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Coaching et philosophie: Michel Onfray, Cynismes

Par Fullcoaching
Coaching et philosophie: Michel Onfray, Cynismes

Les cyniques sont inactuels, donc toujours d’une urgente actualité. Michel Onfray

Cynismes est une courte thèse pour se risquer à une autre vision du monde possible, immédiatement envisageable. Il estimportant toutefois de décrypter et d’adapter les métaphores de Dyogène de Synope et autre Antisthène pour ne pas finir en insensé sur la place Saint Michel mais bel et bien s’initier à une appréhension neuve de la vie. Animale, crue, simple. Une forme de Dasein alternatif.

Le Cynisme est une philosophie tournée vers le social, puisque ses "dignitaires" ne cessent d’interrompre la ligne mortifère du temps fade que l’homme occupe à avoir peur de mourir pour le solliciter, nous pourrions même dire en écho à l’auteur « l’emmerder »: par le verbe, la provocation (lat. pro vocare : appeler dehors), par l’agression fraternelle, dans une hygiène de l’excès et de la démesure. Le pousser à vivre vraiment plutôt qu’à subir les affres de l’ordinaire protocole : servir, suffire, mourir.

En effet, le cynique met un point d’honneur à neservir à rien : voilà bien quelque chose que nous ne savons plus faire… si ce n’est lorsque nous faisons l’amour. Dès lors, nous ne produisons plus rien que notre propre jouissance, notre propre plaisir, notre propre transcendance. Rien, en somme !

La fornication, le cynique la pratique, comme toute chose, sur la place publique. Comme un chien sans collier, ni laisse, ni os.

Cette appréhension du monde tend vers une forme d’intégralité philosophique, puisque dans sa définition-même (« cynismes » vient du latin canis, le chien), cette vision du monde est animale. Rappelons-le, selon la perspective autoritaire d’Aristote, l’Homme est un zoon politikon, autrement dit un « animal politique, social ». Un citoyen. Or, le chien est roi dans cette vie-là. Il incarne la composante alternative et intrinsèque de l’individu. La mimèsis aristotélicienne se tourne cyniquement vers la splendeur des naïfs : chiens, enfants, poissons et rats, les oubliés de la contemplation active. Les seuls qui méritent d’être imités.

Tout l’intérêt de l’ouvrage de Michel Onfray repose donc dans cette vision alternative suggérée par l’entremise du Cynisme. Si l’homme est zoon politikon, il lui faut retrouver l’animal perdu en lui. Le chien… ou un cheval, un aigle, une morue, pourquoi pas, soyons libres de choisir !

Est-on homme si on se prive de notre animalité ? Peut-être. Mais l’animal, et notamment le roi d’entre tous, le chien, « n’a rien à espérer, rien à craindre ».Il ne demande rien et « désespère » : il a cessé de demander. Son renoncement est acceptation, jouissance, essence. On peut donc être homme en étant simplement social. Mais reste l’épineux problème du bonheur. Le cynique, en chien désespéré, connait la solution…

Voici donc, avec cet ouvrage indispensable de Michel Onfray,le blason du chien rénové ; par la grâce d’une philosophie résolument matérialiste, sociale, bestiale, gracieuse et admirable. Dans sa faculté à permettre, par la massue et par le verbe, un autre monde où la liberté consiste d’abord à cesser de demander.


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