et sa structure en patchwork. Pour cela, il ne s’agit évidemment pas uniquement de juxtaposer des « paquets de textes » côte à côte, comme une description métaphorique de notre époque, mais de retrouver, dans ce « bazar d’informations sans suite » une unité du récit, et au milieu de tout cela, de ce chaos, d’inviter à la fabrique d’un terrain où « c'est soi » sans sacrifier à l'impératif académique, et sans plier le réel selon nos vues.

Propos de Jérôme Rouger

Pièce jouée au Lucernaire
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