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Shutter island ***

Publié le 11 octobre 2010 par Chonchon44

si  Un film de Martin Scorsese (USA - 2010) avec Leonardo DiCaprio, Mark Ruffalo, Ben Kingsley, Michelle Williams, Emily Mortimer, Max Von Sydow

Génial ! Un thriller magnifique, conduit sans faute par un réalisateur décidément brillant dans tous les genres et un Leo superbe. Tous deux nous conduisent au coeur le plus sombre de la folie humaine et le mot "thriller" (qui fait frissonner) prend tout son sens... Je ne pourrai parler de ce film sans spoiler. Donc, si vous voulez garder le suspense intact, ne lisez pas la suite !

Le début : Années 1950. Teddy Daniels, US marshall, est envoyé sur Shutter Island, où est installé un pénitencier abritant des prisonniers un peu spéciaux : ils sont tous dingues. Une méthode expérimentale y est appliquée par le docteur Cawley qui pense pouvoir dénouer les cerveaux embrouillés de ses patients par le dialogue, au lieu des habituels traitements chimiques ou thérapies cognitives. Mais une prisonnnière s'est échappée de façon assez mystérieuse et Ed est donc chargé de l'enquête, avec son coéquipier Chuck.

Ed est un homme hanté par son passé : son épouse, morte dans un incendie, et la guerre, pendant laquelle, jeune soldat, il a participé à la libération des camps de concentration, et découvert l'horreur nazie, qui l'a profondément marqué. Or, pour x raisons, il soupçonne que le pénitencier cache un laboratoire secret sur la manipulation mentale et que les prisonniers servent de cobayes aux médecins. Encore choqué par les atrocités des nazis, il veut découvrir la vérité, dénoncer cette organisme barbare, pour que tout cela n'arrive plus jamais.

L'accueil est froid, les médecins semblent ne pas dire toute la vérité, les soignants sont inquiets, les patients terrifiés... L'enquête promet d'être longue, difficile et dangereuse.

SAUF QUE : (spoiler)

Les habitués des thrillers auront sans doute compris comme moi, après cependant une excellente et longue première partie où l'on suit Ed avec angoisse dans ses troublantes recherches, que notre héros... est dingue ! Et que Scorsese nous menait par le bout du nez. Toute cette histoire n'était que le délire de Ed : parano, hallucinations, cauchemars. J'ai pour ma part commencé à me poser des questions vers le milieu du film, lorsqu'on est dans la grotte avec la psychiatre en cavale et tous ces rats... Là, j'ai eu peur, non pas des rats, mais de ce que je découvrais : comment ? Scorsese tomberait dans un procédé aussi facile ? en milieu de film ? trop grosses, les ficelles ! et cette femme, elle vit de quoi et comment, dans sa grotte ? problème de scénario ? J'avais l'impression de m'être faite avoir... En même temps, cette séquence, du fait même qu'elle soit un peu tirée par le chef, enfonce le clou : Ed est fou et la psy est une hallucination. Déception : que va-t-il se passer maintenant qu'on sait que Léo est dingue... ce n'est plus drôle...

SAUF QUE : C'est un deuxième thriller qui commence. Ed est-il réellement psychotique... ou est-il en train d'être manipulé par les médecins qu'ils voulaient accuser et qui tentent de le rendre dingue afin de le conduire au silence ? Ceci dit, si c'est le cas, on se demande s'il ne serait pas plus facile de le tuer purement et simplement... Donc, les doutes se mettent à nous assaillir... est-ce ou non une entourloupe ? Scorsese nous fait croire qu'il est fou... mais l'est-il vraiment ? Le suspense est à son comble et on s'attache encore plus au personnage totalement déboussolé et interprété avec talent par Leo.

Et puis, nous avons enfin le récit de la réalité, la vraie, celle du dingue qu'est bien Ed, traumatisé par les événements de sa vie (bien plus lourds que ce qu'on apprend au début)... Malgré tous les bons soins de l'équipe médicale, Ed semble toujours aussi fou à lier et la thérapie ultime va être entreprise : lobotomie. Avec néanmoins un dernier petit twist final, jubilatoire, qui nous laisse entendre que la thérapie du docteur Cawley a enfin fonctionné, que Ed est revenu dans la réalité, qu'il a pris conscience de ses actes, ne se réfugie plus dans le déni mais... qu'il le cache pour garder le choix de son "traitement". La lobotomie pour ne plus souffrir.

Et tout ça se passe dans un environnement gothique, musique angoissante, architecture ancienne, longs couloirs inquiétants, tempête, nuit... avec la plupart de nos phobies : l'eau, le noir, la mort, l'enfermement... la totale !

GEANT. J'ai adoré !

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Chonchon44
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